Si le peuple d'Israël n’est pas arrivé à posséder un
territoire aussi étendu pendant la première période de son existence (sous Salomon il en approcha) la promesse subsiste et peut encore avoir une magnifique réalisation lors de la restauration de ce peuple. Ces paroles rappellent la promesse adressée à Abraham dans Gen. 15 : 18. — « Mer des Philistins » la Méditerranée, ainsi nommée parce qu’elle baigne le territoire de cette peuplade. — Par le « désert » il faut entendre le grand déserk celui d'Arabie, et quand il est parlé (comme ici) du « fleuve » sans autre désignation, il s’agit toujours du grand fleuve qui était particulièrement connu des Hébreux, l’Euphrate. La fin de ce verset est inexactement traduite par Ost. et Martin, il y a dans le texte : « Tu Les chasseras de devant toi. » Le décret divin d’expulser les Cananéens graduellement, ne dispensait pas les Israélites d’y travailler de tout leur pouvoir. Mais ce devoir fut souvent négligé par manque de foi ou par ménagement pour les erreurs et les vices de ces peuplades.
32-33. Toute la suite de l’histoire d'Israël prouve lopportunité de cet avertissement. Application à la société des impies et des vicieux I Cor. 15 : 33.
$ 5. Conclusion de l'alliance.
(Chap. 24.)
1-2. Cet ordre donné à Moïse sans doute immédiatement après les lois et les promesses qui font le sujet des chapitres précédents, fut exécuté après la conclusion de lalliance ; voy. vers. 9. Nadab et Abihu étaient les fils aînés d’Aaron. — Sur les « anciens » voy. explication de 3: 16 et sur la valeur symbolique du chiffre 70 l’explication de 19 : 27. — Le vers. 2 indique que les compagnons de Moïse devaient gravir la montagne avec lui, mais s’arrêter à une certaine distance de la sommité la plus élevée, où il avait seul le droit de monter. Si Dieu voulut que Moïse fût accompagné, c'était sans doute afin que son autorité fût confirmée aux yeux du peuple par le témoignage de ces hommes.
3. Moïse descendu de la montagne communiqua alors au peuple les lois et les promesses qui sont consignées dans
+ 20 : 22 à 93 : 33. — Sur l’empressement du peuple à promettre obéissance, voir l’explication de 19 : 8.
4-5. Moïse écrivit les lois qu’il venait de proclamer (et sans doute aussi le Décalogue), dans un livre qui est nommé (vers. 7) le « livre de l'alliance ; » c'était le recueil des’ saintes Ecritures, dont quelques portions existaient déjà. Voy. explication de 17 : 14. — Plus d’une fois il est dit des serviteurs de Dieu qu'ils « se levérent de bon matin. » Empressement que nous devons mettre dans laccomplissement de tous nos devoirs. Comp. l'explication de 9 : 13 et Ps. 5 : 3, 63 : 1, etc. — L’autel fut construit sans doute conformément aux régles de 20 : 24-26. — Le mot hébreu que nos versions rendent par « monument » signifie simplement « pierre dressée, petite colonne ; » celle qui fut érigée par Jacob (Gen. 28 : 18) devait bien servir de monument, mais ces pierres dressées autour de l’autel n’avaient pas cette destination et devaient seulement représenter l’unité du peuple d'Israël et la participation égale des 12 tribus aux bienfaits de l’alliance avec l’Eternel. — Ce passage. est le premier dans lequei il soit fait mention des « douze tribus. » Sans doute déjà avant la sortie d'Egypte, les Israélites se partageaient en douze principaux groupes de familles selon qu’ils descendaient de lun des 12 fils de Jacob ; mais le moment approchait où cette division devait être plus distinctement marquée, en vue de l’ordre du voyage (Nomb. 2) et du partage de la terre promise (Jos. 15 et 16). — Les « jeunes hommes » mentionnés au vers. 9 étaient probablement des sacrificateurs extraordinaires, choisis spécialement par Moïse pour cette circonstance. Ils doivent être distingués de ceux de 19 : 24. — « Holocaustes et sacrifices de prospérité, » voy. explication de 20 : 24. ;
6-8. Dans un passage de l’Epître aux Hébreux (9 : 18-29) St-Paul ajoute quelques détails au récit de Moïse, puis il fait remarquer que la première alliance à dû, aussi bien que la seconde, être scellée par le sang, «car (dit-il), sans effusion de sang il ne se fait point de rémission. » La paix ne peut s'établir entre Dieu et des hommes pécheurs que par suite d’une expiation, d’une satisfaction offerte à la justice divine. Avant la venue de Jésus-Christ, Dieu daignait accepter comme
rançon le sang des victimes qui n'étaient cependant que l’ombre de la véritable victime expiatoire. Le fait que le sang était répandu en partie sur l’autel, en partie sur le peuple, représentait et attestait que le peuple se trouvait purifié et réconcilié avec son Dieu par le moyen du sacrifice qui venait d’être offert. L’étude du culte israélite est très propre à forüfier notre foi à cette doctrine de l’expiation que beaucoup de théologiens protestants voilent et affaiblissent, si même ils ne vont pas jusqu’à la rejeter ouvertement. — Au vers. 7, nous voyons le peuple renouveller son engagement (comp. vers. 3). — Les paroles de Moïse au vers. 8 rappellent d’une manière frappante celles de notre Seigneur dans l'institution de la Cène. Math. 26 : 98.
