‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 26 sur 171 · Et quod sibi quis fieri non vult, alii non faciat · texte numérisé non relu

Et quod sibi quis fieri non vult, alii non faciat

Du troisième au septième instrument nous avons l'analyse négative du précepte de la charité. Aimer le prochain, c'est le respecter dans sa personne et dans sa vie, dans la personne de qui lui est uni par le mariage, c'est le respecter dans ses biens ; le désir même de lui nuire 3st interdit ; et il est moins légitime encore de mettre en mouvement contre lui la force sociale au moyen de faux témoignages. On pourrait se demander comment de tels avertissements peuvent convenir à des religieux. Mais il faut se souvenir que saint Benoît énumère simplement les points élémentaires de la morale chrétienne ; qu'un moine n'est jamais dispensé d'y être attentif ; qu'il peut se rencontrer, même dans un monastère, des formes diminuées de ces vices odieux, et qu'après tout l'histoire monastique a enregistré quelques forfaits du genre de celui dont N. B. Père lui-même faillit être la victime à Vicovaro.

Les instruments huitième et neuvième nous donnent l'analyse positive du précepte. Mais alors que la loi mosaïque et l'Évangile, auxquels sont empruntés les cinq instruments qui précèdent, ajoutaient la recommandation d'honorer son père et sa mère, saint Benoît, qui s'adresse à des moines séparés de leurs parents, emprunte à saint Pierre la formule plus générale d'honorer tous les hommes. H nous rappelle ensuite quelle doit être la mesure de notre charité ; c'est la « Règle d'or », qu'il citera de nouveau a IX chapitres LXI et LXX, et toujours sous forme négative. Nous la trouvons exprimée sous forme positive dans saint Matthieu (vu, 12) et dans saint Luc (vi, 31) ; mais elle est de forme négative dans Tobie (iv, 16), dans certains manuscrits anciens des Actes (xv, 20 et 29), dans la Doctrine des Apôtres et chez plusieurs Pères de l'Église. Il semble que saint Benoît cite plutôt d'après le texte des Actes ou d'après les Pères que d'après Tobie, à moins qu'il ne s'agisse simplement d'un proverbe, gravé dans la mémoire de tous et d'usage courant (1).

(1) Voir l'article de D. Butler, dans The Journal of Theol. Stud., Janaazy 19101

10. Abnegare semetipsum sibi, ut sequatur Chri- 8tum(MATTH., XVI, 24; xix, 16 sq.).

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