CHAPITRE LI des frères qui vont en des lieux peu éloignés
De fratribus qui non satis longe proficiscuntur. — Fratres qui pro quovis responso proficiscuntur, et ea die sperant reverti ad monasterium, non praesumant foris manducare, etiamsi a quovis rogentur : nisi forte eis ab Abbate suo praecipiatur. Quod si aliter fecerint, excommunicentur.
Le titre nous renseigne insuffisamment sur l'objet réel de ce char pitre : alors que le chapitre précédent traçait aux moines une ligne de conduite relativement à l'office divin, celui-ci leur indique ce qu'ils doivent faire pour les repas.
H s'agit de frères envoyés régulièrement pour traiter une affaire quelconque, 'pro quovis responso (1). Saint Benoît passe sous silence le cas des moines qui voyagent au loin : évidemment, ceux-ci devront accepter l'hospitalité qu'ils trouveront en chemin. Ou bien ils emporteront des provisions : il le fallait bien au désert ; encore le soleil épuisait-U parfois les outres, comme pour ces frères qui allèrent visiter saint Antoine ; parfois aussi, c'était l'âne chargé des vivres qui crevait en route (2).
Toutes les fois que les moines verront la possibilité de rentrer le jour même au monastère, ils se garderont de s'asseoir à la table des séculiers. Et saint Benoît prévoit les excuses des voyageurs : « Mais la route est dure 1 II fait si chaud 1 On a insisté si vivement ! N'étaient-ce point des gens de condition, des personnes pieuses? » Non, rien de tout cela ne suffit : etiam a quovis rogentur (3). Pourtant, il n'est pas impossible que
(1) Voir le chapitre lxvi.
(2) S. Athanasii Vita 8. Anton., 64. P. G., XXVI, 919-922. — Verha Seniorum i Vitae Patrum, V, x, 2. Rosweyde, p. 696. — S. Pach., Reg., liv.
(^) Un trait de la Vie de saint Benoît peut servir de commentaire à ce chapitre I S. Grec. M., Dmi., 1, II, c, xii»