‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 110 sur 129 · I . le ta · texte numérisé non relu

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Mais vous ne comprenez pas encore assez, ô bien-aimés, tout ce que le Seigneur veut nous dire. Ecoutez la proclamation du jugement dernier, qui me parait l'évidence même de la lumière.

Ce que vous avez fait au moindre de mes frères, c'est à moi-même que vous l'avez fait.

Selon moi, voici la lumière nécessaire,

infaillible, évidente et universelle. Voici la

démonstration décisive du christianisme. À

partir des axiomes, voici que certainement le

christianisme est la religion absolue. Comme

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le tout. Il renferme le christianisme entieiy complet, toute sa morale, et tout son dogme, et tout son culte, c'est-à-dire le catholicisme lui-même, tel qu'il subsiste dans le monde, et tel que Dieu le veut. Oui, tous les dogmes et tous les préceptes sont en ce point : Aimer Dieu de son âme entière, et aimer les hommes comme soi-même, c'est là la loi et les prophètes, en d'autres termes, morale et dogme. Oui, Maître aimé, il y a bien longtemps que je médite avec amour votre Evangile, et depuis bien longtemps, mais plus clairement chaque jour, vous m'avez fait cette grâce de voir en ce point unique tous les dogmes et tous les préceptes, et de savoir que ma bienheureuse foi est infaillible et qu'elle est l'absolue vérité ! Gloire à Dieu, et paix sur la terre à tout homme de bonne volonté !

Oui, mon Maître et mon Dieu, vous, et votre admirable création, et la loi des rapports du créé et de l'incréé, et la loi même de votre être éternel, modèle de tout, et la loi du rapport des esprits libres et intelligents entre eux et avec vous, et Votre présence éternelle, et votre incarnation, et votre grâce surnaturelle, et votre foi divine, et votre Eglise, et votre Eucharistie, et tous vos Sacrements, oui, mon Dieu, nous avons la bienheureuse joie de voir

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mière et pour la force, et en qui la lumière fait tout, et pour la force et pour l'amour ; où chacune des trois dimensions nécessaires de l'absolu, est et opère les trois : Trinité sainte, plusieurs en un, en qui cet idéal du plus haut élan de nos âmes se trouve absolument réalisé : Être éternel, modèle des choses, éclairez-nous!

Oui, Dieu fait tout pour Dieu.

Oui, Dieu, dans son éternité, fait tout pour Dieu incarné dans le temps.

C'est pour lui, pour lui Dieu incarné, que Dieu, dans son éternité, a tout fait pour le moindre des frères du Verbe divin incarné.

Oui, quand le Père a créé le moindre de ses frères, et tous les autres, « c'est pour moi que « vous l'avez fait, » dit le Christ à son Père et à l'éternelle Trinité : Quamdiu fecistis uni ex mets fratribus minimis, et mihi fecistis.

Oui. quand le Père a créé le moindre de ces frères du Christ et tous les autres, c'est pour le Christ qu'il les a créés.

Mais les a-t-il créés par amour pour le Verbe incarné lui seul, et non parvamour pour ceux mêmes qu'il créait? Certes, Dieu le premier pratique sa loi. Il a aimé par-dessus tout Dieu lu '-même, ce Verbe incarné qui est Dieu. Mais, si j'ose bien le dire, il a aimé tous les hommes comme lui-même, puisqu'il a tant aimé le

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Et cette idée qui porte le moindre de ces frères, c'est-à-dire moi, cette idée infinie est mon histoire parfaite, idéale, ravissante de beauté, telle que Dieu la conçoit. Et cette cause motrice, immobile, de tous mes mouvements et de tous les moments successifs de ma vie, est l'inspiration continue que Dieu me donne au centre, pour être, et vivre, et développer le beau poème' qui est mon histoire et ma gloire. Voilà le dogme de la prescience et

de la prédestination : Quos prœscivit et prœ-

deslinavit... conformes fieri imaginis filii suù Chaque vibration imperceptible est un don, un talent que je dois recevoir, une impulsion que je dois suivre, un commencement que je dois achever, que je dois faire valoir. Et vous savez d'avance, ô Père, les résistances, les inintelligences, les perversions. Mais à chaque résistance ou inintelligence, votre idée, qui est mon étoile, substitue un autre poème, qu'elle imr pliquait aussi, poème diminué, mais magnifique encore, à ceux et à tous ceux dont j'ai manqué l'inspiration !

Que si la perversion devient libre et définitive, votre dernier bienfait sera de retirer le talent tout entier à l'être vide,, qui s'est condamné par sa faute à la chute des ténèbres extérieures.

Mais certes, les impulsions et les inspirations,

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plus grande des magnificences concevables, savoir : l'incarnation.

C'est pour cela même, c'est pour produire ce frère éternel qu'il nous a produits : c'est pour le Christ qu'il nous a créés. Donc quamdiu uni ex his mets fratribus minimis fecistis, et viihi fecistis. Dieu a créé pour arriver à l'incarnation. Mais en même temps, c'est pour nous qu'il a fait le frère éternel, c'est pour nous glorifier, et puis aussi, après la chute, pour nous sauver, qu'il a fait son incarnation.

L'incarnation, l'Eucharistie, la grâce, la foi, la gloire et la vie éternelle ! Tout cela, dans le fond, ne revient-il pas au même point? 0 Verbe, centre absolument simple et actuellement infini de toute la création, de toute âme et de tout atome, qui impliquez en un point éternel, riche comme Dieu même, l'infinité possible des états, des développements, des mouvements, sentiments et pensées de cet atome ou de cette âme ; Verbe éternel, source infinie, qui provoquez, par vos impulsions, le nombre toujours fini des états successifs de l'être et des flots de la vie ; cette vie, Seigneur, qui se développe dans le temps, cette vie est l'image finie, successive, de votre éternité, de votre infinité. Nous, nous sommes ce nombre en mouvement» ce nombre toujours fini et toujours grandis-

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