‹ Commentaire sur l'ouvrage de FilangieriChapitre 49 sur 57 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De l'ëducation.

« Si les oreilles des enfants poavoient être inaccessibles à Ter- « renr, les vérités pénètreroient facilement dans lenr ame. « Il n'y a qu'une éducation réglée par le magistrat et par « la loi qui puisse produire cet effet dans le peuple ; et ane « telle éducation ne peut être qu'âne éducation publique. » Liv. IV, part.I, chap. II , p. i5 et i6.

Tout le livre de Filangieri sur Tëducation est empreint de son admiration pour Fantiquitd, et par conséquent atteint du même vice que j'ai eu trop souvent occasion de relever. Je n'en parlerai donc plus ici. Je reconnoîtrai même qu'il ose quelquefois blâmer quelques unes des institutions qu!il rencontre chez les anciens, et que de plus il indique des me-^ sures de de'tail qui peuvent avoir leur utilité ; mais l'erreur fondamentale n'en existe pas moins. Il n'en

veut pas moins confier à Tautoritë la direction presque exclusive de Fëducation. Cest cette erreur surtout quHl est important de réfuter.

L'éducation peut être considérée sous deux points de vue. On peut la regarder en premier lieu comme un moyen de transmettre à la génération naissante les connoissances de tout genre acquises par les générations antérieures. Sous ce rapport, elle est de la compétence du gouvernement. La conservation et Taccroissement de toute connoissance est un bien positif; le gouvernement doit nous en garantir la jouissance.

Mais on peut voir aussi dans Féducation le moyen de s^emparer de Topinion des hommes pour les façonner à Tadoption d'une certaine quantité d'idées, soit religieuses, soit morales, soit philosophiques, soit politiques. C'est sur-tout comme menant à ce but que les écrivains de tous les siècles lui prodiguent leurs éloges.

Nous pourrions d'abord, sans révoquer en doute les faits qui servent de base à cette théorie, nier que ces faits fussent applicables à nos sociétés actudles. L'empire de l'éducation dans la toute - puissance qu'on lui attribue, et en admettant cette toute-puissance comme démontrée chez les anciens, seroit encore parmi nous plutôt une réminiscence qu'un fait existant. L'on méconnoît les temps, les nations, et les époques, et l'on applique aux modernes ce qui n'étoit praticable qu'à une ère différ^fit^ de Tesprit humain.

Parmi des peuples qui, comme le dit Condor-

SUR l'ouvrage de FILANGIERI. 235 cet(i), n^avoient aucune notion de la liberté personnelle, et où les hommes nVtoient que des ma* chines dont la loi régloit les ressorts et^dirigeoit tous les mouvements, Faction de Fautorité pouvoit influer plus efficacement sur Fëducatiôn , parceque cette action uniforme et constante n'étoit combattue par rien. Mais aujourd%ui la société entière se soulèvexpif. contre la pression de Fautorité, et l'indépendance individuelle que les hommes ont reconquise réagiroit avec force sur l'éducation des enfants. La seconde éducation, celle du monde et des circonstances, déferoit bien vite l'ouvrage de la première (2).

Déplus, il seroit possible que nous prissions pour des faits historiques les romans de quelques philosophes, imbus des mêmes préjugés que ceux qui, de nos jours, ont adopté leurs principes; et alors ce système au lieu d'avoir été, du moins autrefois, une vérité pratique , ne seroit qu'une erreur perpétuée d'âge en âge.

Où voyons^nous en effet cette puissance merveilleuse de l'éducation? Est-ce à Athènes? Mais l'éducation publique, consacrée par Fautorité, y étoit renfermée dans les écoles subalternes , qui se bor^ noient à la simple instruction. 11 y avok d'ailleurs liberté complète d'enseignement. Est-ce à Lacédémone? L'esprit uniforme et monacal des Spartiates tenoit à un ensemble d'institutions dont l'éducation

(i) Mémoires sur rinstrucdon publique.

