IV INTRODUCTION
fidèle (1) qui fut très répandue, représenterait une seconde et définitive rédaction . Wôlfflin, dans la Préface de son édition de la Règle, émet l'hypothèse de trois ou môme de quatre rédactions.
Il est sûr que saint Benoît ne composa pas sa Règle tout d'un trait ; les chapitres LXVII-LXXIll sont additionnels ; le Prologue a été écrit probablement en dernier lieu. Mais, selon l'opinion qui prévaut de plus en plus, les manuscrits ne nous révèlent point l'existence de plusieurs éditions de la Règle données par saint Benoît lui-même. Traube, Plenkers, D. Butler ont démontré que le texte des plus anciens œdices qui nous restent est en réalité un texte amendé et interpolé. C'est à la double tradition carolingienne et cassinienne qu'il faut demander « le texte pur et normal » : surtout au Sangallensis 914, transcrit, dans les premières années du neuvième siècle, sur la copie envoyée à Charlemagne. D. Morin a donné de ce manuscrit une édition diplomatique, et D. Butler Ta pris comme base de son travail. Le texte que nous commentons est une vulgate, un texte remanié parallèlement à celui des plus anciens œdices; D. Butler trouve des traces de ce textîis reœptus dès le huitième siècle; c'est lui que reproduisent la plupart des manuscrits des dixième, onzième, douzième siècles et des éditions imprimées. Rappelons enfin que saint Benoît écrivait dans la langue vulgaire parlée dans la région du Cassin, au sixième siècle : notre texte ne donne qu'une grammaire et une orthographe retouchées. Nous n'avons pas encore l'édition philologique définitive.
Il est d'un intérêt extrême d'assister à la genèse de la Règle, d'examiner en détail comment elle se réclame du passé et comment elle est novatrice. C'est pour faciliter cette tâche que D. Butler a rassemblé et transcrit, au-dessous du texte de saint Benoît, ses principales sources :
Cassin de Léon d'Ostie, 1. I, 48 (P. L., CLXXIII, 556). Ce dernier raconte que l'autographe fut détruit dans l'incendie du monastère de Teano, en 896.
(1) Cf. Pauli Diacoki Epist. I (P. L., XCV, 1585). Cette copie n'existe plus.