IX. LES VÊTEMENTS SACERDOTAUX
(Chap. 28.)
INSTRUCTIONS GÉNÉPALES (1-5).
Cab. XXVIIT. — (1) Tu feras approcher de toi, d’entre les enfants d'Israël, Aaron, ton frère, et ses fils, pour être mes prêtres, Aaron et les fils d’Aaron, Nadab, Abihu, Eléazar et Ithamar. (2) Tu feras à Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, pour gloire et pour ornement. (3) Et tu parleras à tous ceux qui sont intelligents, que j'ai remplis de l’esprit d'intelligence, et ils confectionneront les vêtements d’Aaron pour le consacrer à mon sacerdoce. (4) Et voici les vêtements qu'ils feront : un Pectoral, un Ephod, une Robe, une Tunique à carreaux, une Tiare et une Echarpe ; ils feront des vêtements sacrés à Aaron, ton frère, et à ses fils, pour qu’ils soient mes prêtres. (5) Et ils y emploieront de l'or, de l’azur, de la pourpre, du cramoisi et du fin lin.
La description du tabernacle et des objets qui lui appartenaient est interrompue à la fin du chapitre 27, pour faire
place à des instructions sur le costume des prêtres et sur les cérémonies de leur consécration. Ce morceau qui comprend le chapitre 28 et les 37 premiers versets du Suivant, trouve sa place naturelle entre la fin du chapitre 27 qui indique les fonctions des prêtres relativement au candélabre et la dernière partie du chapitre 29 qui traite du sacrifice quotidien. £
Si l’on est surpris de trouver un long chapitre de 45 versets uniquement consacré à la description des vêtements sacerdotaux, il faut considérer, d’abord, que le grand-prêtre était un avant-coureur de notre Seigneur Jésus-Christ, parfait médiateur entre Dieu et les hommes, parfait souverain sacrificateur (voy. Héb. 4:14, 15; 9:1-6; 9:7-12), en sorte que plusieurs des détails de son costume avaient un caractère typique ; ensuite, que chez tous les peuples, et surtout chez les Orientaux, le costume à une grande importance, comme signe de la dignité de celui qui le porte; son costume est ce qui l’accrédite, le légitime auprès des hommes. De nos jours, chez les peuples de lOceident, cette notion s’est affaiblie sans doute, mais elle n’est point effacée complétement ; sans parler des militaires (soldats et officiers) qui tiennent à honneur de porter leur uniforme et les insignes de leur grade, il est plus d’un pays où l’on a conservé un costume spécial pour les magistrats et les juges. On sait que les prêtres catholiques sont aussi habituellement revêtus des signes de leurs saintes fonctions, et si dans la plupart . des églises protestantes les ministres ne portent pas de costume officiel hors des temples, cette abstention provient peut-être de l’affaiblissement de l'autorité dn saint ministère dans ces églises. Les pasteurs ne se distinguent pas assez des laïques, parce que leur dignité comme «ambassadeurs de Jésus-Christ » (1 Cor. 5 : 20) n’est pas suffisamment reconnue par eux-mêmes et par leurs troupeaux. Enfin ces vêtements sacrés des prêtres de l’ancienne alliance, qui devaient leur être pour «gloire et pour ornement, » et qui leur rappelaient à eux-mêmes les qualités morales qu'ils devaient posséder pour être agréables à Dieu, enseignent à tous les fidèles qu’ils doivent s'appliquer à une grande sain-
teté, puisqu'ils sont aussi appelés à être « de saints sacrificateurs » (I Pier. 2 : 5).
Les mots « fais approcher » se rapportent sans doute aux rites de consécration qui seront décrits dans ch. 29. — « Pour être mes prêtres. » C’est ainsi que nous rendons le verbe hébreu /caan), qui signifie: « servir, administrer pour quelqu'un, être son représentant, » et duquel est dérivé le substantif très connu coën, qui signifie : « prêtre, sacrificateur. » Plusieurs versions portent : « pour m’exercer la sacrificature, le Sacerdoce. » Nous avons préféré : « prêtre » qui nous parait représenter le mieux dans notre langue l’ensemble des idées renfermées dans le verbe hébreu. (Voir aussi sur ce sujet dans mon commentaire sur la Genèse l’explication de Gen. 14: 18). — Les mots « pour gloire et pour ornement » établissent ce que nous avons dit de la destination du costume. En eux-mêmes Aaron et ses descendants étaient des pécheurs, comme les autres Israélites, mais leur costume, prescrit par Dieu lui-même, était le symbole d’une dignité indépendante de leur personne, il constatait leur droit d’exercer le sacerdoce. — « Qui sont intelligents. » Il y a littéralement: « qui sont sages de cœur, » mais ici le contexte indique qu'il s’agit principalement de la faculté d’inventer et de confectionner, faculté qui elle-même est un don de Dieu, comme l’enseignent les paroles qui suivent, très instructives pour ceux qui sont appelés à quelque travail (spirituel ou matériel) pour le royaume de Dieu. — «Pour le consacrer, » littéralement : « pour le sanctifier. » Ces mots ont le même sens que : « pour gloire et pour ornement » du vers. 2. Il s’agit non de la sainteté de la personne, mais de celle de la
charge, dont le costume est le symbole. — « À mon sacerdoce , » littéralement : « pour être mon prêtre » (en hébreu il y a le même verbe qu’au vers. 1). — Au vers. 4, selon
quelques-uns, le mot rendu par « mailles, » signifie plutôt une étoffe à dessins en carreaux (damassé). — Couleurs les mêmes que celles des tentures du tabernacle, du voile et des deux rideaux, parce que c’est là, dans ce sanctuaire, que les prêtres sont appelés à faire le service. ;