‹ Commentaire sur l'ExodeChapitre 35 sur 45 · X. LE SACRE DES PRÊTRES · texte numérisé non relu

X. LE SACRE DES PRÊTRES

(Chap. 29 : 1-37.)

Présentation des saintes offrandes (1-3).

CHAP. XXIX. — (1) Et voici les choses que tu leur feras pour les

‘sanctifier, pour qu’ils soient mes prêtres. Prends un jeune taureau, né de vache et deux béliers sans défaut, (2) des pains sans levain,

des gâteaux sans levain, pétris à l'huile et des galettes sans levain, ointes d'huile ; tu les feras de fleur de farine de froment; (3) tu les déposeras dans une même corbeille et tu les présenteras dans la corbeille, avec le jeune taureau et les deux béliers.

L'installation des prêtres dans leurs fonctions devait se faire avec une grande solennité, afin d’inspirer au peuple un profond respect pour les représentants de l'Eternel et de les pénétrer eux-mêmes du sentiment de leur dignité et de leur responsabilité. Tout ceci est applicable dans une certaine mesure et avec des formes différentes aux ministres de la nouvelle alliance.

Les instructions ici données à Moïse furent exécutées à l’époque indiquée par Lév. 8. — L’adjectif « sans défaut » (littéralement : parfaits) S’appliquait sans doute aussi au veau. Quant au motif, voy. l'explication de 42 : 5. — On croit que les « galettes » étaient plus minces que les deux autres mets indiqués. — La consécration d'hommes pécheurs et par des pécheurs devait, pour être efficace et agréable à Dieu, nécessairement être accompagnée de sacrifices expiatoires et d’offrandes. C’est aussi au nom de Jésus, appuyés sur ses mérites, que nous devons accomplir tous nos actes de culte. C’est avec les mêmes dispositions que nous devons implorer la bénédiction de Dieu sur nos travaux et sur les fonctions civiles ou ecclésiastiques dont nous pouvons être revêtus. — Cette « présentation » avait lieu sans doute dans le parvis et ne doit pas se confondre avec l’offrande proprement dite qui se faisait sur l’autel (vers. 23-25). |

Les vêlements et l’onction (4-9).

4. Tu feras ensuite avancer Aaron et ses fils vers la porte de la tente d’assignation et tu les laveras dans l’eau. (5) Tu prendras les vêtements, tu revêtiras Aaron de la tunique, de la robe de l’éphod, de l’'éphod et du pectoral, et tu le ceindras de la ceinture de l’éphod. (6) Tu poseras la tiare sur sa tête et tu placeras le saint diadème sur la tiare. (7) Alors tu prendras l'huile d’onction, tu la répandras sur sa tête et ainsi tu l’oindras. (8) Tu feras aussi avancer ses fils et tu les revêtiras de tuniques. (9) Tu les ceindras d’une écharpe, Aaron et ses fils, et tu leur attacheras des mitres, et la prêtrise leur appartiendra par un statut éternel ; puis tu rempliras les mains d'Aaron q de ses fils. .

Avant d’être revêtus des insignes de leur charge, les prétres devaient se soumettre à une ablution, symbole naturel de la purification du cœur et de la vie, que Dieu exige de tous les fidèles et principalement de ses ministres; c'était aussi un type du baptême, surtout si, comme le disent plusieurs commentateurs juifs, les prêtres étaient lavés par immersion (plongés). — Pour lexplication des vêtements et ornements ici mentionnés, voir le chapitre précédent. — La plaque d’or qui dans 98 : 36 était appelée c« fleur, » reçoit ici le nom plus général de « diadème. » — Le sens de « l’onction » a été expliqué à l’occasion de 98 : 41. Il est à remarquer que le verbe hébreu maschak, qui signifie « oimdre, » est celui duquel est dérivé le nom de MESsie (en hébreu : maschiak), qui signifie « oint » ; il était donné aux prêtres et aux rois d'Israël, à cause du sacre qu’ils avaient reçu, etil fut employé pour désigner celui qui, oint du Saint-Esprit, devait réunir au plus haut degré en sa personne les attributs des rois et ceux des prêtres (voy. Esa. 61 : 4). À ce nom de Messie correspond le mot Christ (dérivé du grec Christos) et le nom de Chrétiens que nous portons. Nous avons aussi reçu une «onction » ([ Jean 2:20, 27). — Le verset 7 ne mentionne pas l’onction des simples prêtres; cependant ils devaient aussi la recevoir (voy. 28 : 41 ; 30 : 30 ; 40:15) ; seulement on croit qu’elle devait être moins solennelle, moins abondante que celle du grand-prêtre, et qu’elle ne consistait que dans l’attouchement du front avec la sainte huile. — « Remplir les mains, » voy. explication de 98 : 41.

