‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 151 sur 171 · DES FRÈRES QUI VONT EN VOYAGE · texte numérisé non relu

DES FRÈRES QUI VONT EN VOYAGE

Il y a un lien entre le chapitre LXVI et le premier de ceux qu'une critique avisée regarde comme additionnels. N. B. Père prévoit qu'il sera quelquefois nécessaire aux moines de franchù* la clôture matérielle et de partir en voyage ; même alors, il veut qu'une clôture spirituelle les enveloppe et les protège, il veut que le monastère les accompagne, pour ainsi dire, perpétuellement. Telle est la préoccupation qui a dicté toutes les dispositions de ce chapitre : leur caractère et leur multiplicité montrent jusqu'à quel point saint Benoît redoutait pour ses fils les sorties, même régulières. Déjà, aux chapitres L et LI, il a parlé des moines voyageurs, brièvement et seulement pom* rappeler leurs obligations au sujet de l'office divin et des repas ; au chapitre LV c'est de leurs vêtements qu'il a été question ; ici, le point de vue est différent. Nous remarquerons enfin qu'il s'agit des moines qui entreprennent un vrai voyage, non pas de ceux qui s'absentent pour quelques heures seulement.

De fratribus in via directis. — Dirigendi fratres in via, omnium fratrum vel Abbatis orationi se commendent : et semper ad oralionem ultimam operis Dei commemoratio omnium absentium fiât.

Saint Benoît admet donc qu'un moine, sans violer pour cela ipso facto son vœu de stabilité, puisse entreprendre quelque voyage. Encoro faut-il qu'il soit régulièrement envoyé : dirigendus. Les intérêts spirituels ou financiers du monastère, l'apostolat, les messages à transmettre aux princes, aux évèques, aux Abbés, l'assistance aux conciles et, par exception, une visite à la famille : voilà quelques-uns des motifs qui pouvaient décider l'Abbé à imposer cette difficile obédience (1). Même aujourd'hui que les voyages s'exécutent plus rapidement, un homme qui a le sens

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