DE CEUX QOI MANQUENT EN QUELQUE AUTRE CHOSE
ils ne découvriront à personne ni ne publieront la faute accusée (1). Ces deux chapitres que nous terminons, outre leurs enseignements formels, ont encore cet intérêt de nous montrer l'économie de notre vie monastique au point de vue de la culture intérieure de l'âme. Nous n'appartenons point à une vie active, il n'y a point deux parts dans notre existence. Le fait d'avoir rompu définitivement avec le monde supprime pour nous bon nombre de dangers. Nous sommes en relation habituelle avec le Seigneur et les choses saintes, comme enveloppés toujours dans un parfum d'ence is. Les heures de travail elles-mêmes doivent nous rapprocher de Di-eu ; elles n'émiettent pas notre attention. Et voici, de plus, que notre vigilance s'exerce d'une manière continue tout le long du jour ; voici qu'elle nous oblige à réparer sur l'heure, et à expier devant nos frères, absolument toutes les infidélités de détail auxquelles succombe la nature. Tout cela, qu'est-ce autre chose qu'un examen de conscience, non pas à heure fixe et de quelques instants, mais perpétuel, mais assidu, ne laissant rien à l'oubli? Que les hommes noyés dans les soucis et les périls de la vie apostolique, toujours exposés, dans l'entrain même de l'action, à franchir les bornes, à trop condescendre au tempérament, que de tels hommes s'arment de multiples et minutieux examens de conscience, c'est justice et prudence tout à la fois. Mais N. B. Père a pourvu autrement, sur ce terrain, aux exigences de notre âme. Les enquêtes interminables que nous ferions sur nous-mêmes n'auraient d'autre résultat que de grossir notre importance, de nous épuiser, de nous troubler, peutêtre même d'empoisonner notre vie. Remplaçons donc ces recherches superflues par la régularité, par la fidélité absolue, par une perfection de charité, par l'adhésion tranquille à Dieu.
(1) La meilleure leçon semble bien être celle-ci : Qui sciant curare et sua et aliéna vulnera, mn deiegeie et puUicare,