Les sacrifices (10-21).

(10) Alors tu amèneras le taureau devant la tente d’assignation, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du taureau. (11) Tu égorgeras le taureau devant l'Eternel, à l’entrée de la tente d’assignation. (12) Puis tu prendras du sang du taureau, et tu en mettras avec ton doigt sur les cornes de lautel, et tout le reste du sang, tu le répandras à la base de l'autel. (13) Tu prendras toute la graisse qui couvre les entraiiles et la membrane qui est sur le foie, et les deux rognons avec la graisse qui les entoure, et tu feras fumer le tout sur Pautel. (14) Quant à la chair du taureau, sa peau et sa fiente, tu les brûleras au feu hors du camp; c’est un sacrifice pour le péché. (15) Tu prendras aussi l’un des béliers et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du bélier. (16) Puis tu égorgeras le bélier, tu pren-

dras son sang et tu en arroseras l’autel tout autour. (17) Tu couperas le bélier en morceaux, tu laveras ses entrailles et ses jambes, et tu les mettras sur ses morceaux et sur sa tête; (18) et tu feras fumer tout le bélier sur l'autel ; c’est un holocauste pour l'Eternel, un parfaum agréable, une offrande consumée pour l'Eternel. (19) Tu prendras ensuite le second bélier, et Aaron et ses fils poseront leurs mains Sur la tête du bélier. (20) Tu égorgeras le bélier et tu prendras de son sang et tu en mettras sur l’extrémité de l’oreille droite d’Aaron et sur l'extrémité de l’oreille droite de ses fils, et sur le pouce de leur main droite et sur le pouce de leur pied droit, et tu arroseras de sang l’autel tout autour. (21) Puis tu prendras du sang qui est sur l'autel et l'huile d’onction et tu en aspergeras Aaron et ses vêtements, puis ses fils et les vêtements de ses fils avec lui, et ainsi ils seront saints, lui et ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui,

Le jeune taureau et les deux béliers étaient immolés tous les trois et chacune de ces victimes constituait un sacrifice d’un genre spécial.

Le taureau, dont l’immolation fait le sujet des versets 10- 14, était, comme l'indique la fin du verset 14, un sacrifice expialoire ; il y à littéralement : «il est péché, » maïs le mot hébreu (kataat) sert à exprimer les deux choses à la fois, le péché et le sacrifice offert pour l’expier. Dans ce cas il s’agissait d’une expiation pour les transgressions commises par Aaron et ses fils jusqu’au moment de leur sacre. — Pour exprimer leur désir que la victime fût agréée de Dieu à leur place et la conviction qu’ils avaient mérité la peine (la mort) que cette victime allait subir, ils posaient la main sur la tête du taureau. Le sens de ce rite est clairement constaté par Lév. 16 : 21 : « Aaron, posant ses mains sur la tête du bouc vivant, confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël et IL LES METTRA SUR LA TÊTE DU BOUC. » Il s’agit dans ce passage d’un des actes de la grande fête des expiations, mais il est probable que cette même confession des péchés devait avoir lieu à haute voix ou mentalement dans tous les sacrifices expiatoires. Le passage Lév, 1 : 4 établit aussi avec une grande évidence que les péchés étaient censés transportés du pécheur sur la victime. Remarquons à cette occasion combien ce rite (l'imposition des mains) confirme la doctrine de lexpiation par la mort de Christ, telle qu’elle a été comprise et enseignée dans toutes les églises orthodoxes jusqu’à nos jours. La substitution d’une victime innocente

