IV. LE CANDÉLABRE
(Chap. 25 : 31-40.)
- (31) Tu feras un candélabre d’or pur; le candélabre sera fait d’or battu ; son pied, sa tige, ses calices, ses boutons et ses fleurs feront corps avec lui. (32) Six branches sortiront de ses côtés, trois branches du candélabre de son premier côté et trois branches du candélabre de son second éôté. (33) Il y aura sur une branche trois calices d’amandier, un bouton et une fleur, et sur l’autre branche trois calices d’amandier, un bouton et une fleur; et cela aux six branches sortant du candélabre. (34) Au candélabre il y aura quatre calices d’amandier, ses boutons et ses fleurs, (35) un bouton sous deux des branches qui en sortent, un bouton sous deux des branches qui en sortent, un bouton sous deux des branches qui en sortent ; et cela pour les six branches qui sortent du candélabre. (36) Ses boutons et ses branches feront corps avec lui, et il sera tout entier d’une seule pièce d’or pur battu. (37) Tu feras aussi ses sept lampes, et on suspendra ses lampes et elles éclaireront ce qui est vis-à-vis. (38) Ses mouchettes et ses cendriers seront d’or pur. (39) On employera, pour le faire avec tous ces ustensiles, un talent d’or pur. (40) Appliquetoi à faire ces choses selon le modèle que tu as contemplé sur la montagne.
. 31, 32. Le candélabre, qui devait être placé dans le lieu Saint, était destiné à éclairer cette partie du sanctuaire, qui était privée de fenêtres, aussi bien que le lieu très saint. Sa présence rappelait aux fidèles le bienfait beaucoup plus considérable encore que Dieu accorde au monde moral, en l’éclairant par la Révélation et par son Esprit ; elle les invitait à rechercher pour eux-mêmes cette bienfaisante lumière, mais en même temps elle dirigeait leurs pensées et leurs désirs vers Celui qui seul pouvait être d’une manière parfaite « la Lumière du monde. » (Jean 1 :4 ; 8 : 12 ; 19 : 35.) Cette explication du sens symbolique du candélabre nous paraît plus naturelle que celle de Keil et autres commentateurs qui pensent qu’il représentait l'obligation d'Israël (du peuple de Dieu en général) d’être une lumière au milieu du monde. Voir l’observation sur le culte à la fin de Pexplication du verset 30. — Le candélabre devait avoir la forme d’un petit arbre ; c’est l’idée qu’en donne la description que nous trouvons dans ce morceau, et elle est confirmée par la figure du candélabre, encore assez bien conservée, qui se voit sur
Arc de triomphe de Titus à Rome. Il est vrai que c’est le candélabre du temple de Jérusalem qui y est représenté, mais il était sans doute assez semblable à celui du tabernacle. Les dimensions de ce dernier ne sont pas indiquées ; la tradition lui donne trois coudées (quatre pieds et demi) de haut et deux coudées de large. — « Or battu, » même remarque que sur verset 18. — La tige principale formait la prolongation du pied ; de chaque côté de cette tige se trouvaient 3 tiges secondaires qui en hébreu portent le même nom, mais que (pour plus de clarté) nous avons appelées « branches, » et qui étaient probablement un peu recourbées. Cette tige (aussi bien que les 6 autres) était garnie d’ornements que l’on peut désigner par « calices, boutons et fleurs.» Le second mot est rendu par « porames, » « boules » dans quelques versions; mais comme il se trouve placé entre « calices » et « fleurs, » la traduction que nous donnons paraît préférable (elle est aussi adoptée par Perret-Gentil, le rabbin Wogue). On pense que ces ornements devaient représenter les effets (œuvres saintes, bonnes, par lesquelles Dieu est glorifié) que produit la lumière divine dans Ja vie de ceux qui se laissent éclairer. — « Feront corps avec lui, » littéralement : « seront de lui, » comme au verset 19.
93-99. Les trois ornements « calice, » « bouton » et € fleur » se suivaient dans cet ordre ( marqué au vers. 33) depuis le bas, formant autant de petits groupes, qui se trouvaient trois fois sur chacune des branches latérales et 4 fois (vers. 34) sur la tige principale, laquelle portait en outre un bouton à chaque embranchement. — Puisque les « calices » étaient des calices d’amandier, (nous disons « calices d'amandier, » ce qui est à la fois plus exact et plus intelligible que « calices en formes d'amandes » des versions), il est probable que les « boutons, » « les fleurs » représentaient aussi des boutons et des fleurs du même arbre, choisi peut-être parce qu'il est des premiers à fleurir au printemps. Si, comme nous l’avons supposé, ces ornements représentent les bonnes œuvres des fidèles, « l’'amandier » peut indiquer l’empressement à les faire. Selon Josèphe et quelques autres les fleurs étaient des lis.