COSTUME DU GRAND PRÊTRE
L'Ephod (6-12).
(6) Ils feront l’éphod d’or, d’azur, de pourpre, de cramoisi et de fin lin retors, artistement brodé. (7) Il aura à ses deux extrémités deux épaulettes pour lier, et il sera joint. (8) La ceinture qu’il portera pour l’assujettir sera du même ouvrage et faisant corps avec lui, d’or, d’azur, de pourpre, de eramoisif et de fin lin retors. (9) Tu prendras deux pierres d’onyx et tu y graveras les noms des fils d'Israël, (10) six de leurs noms sur l’une des pierres et les six noms restants sur la seconde pierre, selon l’ordre de leur naissance. (11) Comme on taille les pierres, Comme on grave les sceaux, tu graveras les deux pierres, d’après les noms des fils d'Israël ; tu les enchâsseras dans un chaton d’or. (12) Et tu mettras les deux pierres sur les épaulettes de l’éphod, afin de faire souvenir des enfants d'Israël, et Aaron portera leurs noms devant l'Eternel sur ses deux épaules, pour faire souvenir.
On peut se représenter « l’éphod » (le mot hébreu a été conservé par la plupart des versions) comme une sorte de mantelet dépourvu de manches, ressemblant au camail des prélats catholiques. Les deux parties (l’une devant, l’autre derrière) étaient liées ensemble par des « épaulettes, » (c'està-dire par des bandes d’étoffe placées sur les épaules) et en outre par le moyen d’une ceinture. L’éphod est décrit le premier parce qu'il se portait par-dessus les autres vêtements. — La « ceinture » mentionnée au vers. 8, devait être de même étoffe que l’éphod et faire corps avec lui (hébreu: tirée de lui). — Sur chaque épaulette se trouvaitune pierre d’onyx (voy. explication de 25 : 7), enchassée dans un chaton, et sur laquelle étaient gravés six des noms des fils de Jacob. Ces pierres étaient destinées à faire « souvenir des enfants d’Israël » (hébreu: «mémorial pour les enfants d'Israël »), c’està-dire que le grand-prêtre, orné de ces pierres, présentait à Dieu les douze tribus d'Israël’, et cela avec l’assurance que Dieu se « souviendrait » d’ellés, qu’il les garderait et les bénirait, selon sa promesse. Aaron et ses successeurs préfiguraient ainsi d’une manière bien touchante le véritable souverain sacrificateur, Jésus-Christ, qui présente à Dieu le peu-
1 Au vers. 19, il y a en hébreu la même expression (benej Israël) que dans les vers. 9 et 11, mais le contexte indique que dans ces derniers il s’agit des fils du
patriarche, et au vers. 12 du peuple entier, leur postérité. C’est pourquoi notre traduction indique cette différence.
ple de la nouvelle alliance, faisant valoir en sa faveur ses mérites et Sa puissante intercession.
Le Pectoral (13-30).
(13) Tu feras aussi des chatons d’or (14) et deux chaïnetjes d’or, faconnées en tresses et tu fixeras les chaïnettes tressées aux chatons. (15) Tu feras le pectoral de jugement brodé artistement, tu le feras du même ouvrage que l’éphod, d’or, d'azur, de pourpre, de cramoisi et de fin lin retors. (16) II sera carré, plié en deux ; sa longueur sera d’une demi-coudée et sa largeur d’une demi-coudée. (17) Tu y enchâsseras des pierres, quatre rangées de pierres, une cornaline, une topaze, une émeraude ; première rangée ; (18) et pour la seconde rangée: un rubis, un saphir et un diamant; (19) troisième rangée: un ligure, une agathe et une améthyste; (20) quatrième rangée : un chrysolithe, un onyx et un jaspe , elles seront enchâssées dans des chatons d’or. (21) Et ces pierres seront d’après les noms des rils d'Israël, douze d’après leurs noms; chacune portera son nom en gravure de cachet ; pour les douze tribus.#(22) Tu feras sur le pectoral des chaïnettes faconnées entresses d’or pur. (23) Tu feras aussi pour le pectoral deux anneaux d’or et tu mettras les anneaux aux deux extrémités du pectoral. (24) Et tu placeras les deux tresses d’or dans les anneaux, aux deux extrémités du pectoral. (25) Et tu fixeras les deux extrémités des deux tresses aux deux chatons et tu les placeras sur les épaulettes de l’éphod par devant. (26) Tu feras aussi deux anneaux d’or et tu les placeras aux deux extrémités du pectoral, sur le bord qui fait face à l’éphod intérieurement. (27) Tu feras aussi deux anneaux d’or que tu fixeras aux deux épaulettes de l’éphod, en bas, sur le devant, près de la jointure, au-dessous de la ceinture de l’éphod. (28) On attachera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l’éphod au moyen d’un cordon d’azur, en sorte qu’il soit sur la ceinture de l'éphod et que le pectoral ne bouge pas de dessus l’éphod. (29) Et Aaron portera les noms des fils d'Israël dans le pectoral de jugement sur son cœur lorsqu'il entrera dans le lieu saint, afin de faire souvenir devant l'Eternel continuellement. (30) Et tu joindras au pectoral de jugement les Ourim etles Toummim, et ils seront sur le cœur d’Aaron quand il entrera devant l'Eternel, et Aaron portera le jugement pour les enfants d'Israël sur son cœur devant l'Eternel continuellement.