à l’homme coupable constituait l’essence des sacrifices de l’ancienne alliance (et on peut ajouter aussi celle des sacrifices du paganisme), et cela parce qu’ils préfiguraient le grand sacrifice dans lequel cet acte de substitution de l’innocent au pécheur devait s’accomplir d’une manière parfaite. Il ne suffit donc pas de dire, pour rendre compte des souffrances et de la mort de notre Sauveur, qu’il les a subies pour manifester l’amour de Dieu envers les pécheurs, ou que son agonie a été causée principalement par un sentiment de sympathie pour les misères des hommes : il faut reconnaître que ces souffrances et cette mort étaient une EXPIATION dans toute la force du terme, et que Jésus-Christ a réellement enduré (en son corps et en son âme) les peines destinées aux pécheurs, ayant, comme le dit l’Ecriture, « porté nos péchés en son corps sur le bois, » « souffert, lui juste, pour des injustes » (1 Pier. 2 : 24; 3 : 18). Et quand St. Paul nous dit que Christ « a été fait PÉCHÉ pour nous » (I Cor. 5:21), il exprime précisément la même idée que la fin du verset 14. Ainsi, la doctrine de l’expiation, telle qu’elle a été formulée par Anselme de Cantorbéry, bien qu’imparfaite peut-être à quelques égards dans la forme, est juste et biblique pour le fond et c’est un signe de la décadence du protestantisme qu’elle soit abandonnée de nos jours par un si grand nombre de ses théologiens, même par plusieurs de ceux qui sont réputés évangéliques. — Nous ne sommes plus appelés à présenter à Dieu pour notre rançon des taureaux et des boucs ; tout ce que nous avons à faire c’est de « poser les mains » jour après jour (par une sincère repentance et une foi vivante) sur « l’Agneau de Dieu qui a porté les péchés du monde » (Jean 1 : 29).—Sile sang de la victime devait être répandu sur l'autel (vers. 12), d’abord sur ses cornes (ce dont la raison a été expliquée à l’occasion de 27 :2), puis à sa base, c'était probablement pour représenter que ce sang était présenté à Dieu, l’autel étant un lieu saint entre tous (comp. vers. 37). Par cet acte symbolique le sang accomplissait l’expiation. Même explication pour versets 16 et 20. — Ensuite les parties les plus nobles de la victime (vers. 13) étaient également offertes à Dieu, mais sous une autre forme que le sang ; c'était le symbole de l’immolation du cœur même

de l’homme, tandis que leffusion du sang représentait l’immolation de sa vie. Sur les rapports du sang avec la vie voy. dans mon Commentaire sur la Genèse l’explication de Gen. 9 : 4.

La victime de plus grand prix avait été choisie pour le sacrifice expiatoire. L’un des béliers était destiné au sacrifice que l’on pourrait appeler d’oblation, décrit dans versets 15- 18. Ce sacrifice au verset 18 est appelé « holocauste » (voy. explication de 10 : 25), « parfum agréable, » enfin «offrande consumée. » Cette dernière expression est représentée en hébreu par un seul mot (isché), dérivé du mot qui signifie le feu. Ce second sacrifice représentait l’offrande que les prêtres (tous les fidèles, mais eux plus particulièrement) doivent faire à Dieu de leur personne tout entière (toute la victime était consumée), de toutes leurs forces, de tout leur temps. Mais ici encore Aaron et ses fils devaient sentir combien ils restaient loin du but, ils devaient, pour faire agréer leurs imparfaits services, se faire représenter devant Dieu par un être qu'ils chargeaient en quelque manière de leurs obligations. Ce bélier, entièrement consumé sur l’autel, préfigurait, on peut le supposer, l’obéissance parfaite de Jésus-Christ, par laquelle il a, lui, le représentant des hommes, l’HOMME par excellence, satisfait aux exigences de la loi de Dieu, s’étant, comme le dit St. Paul, «offert à Dieu pour nous comme une oblation et une victime d'agréable odeur » (Eph. 5:92). — L'idée de substitution était aussi dans ce sacrifice exprimée par lPimposition des mains.

