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saurait y avoir d'œuvre bien faite et immortelle que l'œuvre faite en regardant Dieu. Ce que l'on fait en regardant les hommes, est vanité. Quelle substance et quel cœur réel peut-il y avoir dans une œuvre, ou dans un homme tout en surface, et tourné tout entier au dehors; qui, comme le Pharisien, sonne de la trompette devant soi pour annoncer aux hommes sa pensée, sa prière, sa justice, son aumône? Cet être tout extérieur, n'est que pour paraître, n'a ni centre ni fond; c'est un masque, c'est une forme faite et finie, qui a déjà reçu sa couronne et sa fin; qui ne vit pas, ne grandit pas, n'ayant ni source qui la renouvelle, ni Père qui continue à lui donner la vie.
Craignez pour vos germes, ô âme, toute clarté vive et prématurée. Craignez même celle de la réflexion; à chaque instant, notre maladroite r lexion tue les germes. Votre prière, votre justice, et votre aumône non seulement cachezles à autrui, mais évitez de les trop voir vousmf;me. Que la main gauche ignore ce que fait la main droite.
Pudeur sacrée de Pâme devant les hommes et devant elle-même, oh ! que vous êtes sublime et nécessaire! Impudeur, c'est épuisement, sté* rilité, laideur. Mais pudeur, c'est beauté croissante, richesse accumulée, fécondité.
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Et vous aussi, frères, qui peut-être avez perdu la simplicité, et qui avez connu l'épuisement et la laideur, vous pouvez remonter au Père et à la beauté; car, aujourd'hui encore, ceci est dit pour vous : « Soyez parfait, comme « le Père céleste est parfait. »
Donc recueillez-vous dans le secret; sachez vous enfermer, avec le plus profond respect de vous-mêmes et du ciel invisible, dans le silence de votre chambre avec Dieu seul: Clauso ont io. « Tout le malheur des hommes, a-t-on « dit, vient de ce qu'ils ne savent pas se tenir « tranquilles dans une chambre. » 0 douceur d'une cellule bien gardée ! dit le livre de l'Imitation : Cella continuata dulcescit. Là se trouve, dans le recueillement, le Père qui nous comble de biens.
Après avoir écrit hier ce qui précède, je viens d'être ramené à l'expérience personnelle de ces choses que j'avais oubliées, ou pour mieux dire que je n'avais jamais assez comprises, et que je n'entrevois encore qu'imparfaitement. Mais je prends aujourd'hui la résolution, que je vous demande de bénir, ô mon Dieu, de les pratiquer désormais. Alors sans doute je les comprendrai mieux.
O mon Dieu ! que de temps j'ai perdu, et que de temps perdent les hommes! Hier encor-
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dans ma chambre, sans nulle ressource. Aussitôt j'ai compris : Dieu, dis-je, Dieu me force de m'adresser à lui et de venir à lui! Eh bien! j'irai. Mon Père, mon Maître bien-aimé, saint et vivant Esprit d'amour, ayez pitié de moi: ma sottise est vraiment trop grande !
J'ai traversé les deux tiers de ma vie, et je ne sais encore absolument point me servir de la vie. Je ne sais pas encore, en pratique et en vérité, que vous êtes la source vivante, universelle, continuelle, toujours présente. Je suis malade, mais c'est en vous, source de vie, que je dois d'abord et surtout m'enfoncer : je suis épuisé de fatigue, c'est vous qui êtes la force; je suis sans idée, sans élan, c'est vous qui êtes l'inspiration, l'enthousiasme, le feu sacré transformant tout, la lumière transfigurant tout!
Sunt ver ha et voces! dit le lecteur: discours connus! Et moi, j'en dis autant quand je suis dans l'état ordinaire de stupidité où je vis.
L'usage de la vie, ô mon Dieu, est d'aller en tout temps de tout à vous. Mais s'il est des temps où illefaut surtout, oùje lepuisle mieux, c'est quand je suis réduit à rien, et que, dans mon inanité, la faim et la soif de la vie me tourmentent. Or, au contraire, ces temps de calme plat, d'impuissance et d'anéantissement ont été nuls pour moi presque toujours, nulsr
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