Le « pectoral » (en hébreu : « £oschen, » dérive d’une racine qui paraît exprimer l’idée « d'ornement »), ainsi nommé dans notre langue parce que le grand prêtre le portait sur sa poitrine (en latin : pectus), était une pièce d’étoffe semblable à celle de l’éphod, carrée, repliée de manière à former une sorte de poche. Il était principalement remarquable par les
À rangées de pierres précieuses qui y étaient enchâssées, portant chacune les noms de l’une des douze tribus. Le pectoral était fixé sur l’éphod, d’une part par des chaïînettes d’or qui liaient ses coins supérieurs aux épaulettes de l’éphod, d’autre part par des cordons d'azur qui liaitent ses coins inférieurs à la ceinture de l’éphod.
Dans la version de Perret-Gentil et dans la nouvelle version de Lausanne les versets 143 et 14 sont rattachés au paragraphe précédent (description de l’éphod) ; nous les considérons comme appartenant à la description du pectoral, parce qu'ils se rapportent probablement à la confection des chaînettes (mentionnées verset 22 et suivants) qui sefvaient à lier le pectoral à l’éphod. Dans le texte hébreu ces deux versets sont isolés, peut-être parce qu’on les rapportait à la fois à l’éphod et au pectoral. — Le pectoral est appelé « pectoral de jugement » (vers. 15) par la raison indiquée au verset 50 et nous renvoyons à l’explication de ce verset. — Sa forme (carré, vers. 16) était en rapport avec la valeur symbolique du chiffre 4 (le peuple d'Israël est ici considéré en quelque manière comme représentant et avant-coureur de tous les peuples de la terre qui doivent plus tard être admis dans l'alliance). — «Plié en deux ; » il paraît que le pectoral se composait de deux pièces d’étoffe superposées de manière à former une sorte de poche, peut-être pour lui donner plus de solidité. — Ces 19 pierres précieuses enchâssées dans le pectoral (17-21) et portant les noms des 12 iribus, étaient un magnifique symbole du peuple d'Israël que Dieu lui-même avait daigné nommer «son plus précieux JOYAU » (19 :5), et leur position sur la poitrine du grandprêtre («sur son cœur, » vers. 29) était une touchante garantie de l’amour de Dieu pour son peuple, ainsi que de l'efficacité de lintercession d’Aaron et de ses successeurs. Mais, aussi bien que l’ancien peuple de Dieu, nous sommes portés sur le cœur du grand souverain sacrificateur ; et ce n’est pas seulement l'Eglise dans son ensemble ou dans ses diverses branches, qui jouit de ce privilége, c’est chacun de ses membres ; chacune des brebis de Jésus-Christ est une pierre précieuse devant ses yeux, il «les connaît et les appelle par leur propre nom » (Jean 10 : 3, 27). Et si les pier-
154 nn EXODE XX VIII.