(a) HelTetins, de VHomnie^

ne faisolt qu^une partie ; et cet ensemble , je le pense, ne seroit ni facile ni désirable à renouveler parmi nous. Est-ce en Crète? Mais les Cretois ëtpient le peuple le plus féroce, le plus inquiet,, le plus corrompu.de la Grèce. On sépare les institutions de leurs effets, et on les admire, diaprés ce qu'elles étoient destinées à produire, sans considérer ce qu'elles ont produit en réalité.

On nous cite les Perses et les Égyptiens ; mais toutes nos traditions sur les institutions égyptiennes et persanes sont quelquefois démontrées fausses par la seule impossibilité manifeste des faits qu'elles contiennent, et presque toujours rendues très douteuses par des contradictions inconciliables. Ce que nous savons d'une manière certaine , c'est que les Perses et les Égyptiens étoient gouvernés despotiquement, et que la lâcbeté, la corruption , Favilissement , suites éternelles du despotisme, étoient le partage de ces nations misérables. Nos philosophes en conviennent dans les pages mêmes où ils nous les proposent pour exemples, relativement à l'éducation: bizarre foiblesse de l'esprit humain, qui, n'apercevant les objets qu'en détail, se laisse tellement dominer par une idée favorite, que les effets les plus décisifs ne Féçlairent pas sur l'impuissance des causes dont il lui convient de proclamer le pouvoir. Les preuves historiques ressemblent pour la plupart à celle que M. de Montesquieu allègue en faveur de la gymnastique. L'exercice de la lutte, dit-il, fit gagner aux Thébains la bataille de Leuctres. Mais sur qui gagnèrent-ils cette bataille? Sur les Lacédémoniens qui

SUR L OUVRAGE DE l-ILANGIERI. 237

s'exerçoient à la gymnastique depuis quatre cents ans.

Le système qui met Téducation sous la main du gouvernement, repose sur deux ou trois pétitions de principe.

On suppose d^abord que le gouvernement sera tel qu^on lé désire. On voit toujours en lui un allié, sans réfléchir qu'il peut devenir un ennemi. L'on ne sent pas que les sacrifices qu'on impose aux individus peuvent ne pas tourner au profit de l'institution que l'on croit parfaite, mais au profit d'une institution quelconque.

Cette considération est d'un poids égal pour les partisans de touteslesopinions.Yous regardez comme le bien suprême le gouvernement absolu, l'ordre qu'il maintient, la paix que, selon vous, il procure; mais si l'autorité s'arroge le droit de s'emparer de l'éducation , elle ne se l'arrogera pas seulement dans le calme du despotisiiie , mais au milieu de la violence et des fureurs des factions. Alors le résultat sera tout différent de ce que vous espérez. L'éducation soumise à l'autorité n'inspirera plus aux générations naissantes ces habitudes paisibles, ces principes d'obéissance, ce respect pour la religion, cette soumission aux puissances visibles et invisibles que vous considérez comme la base du bonheur et du repos social. Les factions feront servir l'éducation, devenue leur instrument, à répandre dans l'ame de la jeunesse des opinions exagérées, des maximes farouches, le mépris des idées religieuses qui leur paroîtront des doctrines ennemies, l'amour du sang, la haine de la pitié.

â38 COMMENTAIRE

Ce raisonnement n'aura pas moins de force, si nous Tadressons aux amis d'une liberté sage et modérée. Vous voulez, leur dirons*nous,qae, dans un gouvernement libre, lautorité domine Téducation pour former les citoyens dès Page le plus tendre à la conuQissance et au maintien de leurs droits, pour leur apprendre à braver le despotisme, à résister au pouvoir injuste, à défendre Tinnocence coiitre Toppression. Mais le despotisme emploiera TéckiGatien à courber sous le joug ses esclaves doqiles, à briser dans les cœurs tout sentiment noble et courageux, à bouleverser toute notion de justice, à jeter de Pobscurité sur les vérités les plus évidentes, à repousser dans les ténèbres ou à flétrir par le ridicule tout ee qui a rapport aux droits les plus sacrés, les plus inviolables de Tespéce humaine.

