‹ Commentaire sur l'ExodeChapitre 38 sur 45 · XII. LA RANCON DES PERSONNES · texte numérisé non relu

XII. LA RANCON DES PERSONNES

(Chap. 30 : 11-16.)

11. L’Eternel parla aussi à Moïse, disant : (12) Quand tu compteras les enfants d'Israël, en en faisant l'inspection, ils donneront chacun à l'Eternel la rançon de sa personne, lorsqu'on les inspectera, et alors il n’y aura point de plaie sur eux, lorsqu'on les inspectera. (13) Voici ce que donneront tous ceux qui passeront par l'inspection : un demi- . Sicle, le sicle du sanctuaire, à vingt géras le sicle; le demi-sicle sera prélevé pour l'Eternel. (14) Chacun de ceux qui passeront par l’in- .spection, dès vingt ans et au-dessus, donnera l’offrande prélevée à l'Eternel. (15) Le riche ne donnera pas plus, l’indigent ne donnera pas moins que le demi-sicle, comme offrande prélevée pour l'Eternel, pour la rançon de vos personnes. (16) Et tu prendras l’argent des rançons de la part des enfants d'Israël et tu l’appliqueras à la construction de la Tente d’assignation, et ce sera pour les enfants d’Israël un titre devant l'Eternel, pour racheter vos personnes.

Les instructions relatives au tabernacle et aux objets qui devaient y être placés se trouvant terminées par la description de l'autel des parfums, le législateur donne une loi qui se rapportait à sa prochaine construction. Les frais de cette construction devaient être couverts en partie par les dons volontaires mentionnés dans 95 :2-8, en partie par l'impôt

spécifié dans ce morceau. Cet impôt d’un demi-sicle devait être payé par tout [Israélite (mâle)‘, âgé de 20 ans et audessus ; et il était considéré comme une rançon (en hébreu il y a le mot qui signifie expiation, couverture du péché, comp. 25 : 17) pour les personnes (vers. 12, 15, 16). La nécessité de cette rançon se rattachait à la doctrine du péché originel. Le fait que tout enfant d'Adam, dans son état naturel, est souillé et condamné devant Dieu, se trouvait sans doute déjà proclamé et sans cesse rappelé par le rite de la circoncision, par le sacrifice perpétuel et par toutes les autres purifications institucées dans la loi. Mais chaque dénombrement présentait l’occasion de le proclamer de nouveau. L'acte par lequel un Israélite était compté et enregistré comme appartenant au peuple de Dieu, lappelait à s’humilier, à confesser ses péchés et à reconnaître que, si Dieu l'avait traité selon sa rigoureuse justice, il l’aurait châtié (« frappé d’une plaie, » vers. 12, ou même de la mort) au lieu de admettre dans son alliance. Le payement du demi-sicle était le symbole de cette humiliation. Cette explication *? nous paraît la plus naturelle et elle rend également compte des châtiments que les dénombrements attiraient dans certains cas sur le peuple et sur ceux qui les avaient ordonnés (voy. ce qui arriva sous le règne de David I Chron. 21 : 1-14); lorsque le dénombrement n’était pas accompagné des sentiments d’humble repentance qu'il devait provoquer, mais inspiré par l’orgueil d’un monarque et la téméraire confiance de ses sujets en leur nombre et en leur puissance, il devait être puni par une «plaie.» Les fidèles de la nouvelle alliance ne doivent également laisser passer aucune occasion de s’humiler et de reconnaître leur misère devant Dieu; ils doivent journellement rendre grâces à ce charitable Rédempteur qui a donné sa propre vie « en rançon » pour leurs âmes (Math. 20 : 28). — En hébreu le verset 12 commence ainsi : «Lorsque vous prendrez les têtes (la somme) des enfants d'Israël. » — Le mot hébreu que nous avons rendu par

1 Les femmes n'étaient pas comprises dans les dénombrements, parce que, d’après les idées de l'Orient, la nation n’était censée représentée que par le sexe le plus fort.

2 C’est aussi celle de Keïl, de Gerlach et du rabbin Wogue.

« inspecter, » est pakad qui signifie : visiter, passer en revue. — Le sicle ordinaire valait un peu plus de deux francs, mais il paraît que celui dont il est question ici (appelé « sicle du sanctuaire, » peut-être parce qu’il était employé à sa construction) était un peu plus fort ; on peut l’évaluer à environ trois francs. Le « géra » était un très petit poids, selon quelques-uns un grain de caroube. — Le tribut devait être le même pour tous (vers. 15), afin de constater l'égalité des âmes devant Dieu. — Ce premier impôt levé devait être employé à la construction du tabernacle (littéralement : « le travail de la Tente d’assignation ») ; on croit que celui qui accompagna les dénombrements postérieurs fut appliqué à l'entretien de l'édifice, aux besoins du culte. — Le mot que nous avons rendu par « titre » signifie proprement « mémorial. » Le sens est que le payement du demi-sicle donnait aux Israélites le droit d’être traités avec miséricorde de la part de l’Eternel.

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