res éclatantes du pectoral rappelaient aux Israëélites leurs devoirs, leur glorieuse mission, aussi bien que leurs priviléges, nous sommes également appelés à glorifier notre Dieu Sauveur au milieu du monde, « à faire briller notre lumière » (Math. 5 : 16) et à être « des pierres vivantes » dans l'édifice de l'Eglise (I Pier. 2 : 5). — IL est assez probable que chacune de ces pierres avait dans sa couleur, son éclat particulier, etc., un rapport symbolique avec le caractère individuel et les destinées de la tribu dont elle portait le nom; mais pour pouvoir nous en assurer, il faudrait posséder plus de détails que lEcriture n’en fournit sur l’histoire des tribus, comme aussi des données plus positives sur ces pierres elles-mêmes, au sujet des noms desquelles les commentateurs, tant juifs que chrétiens, ne sont pas d’accord. Elles reparaissent (à l’exception de deux) dans la description des fondements de la Jérusalem céleste (Apoc. 21 : 19, 20), mais comme dans ce dernier passage elles sont rangées dans un ordre différent, il ne nous donne pas de lumières sur cette question. — Les noms de ces pierres, tels que nous les-avons,. traduits, sont ceux qui sont adoptés par la plupart des commentateurs. « Cornaline » (pierre de couleur rouge pâle), « lopaze » (jaune d’or), «émeraude » (vert foncé), « rubis » (rouge éclatant, symbole de la primauté de Juda dont cette pierre paraît avoir porté le nom à en juger parla place qu’elle occupait), «saphir » (bleu céleste), « diamant » (blanc éclatant), «ligure » (rouge orangé), «agathe » (nuancée de diverses couleurs), «améthyste» (violet), «chrysolithe » (couleur d'or), Conyæ» (semblable à l’agathe), « jaspe » (rougeitre). — Îl'est probable que les noms étaient placés comme ceux de l’éphod « selon l’ordre des naissances » (vers. 10) ; ainsi la première rangée renfermait les noms de Ruben, Siméon et Lévi, la seconde commençait par Juda, etc. (voy. Gen. 29 : 32-35). — Les versets 22-28 indiquent que les coins supérieurs du pectoral étaient suspendus par des chaîneites d’or aux épaulettes de l’éphod sur le devant de celui-ci, tandis que ses coins énférieurs étaient attachés par des cordons d'azur (la couleur des choses célestes) aux épaulettes de l'éphod qui paraissent avoir descendu assez bas, jusques vers la ceinture — « Jointure, » celle des épaulettes avec
l’éphod. — « Afin de faire souvenir » (vers. 29) a le même . sens qu’au verset 12. 1% |
Le verset 30 à beaucoup occupé les commentateurs, Il commence par ces mots : « Tu Joindras au pectoral.» En hébreu il y a : «Tu placeras vers le pectoral. » Mais la préposition hébraïque qui précède le mot « pectoral » signifie tour à tour: « vers, auprès, dans, sur, » en sorte qu’il peut être question d’un objet placé dans l’intérieur du pectoral (ce qui expliquerait pourquoi il était replié, vers. 16), ou d’un objet placé au-dessus, ou auprès ; la préposition a plus souvent ce dernier sens : notre traduction se concilie avec les deux explications ; le rabbin Wogue dit de même: « Tu ajouteras au pectoral. » Mais la principale difficulté consiste à déterminer la nature de cet objet. Il est désigné par deux mots hébreux (ourim et toumnim) qui signifient : lumaères et perfechons*. Ce qui est constaté par le petit nombre de passages de l'Ancien Testament où ces expressions se retrouvent, c'est que (dans des cas importants qui concernaient le peuple d'Israël) on consultait l'Eternel par le moyen de l'ourum et du toumim, placés sur la poitrine du grand-prêtre (voy. Lév. 8:8; Nomb. 27 : 21 ; Deut. 33 : 8 ; I Sam. 98 : 6 ; Esdr. 2 : 63; Néh. 7 : 65). La plupart des commentateurs croient que Vourim et le toumim consistait dans quelque objet matériel qui était Joint au pectoral, et l'expression «tu placeras, etc. » favorise cette supposition. Suivant l'historien Josèphe l’ourim et le foumim n’était autre chose que les pierres précieuses mentionnées plus haut, et c’est aussi l’opinion de Baumgarten et de Neumann parmi les commentateurs modernes ; ces pierres auraient été ainsi nommées, parce que le grandprêtre, quand il en était revêtu, recevait des révélations (lumières, lumière parfaite). Mais le texte donne plutôt l’idée d’un objet non encore mentionné, différent des pierreries. Dans Lév. 8 : 8 il est parlé aussi de l'ourèm et toumim comme d’un objet distinct du pectoral et qui pouvait en être déta-
1 Nous avons, comme la plupart des versions, conservé les mots ourim et loumim sans les traduire. Les Septante et, après eux, la Vulgate, les traduisent par « doctrine et vérité, » ce qui n’est pas exact, et Sacy traduit plus librement encore : « Vous graverez ces mots doctrine et vérilé sur le Pectoral, etc.» Le texte ne parle point de « graver » ou « d'écrire, » mais seulement de « placer. »
