‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 116 sur 171 · DE CEUX QUI SE TROMPENT A L'ORATOIRE · texte numérisé non relu

DE CEUX QUI SE TROMPENT A L'ORATOIRE

n n'est pas nécessaire, pour que la satisfaction soit due, que notre faute ait provoqué un désordre appréciable ou bien un peu de cacophonie, ni même que le voisin s'en soit aperçu. Ce n'est pas une question d'esthétique générale, mais bien d'équité religieuse. C'est le fait de l'imperfection se glissant là oii la perfection doit être achevée et continue ; c'est l'acquittement d'une dette réelle contractée envers la majesté divine. Toute la physionomie de notre religion dépend de l'idée que nous avons de Dieu et de l'attitude que cette idée nous fait prendre en face de lui. Dieu dans la loi nouvelle, ne nous a pas écrasés sous un fardeau de prescriptions rituelles multiples, parce qu'il a cru que la charité suffirait à régler notre attitude devant sa Beauté. H est des délicatesses qu'on ne s'attend pas à rencontrer chez des esclaves, mais qu'on peut s'étonner de ne pas trouver chez des fils. Nos satisfactions doivent se faire spontanément, avec une âme libérale, dans un empressement de foi et de charité. Elles doivent être accomplies sur-le-champ, sans contestation avec soi-même, sans plaidoirie secrète. Rien de meilleur pour affiner la conscience que ces réparations généreuses pour des fautes menues et de fragilité. N. B. Père prononce que celui qui n'aura pas voulu s'infliger à lui-même le châtiment et corriger sa négligence par un acte d'humilité, encourra une peine plus sévère (1). Puisqu'il déchoit volontairement de sa qualité de fils pour retourner à des dispositions serviles, on le traitera comme l'esclave qu'il veut être, et il n'y gagnera rien.

Infantes vero pro tali culpa vapulent. Nous savons qu'il y avait des enfants au monastère, qu'Us étaient de vrais rehgieux, qu'ils assistaient à tous les offices. La Règle vient au secours d'une conscience qui n'est point encore pleinement développée, et stipule que leurs fautes de chant ou de psalmodie recevront le châtiment des verges (2). Les anciennes Coutumes, celles d'Udalric en particulier (3), décrivent par le menu le procédé de la correction des enfants.

(1) Nisi pro neglegentia praesenti confestim vera humilitaie suhnixius saiisfacere festinarit (Cass., Inst., III, vu).

(2) Il vaut mieux interpréter le pro tcdi culpa de toute faute commise par l'enfant dans le chant ou la psalmodie, que de la faute commise en ne s'humiliant pas,

(3) Consu£i. Clun., 1, III, c, vin et x»

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