‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 33 sur 129 · ÎN'J · texte numérisé non relu

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0 âme ! vous êtes couchée et accablée de sommeil moral, incapable d'un acte de foi, et d'un seul mouvement pour vous lever. Il vous semble que vous ne pouvez plus porter votre être, ni la vie. Plus de sens pour la vérité. Plus d'espérance pour vous ni pour le monde. Plus de motif à la pensée ni à l'action. Et tout cela est plus réel, plus affreux et plus désastreux qile les mots ne le peuvent exprimer.

Et quand une sorte de paralysie physique,

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« telle puissance! » Quelle puissance? Celle de remettre les péchés. Sachez, ô mon frère bienaimé, sachez que le Fils de l'homme sur la terre a le pouvoir de remettre les péchés. Sachez que cela est absolument réel et organisé sur la terre, incarné dans l'Eglise du Christ, comme les autres paroles du Christ. Et il a donné ce pouvoir à des hommes, à ses apôtres et à ses ouvriers. Je l'ai, moi, ô mon frère, comme tous les prêtres dt Jésus-Christ

Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. — On ne met pas le vin nouveau dans de vieux

vaisseaux.

Jésus, en donnant aux hommes ses pouvoirs, créa iin sacerdoce nouveau. Ce vin nouveau du royaume de Dieu ne pouvait se verser dans le vieux vaisseau du sacerdoce pharisaïque.

Le Seigneur voit un homme assis au bureau du fisc. Il l'attire à lui d'un regard, et il fait de ce publicaiii 1»* panier des évangélistes,

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Ce vin nouveau ne pouvait donc pas se ^verser dans ces vieux vases, et le sacerdoce judaïque fut rejeté. Les apôtres delà vie nouvelle ne pouvaient s'enfermer dans le vieux vêtement des prêtres juifs. Ce sacerdoce charnel était héréditaire,- inaccessible hors de la tribu de Lévi. Le sacerdoce, en Jésus-Christ, est accessible à tous les hommes et à toutes les nations. Il devient vocation divine et personnelle. Il ne peut donc plus y avoir de nouvelle extension du sacerdoce, puisque le sacerdoce chrétien est, sous l'appel du Saint- Esprit, accessible à tout homme.

Le sacerdoce chrétien est éternel. Il possède -deux trésors infinis, et deux pouvoirs divins qui ne lui seront point ôtés. Il a d'abord l'iniaillible dépôt de la foi; puis il a le dépôt de la réalité vivante, des sacrements vivants et opérants. Il remet les péchés, et il consacre. 11 offre au monde le Christ lui-même : Ceci est son corps et son sang !

Et Jésus-Christ lui-même, prêtre éternel, opérera dans la suite des siècles les réformes de son sacerdoce, et dans son chef et dans ses membres. Lorsque le moment est venu, il leur envoie la persécution, la pauvreté, l'exil et le baptême du sang. C'est ce qui s'opère en Europe depuis un siècle, et l'œuvre continue sous

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Dénis, vous verrez fructifier la force et la lumière évangéliques.

Nul alors ne s'étonnera plus d'une subite guérison par la foi et le contact du Christ. Et le nombre des pauvres victimes qui perdent leur sang et leurs forces sur la route cruelle de la vie, diminuera, et le nombre croîtra de celles qui entendront la voix du divin Rédempteur : « Ayez coufiance, ma fille, car « votre foi vous a sauvée. »

Verra-t-on des résurrections de morts, publiquement et scientifiquement manifestes? Et pourquoi n'en verrait-on pas?

En ce temps-là, les incrédules diront : « Le « fait est constaté, mais il n'est pas surnatu- « rel! » Alors même que les morts ressuscitent, dit l'Evangile, ceux qui ne veulent pas croire ne croiront pas.

Croyez-vous que je puis vous guérir?... Qu'il vous soit fait selon votre foi.

Oui, Seigneur, il nous sera fait selon notre foi : et si, comme je l'espère, des siècles de

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enseignant, annonçant l'Evangile du royaume, guérissant les langueurs et les infirmités du genre humain.

Mais aujourd'hui encore, comme alors, malgré les immenses ressources cachées et les divines préparations visibles de son règne, c'està-dire de l'époque, prochaine peut-être, où sa lumière et sa justice auront mieux pénétré les nations, il contemple la face de la terre, et l'ineffable et divine compassion de son cœur immense et sacré est si profonde, si douloureuse et si amère, qu'elle déborde, et va bientôt, j'espère, remplir partout les cœurs" qui ne sont pas éteints.

Depuis un siècle, l'Eglise médite, plus encore que par le passé, on peut le dire, l'amour, la compassion du cœur sacré de Jésus-Christ. Depuis un siècle aussi, dans notre Europe, les hommes, bons ou mauvais, semblent commencer à souffrir davantage en autrui, à sentir toutes les souffrances humaines plus vivement. Depuis quelques années, enfin, tout l'ensemble de la souffrance du genre humain est révélé à tous. Aujourd'hui, ce regard du Christ sur la foule, ce regard de divine compassion est possible pour tous les yeux. Aujourd'hui, chacun voit tout le globe, et l'ensemble de ces pâles multitudes « qui passent sous le poids des

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il y en a une aujourd'hui qui meurt de faim, et il y en a deux, dans la lumière de notre Europe,, au milieu du dix-neuvième siècle, il y en a deux que l'on assassine sons nos yeux. Le sang coule, chacun voit et entend les coups. Et l'Europe ne se soulève pas : des cris d'indignation ne s'élèvent pas pour arrêter, par l'épouvaute , et les tyrans et les brigands ! Outre ces crimes maudits, désastreux, dignes du paganisme, dans chaque peuple sévissent le luxe, l'orgueil, le mensonge, la spoliation, l'écrasement du faible par le fort. La misère, l'ignorance et la faim déciment les masses, et les faibles parmi les faibles, savoir les pauvres femmes qui travaillent des mains, nous les voyons absolument foulées aux pieds, et foulées aux pieds dans la boue... La foule passe et marche dessus.

0 mon Dieul 6 mon Dieu! je ne vous demande pas de me donner votre divin regard pour voir ces choses, ni votre compassion pour les sentir. Non, mon Dieu! car il y a plus d'un tiers de siècle que je les ai vues et senties par votre grâce, et que des larmes secrètes et quotidiennes brûlent mes yeux, et que mon cœur physique en est comprimé et brisé. Gela, mon Dieu, vous me l'avez donné. Mais je vous demande maintenant, puisque vous m'avez fait

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