Le troisième sacrifice, décrit dans versets 19-21, peut être appelé sacrifice de sanctification, puisqu'il avait pour résultat qu’Aaron et ses fils devinssent «saints » (vers. 21). Après avoir été délivrés de la peine du péché par le sacrifice expiatoire, et S’être consacrés au service de Dieu par le moyen de l’holocauste, les prêtres avaient encore besoin d’être sanctüifiés, c’est-à-dire, de recevoir d’en haut les forces nécessaires pour marcher dans cette voie d’obéissance et d’entier dévouement, et c’est ce dont l’aspersion par le sang du second bélier et par l'huile sacrée, devait être le symbole. L'homme doit sans doute coopérer à sa sanctification, mais il ne peut pas devenir « saint » par ses propres forces, il faut que cela

lui soit donné de Dieu; c’est là ce qui nous est rappelé par ce troisième sacrifice. « L'huile de l’onction » était, nous l’avons déjà dit (à l’occasion de 28 : 41), le symbole naturel des grâces divines, mais laspersion devait avoir lieu aussi-avec du sang, parce que l’homme a sans cesse besoin de purification et que le pardon est la grâce fondamentale qui doit précéder toutes les autres. L’aspersion avait lieu d'abord sur les oreilles, les mains et les pieds, ensuite sur toute la personne et même sur les vêtements, sans doute pour rappeler que l’homme fout entier a besoin d’être rendu « saint, » et plus particulièrement de recevoir de Dieu la docilité (pour écouter, pour s’instruire de la volonté de Dieu) et l’activité (pour Paccomplir). — Par «le sang qui est sur l'autel » (vers. 21) il faut entendre probablement celui qui avait été répandu au pied de l’autel et qui se trouvait en assez grande abondance pour pourvoir être encore employé pour laspersion.

L'investiture (22-30).

22. Tu prendras du bélier la graisse, la queue, la graisse qui couvre les entrailles, la membrane du foie, les deux rognons avec la graisse qui les couvre et l’épaule droite, car c’est le bélier d’investiture; (23) un pain rond, un gâteau de pain à l'huile et une galette, de la corbeille de pains sans levain qui est devant l'Eternel ; (24) puis tu placeras toutes ces choses sur les mains d’Aaron et sur les mains de ses fils et tu les promèneras pour les présenter à l'Eternel. (25) Alors tu les reprendras de leurs mains et tu les feras fumer sur l'autel après l’holocauste, comme parfum agréable devant l'Eternel; c’est une offrande consumée pour l'Eternel. (26) Ensuite tu prendras la poitrine du bélier d'investiture qui est pour Aaron, et tu la promèneras pour la présenter à l'Eternel et elle sera ta portion. (27) Et tu sanctifieras la poitrine de l’offrande promenée et l'épaule de l’offrande élevée, ce qui a été pris pour être promené et élevé sur le bélier d’investiture qui est à Aaron et à ses fils. (28) Et ce sera pour Aaron et ses fils une redevance perpétuelle de la part des enfants d'Israël , car c’est une offrande élevée; ce sera une offrande que les enfants d’Israël prélèveront sur leurs sacrifices de reconnaissance, une offrande éievée pour l'Eternel. (29) Les saints vêtements d’Aaron seront pour ses fils après lui ; ils les mettront quand on les oindra et qu’on les investira. (30) Iis seront portés pendant sept jours par le prêtre, son successeur d’entre ses fils, qui entrera dans la tente d’assignation pour officier dans le lieu saint.