Dans toutes ces hypothèses, ce que Ton désire que le gouvernement fasse en bien, le gouvernement peut le faire en mal. Ainsi les espérances peuvent être déçues, et l'autorité qu'on étend à l'infini, d'après des suppositions gratuites., peut marcher en sens inverse du but pour le qjiel on l'a créée.

L'éducation qui vient du gouvernement doit se borner à l'instruction seule. L'autorité peut rnultiplier les canaux , les moyens de l'instruction , mais elle ne doit pas la diriger. Qu'elle assttre aux citoyens des moyens égaux de s'instruire; qu'elle procure aux professions diverses l'enseignement des connoissances positives qui en facilitent l'exercice; qu'elle fraie aux individus une route libre pour ar-

SUR l'ouvrage de filangieri. 239

river à toutes les vérités de fait constatées (1), et pour parvenir au point d'où leur intellig^ence peut s'élancer spontanément à des découvertes nouvelles; qu'elle rassemble pour l'usage de tous les esprits investigateurs les monuments de toutes les opinions, les inventions de tous les siècles, les découvertes de toutes les méthodes ; qu'elle organise enfin l'instruc* tion de manière à ce que chacun puisse y consacrer le temps qui convient à son intérêt ou k son désir, et se perfectionner dans le métier, l'art ou la science auxquels ses goûts ou sa destinée l'appellen t ; qu'elle ne nomme point les instituteurs; qu'elle ne leur accorde quun traitement qui, leur assurant le nécessaire, leur rende pourtant désirable Faffluence des élèves ; qu'elle pourvoie à leurs besoins lorsque l'âge ou les infirmités auront mis un terme à leur carrière active ; qu'elle ne puisse point les destituer sans des causes graves , et sans le concours d'hommes indépendants d'elle (3) ; car les instituteurs soumis au gouvernement seront à4a->fois négligents et serviles : leur servilité leur fera pardanner leur négligence. Soumis à l'opinion seule, ils seroient à-la-fois actifs et indépendants (3).

En dirigeant l'éducation, le gouvernement s'ar-

. (i) Oip peut eoseigoev les faits sur parole^ mais jamais les raisonnements.

(a) Pour les détaiîs dé Torganisation de l'instruction publique , qui ne sont pas du ressort de cet ouvrage, je renvoie le lecteur aux Mémoires de Goudorcet, où toutes les questions qui se rapportent à cette matière sont examinées.

(3) Smith , Richesse des naH<ms.

24o COMMENTAIRE

roge le droit et sHmpose la tâche de maintenir un corps de doctrine. Ce mot seul indique les moyens dont il est oblige de se servir. En admettant qu^il choisisse d^abord les plus doux, il est certain du moins quHl ne permettra d^enseigner dans ses écoles qiie les opinions quHl préfère (i). Il y aura donc rivalité entre Téducation publique et Péducation particulière. LVdacation publique sera salariée : il y aura donc des opinions investies d^un privilège. Mais si ce privilège ne suffit pas pour faire dominer les opinions favorisées , croyez-vous que Fautorité , jalouse de sa nature , ne recoure pas à d^autres moyens? Né voyez-vous pas, pour dernier résultat, la persécution plus ou moins déguisée, mais compagne constante de toute action superflue de Tautorité ?

Les gouvernements qui paroissent ne gêner en rien Péducation particulière , favorisent néanmoins toujours les établissements qu'ils ont fondés, en exigeant de tous les candidats aux places relatives à Péducation publique une sorte d^apprentissage dans ces établissements. Ainsi, le talent qui a suivi la route indépendante, et qui, par un travail solitaire, a réuni peut-être plus de connoissances, et probablement plus d^originalité qu'il ne Pauroit fait dans la routine des classes, trouve sa carrière naturelle, celle dans laquelle il peut se communiquer et se reproduire, fermée tout-à-coup devant lui (2).