156 EXODE XXVIH.
ché, tandis que les pierreries y étaient enchâssées et faisaient corps avec lui. C’est aussi lPopinion de la plupart des rabbins : ils croient que le nom de Jéhovah ou quelque autre nom sacré était écrit dans le pectoral et que les lettres de ce nom, en jetant un certain éclat, donnaient la révélation désirée. Parmi les modernes, les uns supposent que c'était un diamant (Rosenmüller), d’autres des petites pierres au moyen desquelles on tirait au sort (Michaëlis, Züllig). I nous paraît probable que l'ourim et le lournim était en effet un objet matériel, différent des pierres précieuses, et qui se plaçait auprès du Pectoral (dedans ou au-dessus) ; toutefois ce n’était pas cet objet lui-même qui rendait l'oracle (ce qui eût pu conduire à une sorte d’idolâtrie) ; mais c'était pour les Israélites et plus particulièrement pour le grand-prêtre qui le portait, un gage qui les assurait que Dieu leur accorderait les lumières qu’ils demandaient. Quant à déterminer la forme de cet objet, ses caractères, etc., c’est ce qui est d’autant moins possible que les Juifs eux-mêmes, anciens et modernes, paraissent avoir perdu le fil de la tradition sur ce point. Pour des raisons dignes de sa sagesse, Dieu avait voulu que ce gage sacré demeurât, et cela peut-être même dès l’origine, comme voilé et entouré de mystère‘. Quoi qu’il en soit, nous comprenons maintenant pourquoi le Pectoral était appelé « pectoral de Jugement. » Ce nom est expliqué par la fin du verset 30. Le grand-prêtre (Aaron et ses successeurs), lorsqu'il était revêtu du pectoral ainsi que de lPOurim et Toumim, pouvait obtenir de Dieu les «jugements » (arrêts, décisions, oracles) qui intéressaient le peuple. — Quant à la réflexion que l’on pourrait faire que les fidèles de la nouvelle alliance sont privés d’un pareil moyen pour connaître l’avenir et pour régler leur conduite, nous renvoyons à la réponse que nous avons donnée à l’occasion de la nuée miraculeuse (voy. explication de 13 : 21, 29).
La Robe (31-35).
(31) Tu feras aussi la robe de l’éphod, entièrement d'azur, (32) et au milieu sera l’ouveriure supérieure; tout autour de son ouverture il y
1 Le lecteur qui désire plus de détails sur ce sujet pourra consulter le Dictionnaire biblique de Winer.
aura une lisière tissée, elle sera comme l'ouverture d’une cote de mailles, afin de ne pas se déchirer. (33) Tu placeras sur ses bords des grenades d'azur, de pourpre et de cramoisi, autour de son bord, et entre elles des clochettes d’or, tout autour, (34) une clochette d’or, puis une grenade, une clochette d’or, puis une grenade, sur le bord de la robe tout autour. (35) Et Aaron la portera pour faire le service et on entendra le son quand il entrera dans le sanctuaire devant l'Eternel et quand il sortira et il ne mourrafpoint.
Cette robe en étoffe de couleur d’azur était quelque chose de semblable à la chape des prêtres catholiques ; elle était dépourvue de manches, descendant jusqu'aux genoux et se portait immédiatement sous léphod ; de là son nom « robe de l’éphod. » Son bord supérieur était (pour plus de solidité) garni d’une lisière (littéralement : une lêvre). La traduction que nous donnons au vers. 32 (avec la version anglaise) et Sacy) nous paraît plus exacte que celle « ouverture pour passer la tête » (Martin, Ost., Perret). Il y a en hébreu : « l’ouverture de sa tête, » mais il est plus naturel de rapporter le pronom à la robe (la « tête » est sa partie supérieure) qu’au grand prêtre qui n’a point été nommé dans le verset précédent. — Le bord inférieur de la robe était garni de clochettes d’or alternant avec des grenades aux 3 couleurs symboliques. C’étaient de petites boules qui avaient la forme de la grenade : ce fruit, d’une saveur très agréable et rafraîchissant, abondant en Syrie et en Egypte, devait probablement représenter les fruits d’obéissance et de sainteté que l’Eternel attendait du grand-prêtre, de toute la race d’Aaron et en général de tout son peuple. Les clochettes de- vaient avertir les Israélites de la présence du pontife dans le sanctuaire, pour qu'ils pussent s'associer en esprit aux rites qu'il accomplissait (il y a quelque chose de semblable dans le culte catholique) ; cette destination est indiquée par un passage des Apocryphes (Ecclésiastique 45 : 11). Mais elles en avaient encore une autre indiquée au vers. 35. Le grand prêtre n’était pas autorisé à se présenter dansle sanctuaire sans être revêtu de sa robe (et en général de son costume), parce que, comme nous l’avons déjà expliqué (à l’occasion des vers. 4-3), c’est ce costume qui constatait sa dignité devant Dieu et devant les hommes. Entrer dans le tabernacle avec des vêtements communs eût été un acte de révolte et de présomp-
tion, qui eût attiré la mort sur le coupable. Or, le son des clochettes faisait connaître que le pontife portait la robe d’azur et qu’il s’était ainsi conformé à la loi de Dieu. Il serait présomptueux de notre part de songer à nous présenter devant Dieu (pour le culte, la prière, etc.) autrement que revétus du manteau de la justice de Jésus-Christ.