Nous avons donné le nom « d’investiture » aux cérémonies

décrites dans les versets 22-28, parce qu’elles paraissent avoir cette signification. Le second bélier, dont le sang avait été employé pour l’aspersion (vers. 20, 21), est appelé au verset 22 «bélier d’investiture!, » expression plus exacte que celle de « bélier de consécration » (Ost., Mart., Sacy), parce que cette dernière expresgion conviendrait également au “premier bélier. « Consécration» ou «sacre » représente l’ensemble des cérémonies décrites dans ce chapitre, et il vaut mieux réserver le nom spécial « d’investiture » pour celle qui succédait aux trois sacrifices. En hébreu il y a : « bélier des remplissages, » expression qui n’est évidemment que l’abrégé de celle que nous avons vue au verset 9 et 98 : 41, et qui se trouve expliquée par le verset 24. Les saintes offrandes, tirées du règne végétal et du règne animal, étaient placées sur les mains des prêtres ; cette cérémonie était l’investiture, l’acte par lequel Moïse leur confiait le droit de fonctionner désormais eux-mêmes dans les sacrifices et de présenter à Dieu les offrandes de son peuple; c’est ainsi que l’on pourrait, quand on consacre les ministres de la nouvelle alliance, leur remettre une Bible, les éléments de la cène, l’eau baptismale, une croix, etc. — Au verset 23 il s’agit de la corbeille mentionnée au verset 3. — En disant seulement «un pain, » nos versions ne rendent qu’en partie les premiers mots du verset 23 ; le texte hébreu en indique aussi la forme. — À Ja fin du verset 24 il y a littéralement : « Tu les agiteras comme chose agitée devant l'Eternel. » Le verbe hébreu (éniph) que nous rendons par «promener » (d’autres disent : tournoyer, balancer) exprime en général l'agitation, mais ici on croit qu'il indiquait un mouvement par lequel Moïse devait porter ces objets dans la direction des 4 points cardinaux (comme symbole de la consécration de la terre entière à Dieu). — L'action du verset 25 s’explique comme celle du verset 18. En hébreu il y a « sur l’holocauste, » et c’est ainsi que traduisent plusieurs versions ; mais comme alors l’holocauste du verset 18 était pro- : bablement déjà consumé, il vaut mieux donner à la préposition un sens qu’elle a fréquemment (par-dessus, en sus, après). Wogue dit : « à la suite de l’holocauste. » — Au

‘ On pourrait aussi dire.comme Perret: le bélier d'installation.

verset 26 il est dit du bélier d’investiture qu’il est « pour Aaron, » parce qu’il servait à son sacre, à son investiture.— € Ta portion. » Cette fois la poitrine et l’épaule étaient pour Moïse, mais dans la suite, lors des consécrations suivantes, elles devaient appartenir aux prêtres qui présidaient à la cérémonie ; c’est ce que signifient les versets 26-98. Ces parties du bélier ne devaient pas être consumées sur l'autel, mais mangées par les prêtres. Il paraît que cet usage devait être observé non-seulement lors des consécrations, mais aussi, d’après verset 28, toutes les fois que l’on offrait un «sacrifice de reconnaissance. » ( Sur cette expression voy. explication de 20 : 24.) — L’expression « tu sanctifieras » (vers. 27) veut dire que ces parties du bélier acquéraient un caractère sacré (et devenaient ainsi propres à être la portion des prêtres) par suite des actes qui s’accomplissaient à leur égard (« promener » et « élever »). L’épaule ne devait pas être « promenée, » mais seulement « élevée » (soulevée de bas en haut). En hébreu le même mot est employé pour «élever » et pour «prélever » (vers. 28) ; mais il est probable-que le prélèvement était aussi représenté par un acte symbolique (Pélévation). — Au verset 98 1l y a littéralement : « Et ce sera en faveur d’Aaron et de ses fils un statut perpétuel de la part des enfants d'Israël. » — Ce que le législateur vient de dire de la perpétuitéide cette obligation des enfants d'Israël, lui donne l’occasion d'ajouter une instruction relative au costume sacré et d’ordonner que tout grand-prêtre, qui succéderait à Aaron, devait en être revêtu durant sept jours (le nombre sacré, symbole de la bénédiction ;) vers. 29, 30.

