‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 142 sur 171 · DES PRÊTRES QUI VOUDRAIENT SE FIXER DANS LE MONASTÈRE 47S · texte numérisé non relu

DES PRÊTRES QUI VOUDRAIENT SE FIXER DANS LE MONASTÈRE 47S

existi? se demandait souvent saint Arsène (1). Saint Bernard, à qui l'on rapporte communément cette apostrophe, n'a donc fait qu'imiter les anciens (2).

Concedatur eî tamen post Abbatem stare, et benedicere, autMissamtenere, si tamenjusseritei Abbas; sin alias, nuUatenus aliqua praesumat, sciens se disciplinae regulari subditum, et magis humilitatis exempla omnibus det.

L'intégrité de la vie monastique étant sauvegardée par les mesures qui précèdent, N. B. Père en propose d'autres qui ont pour dessein d'honorer le sacerdoce : tout est laissé, du reste, à l'appréciation de l'Abbé. Celui-ci peut donner au prêtre (et probablement, dans la pensée de saint Benoît, dès son entrée) une place supérieure : « après l'Abbé », peut-être même avant le Prieur et les doyens du monastère, s'ils ne sont pas prêtres ; s'il y a d'autres prêtres plus anciens, le nouveau venu prend évidemment son rang d'ancienneté monastique. Benedicere, c'est donner les bénédictions régulières au cours de l'office (ou au réfectoire pour le repas et la lecture). Missam (ou Missas) tenere, c'est célébrer la Messe ; selon D. Calmet, qui a toute une petite dissertation sur le sujet, ce pourrait être aussi « présider au chœur et réciter la dernière collecte ». Pour le reste, les prêtres suivaient le régime de leurs frères du noviciat : car on ne les dispensait pas, sans doute, du noviciat régulier ; et U est à noter que saint Benoît ne signale que des préséances liturgiques. Selon les coutumes monastiques postérieures, les prêtres étant d'ailleurs plus nombreux, les novices prêtres étaient parfois réduits à la communion laïque ; et lorsque, après leur profession, on les admettait à l'honneur de célébrer, ce n'était pas sans un sérieux examen préalable.

Quand l'Abbé, dit saint Benoît, ne jugera pas à propos d'autoriser ces exceptions, il ne restera au prêtre que le droit de demeurer dans le rang, sans tenter de rien exercer des fonctions sacrées. Il se rappellera qu'il est soumis à la loi commune ; il possédera dans l'humilité la grâce de son sacerdoce, lui que le sacrifice de l'autel a si souvent mis en face de l'humilité de Dieu même. N'est-il pas notoire que ceux qui reçoivent bien la grâce, la reçoivent de telle

(1) Verba Seniorum : Vitae Patrum, V, xv, 9. Rosweyde, p. 621. — S. Jean Ctihâque cite aussi VAmice, ad quid venisH? que doit se dire le moine tenté d'instabilité (Seala, gradua iv. P. G., LXXXVIII, 724).

(2) Vita, 1. I, c. IV. P. L, CLXXXV, 238.

sorte qu'elle leur souligne davantage leur néant? Chaque bienfait de Dieu les surprend. C'est à l'heure même oii la maternité di^^ine élève Notre-Dame au-dessus de toute créature, qu'elle se reconnîût seulement la petite servante du Seigneur. Plutôt que le spectacle attristant d'une ridicule suffisance, tous attendent donc du prêtre des exemples d'kumilité^

Si forte ordinationis aut alicujus rei causa fuerit in monasterio, illum Jocum altendat, quando ingressus est in monasterium, non illum qui ei pro reverenlia sacerdotii concessus est.

Ce passage est on peu énigmatique et a été très diversement interprété. On peut l'entendre comme il suit : si une char^ importante du monastère devient vacante, s'il est question par exemple d'instituer, d' « ordonner » (au sens où saint Benoît prend oe terme) l'Abbé ou le Prieur, le prêtre ne s'imaginera pas que la place lui revient de droit. De même, si quelque autre décision importante doit être prise dans le monastère, ou si le l'hapitre délibère sur un point proposé par l'Abbé, le prêtre ne se croira pas l'honmie indispensable, ni ne proposera son avis avec le ton d'un maître, sous prétexte qu'il est plus cultivé, plus expérimenté que les autres. Saint Benoît calme d'un mot ces mouvements de nature : le prêtre reg^dera comme sien le rang qu'il aurait dû occuper, au chœur et partout dans la communauté, à raison de la date de son entrée, et non pas le rîmof que l'Abbé lui a librement accordé par respect pour son sacerdoce, et qu'il peut toujours lui returer. Hormis ces privilèges piévus, il gardera son rang d'andenneté monastique. N. B. Père le répétera presque dans les mêmes termes au chapitre LXU : Loeum vero iUwïi semper attentat, gno ingressus est monasterium, praeter officium dtaris, et si forte electio congregationis et voluntas Abbatis pro vitae merito eum promwere voluerU. Le conseil n'a pas cessé d'être opportun : se tenir à son rang de profession ; n'est-ce pas même comme une r^le générale de spiritualité? Au cours de toute notre vie, et quelques distinctions qui nous honorent, nous devons nous replacer, en face de Dieu, dans la situation qui nous appartient de droit et que nous connaissons bien : la dernière, le néant.

Clericorum autem si quis eodem desiderio monasterio sociari voluerit, loco mediocri coUocetur, et

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