La Tiare (36-38).
(36) Tu feras aussi une fleur d’or pur, et tu graveras dessus, en gra. vure de cachet : SAINTETÉ A L'ETERNEL. (37) Tu l’attacheras à un cordon d’azur et elle sera sur la tiare; c’est sur le devant de la tiare qu’elle sera ; (38) elle sera sur le front d’Aaron, et Aaron portera les iniquités commises par les enfants d'Israël dans leurs saintes actions, dans toutes leurs saintes offrandes ; et elle sera sur son front continuellement, afin que l'Eternel leur soit favorable.
La tiare du grand prêtre n’avait probablement pas, comme on le dit quelquefois, la forme du turban des turcs, mais plutôt celle de la mitre des prélats catholiques ; il y a lieu de croire qu’elle avait du rapport avec la coiffure des prêtres assyriens que l’on voit sur les bas-reliefs de Ninive'. Le vers. 36 nous apprend qu’elle était en fin lin blanc (symbole de Ja sainteté). Sur le devant elle portait une petite lame d’or qui y était fixée par un cordon d’azur. En hébreu cette lame est appelée « fleur, » sans doute parce qu’elle était découpée de manière à représenter une fleur (symbole de vie, de force, d'activité) ; sur cetle lame se trouvaient gravés les mots: « SAINTETÉ À L'ETERNEL » (hébreu : KODESCH LA IEHOVA). Selon quelques commentateurs, ils signifiaient que le grand prêtre devait se consacrer (se maintenir saint) entièrement à l'Eternel ; mais si cette idée avait dù être exprimée, il y aurait plutôt l'adjectif : « saint à l'Eternel. » Nous préférons le sens: « La sainteté appartient à l'Eternel, l'Eternel est la sainteté même. » Le grand prêtre revêtu de ce diadème était censé participer à la sainteté de Celui dont il était le représentant, et c’est en vertu de cette sainteté (relative et imputée) qu’il pouvait se présenter entre Dieu et le peuple comme médiateur et obtenir le pardon des souillures dont le culte lui-même demeurait entaché (vers. 38). Toutefois les paroles
M Voir ce que nous avons dit à ce sujet dans l'introduction à l’Exode.
gravées sur le diadème du pontife ne pouvaient pas donner aux fidèles de l’ancienne alliance une certitude de leur réconciliation avec Dieu aussi complète et aussi ferme que celle que nous possédons, nous qui sommes représentés devant Dieu par un souverain sacrificateur qui est lui-même sans souillure aucune, « séparé des pécheurs, » et chez lequel la sainteté n’est pas seulement imputée, inhérente à la charge, mais inhérente à la personne, et qui a pu dire: « Moi etle Père nous sommes un. » Jean 10: 30. Voyez aussi Hébr. 7 : 25-928.
Autres vêtements du grand prêtre (39).
(39) Tu confectionneras la tunique en fin lin à carreaux et tu feras la tiare en fin lin, et l’écharpe tu la feras en ouvrage de broderie.
La tunique se portait sous la robe, elle était pourvue de manches, descendait jusqu'aux talons et son étoffe était tissée de manière à représenter de petits carreaux (dans le genre des étoffes damassées). — « L’écharpe » destinée à retenir la tunique, ne doit pas être confondue avec la ceinture de l’éphod (vers. 8); elle était fort longue, et probablement de même étoffe et aux mêmes couleurs que la ceinture.