Le repas (31-37).

31. Ensuite tu prendras le bélier d’investiture et tu cuiras sa chair dans un lieu saint. (32) Et Aaron et ses fils mangeront la chair du bélier etile pain qui est dans la corbeille, à la porte de la Tente d’assignation. (33) Ainsi ils mangeront ce par quoi il a été fait expiation pour eux, pour leur investiture et pour les sanctifier ; mais un étranger n’en mangera point, car c’est chose sainte. (34) Et si il reste jusqu’au matin quelque chose de la chair d’investiture et du pain, tu le brüleras au feu et on ne le mangera point; car c’est chose sainte. (35) Tu feras ainsi pour Aaron et pour ses fils, selon tout ce que je t'ai commandé; tu répéteras leur investiture sept jours de suite. (36) Et

chaque jour tu feras avec un jeune taureau un sacrifice pour le péché, pour l’expiation; tu enlèveras le péché de l'autel en faisant expiation pour lui, et tu l’oindras pour le sanctifier. (37) Pendant sept jours tu feras expiation pour l'autel et tu le sanctifieras; et l’autel sera très saint et quiconque touchera l’autel sera sanctifié.

Les cérémonies du sacre se terminaient par un repas dans lequel les prêtres mangeaient la portion du (second) bélier qui leur était réservée (vers. 27, 28) et une partie du pain qui était, dans la corbeille. Ce repas représentait leur participation personnelle aux sacrifices et autres actes qui venaient de s’accomplir, et ainsi il avait un caractère sacramental, en sorte que l’on peut y voir un type de la sainte Cène. — «Dans un lieu saint » (vers. 31), c’est-à-dire, dans le parvis. — Ces aliments ne devaient être exposés à aucune profanation, c’est pourquoi les restes devaient être détruits, et les prêtres seuls avaient le droit d’en manger (vers. 35, 34). — La fin du verset 395 est littéralement : « pendant sept jours tu rempliras leurs mains. » Ainsi toutes les cérémonies décrites dans ce morceau, présentation des offrandes, ajustement du costume, sacrifices, investiture, repas, devaient se répéter chaque jour pendant sept jours, et cela afin de constater que l’acte du sacre avait une parfaite efficacité (le chiffre 7 ici comme ailleurs était le symbole de la bénédiction divine ; voy. explication de 7 : 25). Et ce qui est ici prescrit pour la consécration d’Aaron devait se répéter pour celle de tous les grand-prêtres ; c’est ce que l’on peut conclure du verset 30. — Les versets 36 et 37 se rapportent au premier sacrifice et indiquent que cette immolation du taureau avait pour effet non-seulement d’expier les péchés des prêtres, mais d'enlever les souillures que l’autel contractait par le contact d'hommes pécheurs. Ces deux versets trouvent ici leur place naturelle comme transition au morceau suivant qui concerne le sacrifice qui devait s’accomplir chaque jour sur cet autel. Combien ces expiations sans cesse renouvelées, pour les choses aussi bien que pour les personnes, étaient propres à rappeler aux Israélites cette grande vérité que le «salaire du péché c’est la mort » (Rom. 6 : 25), et à entretenir chez eux la crainte du jugement et la repentance ! — « Sacrifice pour le péché » (vers. 36). En hébreu il y a le

même mot qu'au verset 14. — La fin du verset 37 paraît signifier que quelque chose de la sainteté de l'autel était communiquée à tout ce qui le touchait (choses et personnes). L’autel une fois purifié et oint était devenu «très saint.» En hébreu il y a la même expression que pour le lieu très saint (dans le tabernacle).

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