9-11. Le privilége extraordinaire accordé dans ce momentlà à Moïse et à ses compagnons, devait en même temps forüfier leur propre foi et contribuer à les accréditer auprès du peuple comme représentants de Dieu. Après avoir contemplé ce spectacle magnifique, ils ne purent plus douter que Dieu ne voulüt bien réellement être le « Dieu d'Israël ; » cette vision fut donc comme le sceau de l’alliance. — St. Jean nous déclare que « personne ne vit jamais Dieu » (Jean 1 : 18); ces paroles « ils virent le Dieu d'Israël, » ne doivent donc pas donner à entendre que Moïse et ses compagnons aient vu la personne même dé Dieu (ce qui n’était pas possible); ils ne virent qu'une manifestation de Dieu, probablement sous la forme d’un homme, d’un roi assis sur un trône au-dessous duquel s’étendait une sorte de parquet en pierres précieuses d’un bleu céleste (comparez la mer de cristal qui entoure le trône de Dieu dans la vision de St. Jean, Apoc. 4:06). faut traduire : « sous ses pieds comme un ouvrage de saphir brillant, pareil en pureté à la substance du ciel » (littéralement : comme le corps du ciel). Le « saphir » pierre précieuse de couleur d’azur. Cette couleur est le symbole des choses célestes et divines. — La première partie du vers. 11 fait allusion aux châtiments annoncés à ceux qui enfreindraient la défense de gravir la montagne (19 : 12). Les « élus d’enire le peuple d'Israël » (les compagnons de Moïse) n’en furent point atteints, parce qu'ils avaient été expressément invités à monter ; aussi «il (Dieu) ne mit point sa main sur eux. »
— Suivant plusieurs commentateurs les mots « ils mangèrent et burent » ne sont qu’un développement de la première partie du verset, pour indiquer encore mieux qu'ils demeurèrent en vie; mais cette adjonction eût été superflue et nous pensons plutôt (comme Keil) qu’il s’agit d’un repas que Moïse et ses compagnons firent avant d’être redescendus de la montagne, et qui probablement avait quelque chose de sacramentel, restaurant à la fois le corps et l’âme, et donnant, comme l’eucharistie, un avant-goût des joies célestes ; ce repas était un prélude du banquet des noces de l’Agneau (Apoc. 19: 7-9.)
49-14. Josué, en qualité de futur successeur de Moïse, fut autorisé à l’accompagner jusqu’à une certaine hauteur, mais le vers. 16 indique que Moïse monta seul jusqu’au sommet. — Josué est appelé « l’aide » (serviteur, ministre) de Moïse; par ce service il se préparait à l’importante mission qui Jui était destinée. « Celui qui est fidèle dans les petites choses, le sera aussi dans les grandes. » Luc 16 : 10.)
15-18. Ainsi qu’il Pavait fait avant la promulgation du Décalogue (19 : 16-18), Dieu manifesta sa présence par des signes (nuée épaisse, feu éclatant), propres à donner au peuple une impression profonde de la grandeur, de la puissance et de la sainteté du suprême législateur. St. Paul fait sans doute allusion au vers. 17 quand il nous rappelle que « notre Dieu » (le Dieu de la nouvelle alliance) « est aussi un feu consumant » (Héb. 12 : 29). Loin que la grande manifestation de la miséricorde divine en Golgotha nous autorise à nous relâcher, cette miséricorde même fait briller la justice de Dieu d’un plus vif éclat et doit nous porter à travailler à notre salut avec crainte et tremblement. » (Philip. 2: 19). — Les « six jours » d'attente devaient être pour Moïse un temps de recueillement, de prière, de préparation aux nouvelles. révélations qu’il allait recevoir. Puis le « septième jour » (le
texte ne dit pas que ce fut un jour de sabbat, néanmoins ce …
jour, parce qu'il était le « septième, » apportait une bénédiction ; voy. explication de 7: 25) fut le commencement de cette solennelle quarantaine pendant laquelle Moïse reçut de l'Eternel les instructions relatives au tabernacle, au sacerdoce, aux sacrifices, et en général à l’ensemble du culte. Ces
40 jours devaient être pour lui-même et pour le peuple une préparation à l’œuvre importante de la construction du sanctuaire. Le nombre 40 apparaît constamment dans l’histoire sainte comme le symbole de : préparation, épreuve, transition. (Voy. dans mon commentaire sur la Genèse l’explication de Gen. 7: 4).
$ 6. Lois relatives au culte.
(Chap. 26-31.)
CHaPp. XXV. — Comme ce chapitre et lés cinq suivants présentent dans les versions d’Osterwald et de Martin assez d’inexactitudes et d’obscurités, nous avons cru devoir en donner une traduction nouvelle.