(i) Gondorcet, premier Mémoire, p. 55.

(2) Tout ce qui oblige ou engage un certain nombre d*étudiants à rester à un collège ou à une université, indépendamment du mérite ou de la réputation des maîtres, comme d'une part, la nécts^

SUR l'ouvrage de filangieri. 241 Ce n'est pas que, toutes choses égales ^ je ne pré-* fère réducation publique à Téducation privée. La première fait faire à la génération qui s'élève un noviciat de la vie humaine plus utile que toutes les leçons dé pure théorie, qui ne suppléent jamais qu'imparfaitement à la réalité et à Texpérience. L'éducation publique est salutaire sur-tout dans les pays libres. Les hommes rassemblés à quelque âge que ce soit, et sur*-tout dans la jeunesse, contractent, par un effet naturel de leurs relations réciproques, un sentiment de justice et des habitudes d'égalité, qui les préparent à devenir des citoyens courageux et des ennemis de l'arbitraire. On a vu, sous le despotisme même, des écoles dépendantes de l'autorité, reproduire, en dépit d'elle, des germes de liberté qu'elle s'efforçoit en vain d'étouffer.

Mais je pense que cet avantage peut être obtenu sans contrainte. Ce qui est bon n'a jamais besoin de privilèges^ et les privilèges dénaturent toujours ce qui est bon. Il iitiporte d'ailleurs que si le système d'éducation que le gouvernement favorise est ou paroît être vicieux à quelques individus, ils puis-sent recourir à l'éducation particulière , ou à des instituts sans rapports avec le gouvernement. La société doit respecter les droits individuels, et dans ces droits sont compris lés droits des pères sur leurs en*

site de prendre certains de(];rës qui ne peuvent être conférés qu-en certains lieux, et de Tautre, les bourses et assistances accordées à l'indigence studieuse, ont FefFet de ralentir le zèle, et de rendre moins nécessaires les connoissances des maîtres, ainsi privilégiés sous une forme quelconque. Smith, Y, i.

cosiME«TAine. — 4*P2'rtie. Q

faDts(i). Si son action les blesse, une résistance «^élèvera qui rendra Tautorité tyrannique, et qui corrompra les individus en les obligeant* à Péluder. On objectera peut-être à cie respect que nous exigeons dq gouvernement pour les droits des pères^ que les classes inférieures du peuple , réduite» par leur misère à tirer parti de leurs enfants, dès qfue ceux-ci sont capables de les seconder dans leurs tra- •vauX, ne les feront point instruire dans les connois* sauces les plus nécessaires, Tinstruetion fût*- elle même gratuite , si le |[ouvemement n'est autorisé à les y contraindre. Mais cette objection repose sur rhypothèse d^une telle misère datis le peuple, quV vec cette misère rien ne peut exister de bon. Ce qu'il faut , c'est que cette misère n'existe pas. Dès que le peuple jouira de Faisance qui lui est due, loin de retenir ses enfants dans l'ignorance , il s'empressera de leur donner de l'instruction. Il y mettra de la vanité , il en sentira l'intérêt. Le penchant le plus naturel aux pères, c est d'élever leurs enfants au-rdessus de leur état. C'est ce que nous voyons en Angleterre, et ce que nous avons vu en France pendant la révolution. Durant cette époque, bien qu'elle fût agitée, et que le peuple eût beaucoup à souffrir de son gouvernement, cependant, par cela seul qu'il acquit plus d'aisance, Tinstruction fit des progrès étonnants dans cette classe. Par-tout l'instruction du peuple est en proportion de son aisance.

J'ai dit au commencement de ce chapitre que les

(i) CSondorcet, premier Mémoire, p. 44*

SUR L'ouTftACE DE FILANOIERI. ^43

Hihëni^ns n^avotent soumis à Tinspection des ma-^ Igistrats que les écoles subalternes ; celles de philossfkie restèrent toujours dans Tindépendance la plus abseltte^ et ce peuple éclairé nous a transmis à ce sujet un mémorable exemple. Le démagogue Sophocle ayant proposé de subordonner à Fautofité renseignement des philosophes, tous ces fabmme$ ^ qui, malgré leurs erreurs nombreuses, doivent à jamais servir de modèles, et comme amour de la vérité et comme respect pour la tolérance, se démirent de leurs fonctions: Le peuple réuni les déclara solennellement affranchis de toute inspection du magistrat, et condamna leur absurde adversaire à une amende de cinq talents (i).

' Mais, dirait- on, s'il s'élevoit un établissement d'éducation reposant sur des principes contraires à la morale, vous disputeriez au gouvernement lé droit de réprimer cet abus? Non sans doute, pas plus l}ue celui de sévit contre tout écrit et toute action qui troubleroient Tordre public. Mais la répression est autre chose que la direction; et c'est la direction que j'interdis à l'autorité. D'ailleurs, on oublie que, pour qu\in établissement d'éducation se forme ou subsiste, il faut des élèves; que, pour qu'il y ait des élèves, il faut que leurs parents les y placent: et qu'en mettant à part, ce qui néanmoins n'est nullement raisonnable, la moralité des parents, il ne sera jamais dans leur intérêt dé laisser égarer le juge-» ment et pervertir le cœur de ceux avec lesquels ils

(i) Diogène Laerce, Fie de Théophraiie.

^44 OOMMENTMAE

ont^ pour toute la durée de leur vie,, les relations les plus importantes et les plus intimés. La pratique de l'injustice et de la perversité peut être utile momentanément, et dans une circonstance particulière; mais la théorie ne peut jamais avoir aucun avantage. La théorie ne sera jamais professée que par des fous, que repousseroit incontinent Topinion géné- . rale^ sans même que le gouvernement s^en mêlât. Il n'auroit jamais besoin de supprimer les établissements d'éducation où Ton donneroit des leçons de vice et de crîme^ parcequ'il n'y auroit jamais d'-établissements semblables; etque>, s'il y en avoit, ils ne seroient guère dangereux, car lès instituteurs resteroient tout seuls. Mais, à défaut d'objections plausibles, on s'appuie de suppositions absurdes^ et ce calcul n'est pas sans adresse : s'il y a du danger à laisser les suppositions sans réponse, il paroît y avoir, en quelque sorte, de la niaiserie à les réfuter.

J'espère beaucoup plus pour le perfectionnement de l'espèce humaine des établissements particuliers d'éducation, que de l'instruction publique la mieux organisée par l'autorité^

Qui peut limiter le développement de la passion des lumières dans un pays de liberté? Vous suppo«» sez aux gouvernements l'amour des lumières. Sans examiner ici jusqu'à quel point cette tendance est leur intérêt , nous vous demanderons seulement pourquoi' vous ne supposez pas le même amour dans les individus de la classe cultivée, dans les esprits éclairés, dans les âmes généreuses? Par-tout où l'autoxité ne pèse pas sur les honuqies, par-tout où elle ne

SUR l'ouvrage de FÏLANGIERI. 2^5 corrompe pas la richesse, en conspirant avec elle contre la justice, les lettres, Tétude, les sciences, Taggrandissement, et l'exercice des facultés intellectuelles, sont les jouîssaHces favorites des classes opulentes de la société. Voyez en Angleterre comme elles agissent, se coalisent, s'empressent de toutes parts ; contemplez ces musées, ces bibliothèques, ces associations indépendantes, ces savants voués vtnw quement à la recherche de la vérité, ces voyageurs bravant tous les dia»gers pour faire avancer d'un pas les connoisssmces humaines..

En éducation, comme en tout, que le gouvernement veille et qu^l préserve, mais qu'il reste neutre; qu'il écarte les obstacles, qu'il aplanisse les chemins : on peut s'en remettre aux individus pour y marcher avec succès.

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