INTRODUCTION V
nous avons pu ainsi ajouter quelques références à celles que nous avions recueillies déjà. Saint Benoît cite souvent saint Augustin, plusieurs fois saint Jérôme; il a lu saint Cyprien, saint Léon, Sulpice Sévère. Les réminiscences des Institutions et des Conférences de Cassien sont perpétuelles (1). De multiples emprunts sont faits aux deux recueils des Règles de saint Basile : Regulae fiiskis iractatae, Regulaebrevius tractatae, ou plutôt à la réduction et à la fusion opérées par Rufin, leur traducteur latin. Saint Benoît reproduit maint passage de la Règle de saint Pacôme traduite par saint Jérôme. Il cite les Règles de saint Césaire Ad monachos ei Ad virgines; la Règle de saint Macaire d'Alexandrie ; les deux premières Règles dites des saints Pères; la Règle Orientale; la Doctrine de saint Orsiesius, etc. (2). Il connaissait aussi différents recueils hagiographiques groupés depuis sous le titre générique de Vitae Patrum : Vie de saint Antoine, Histoire Lausiaque de Pallade, Histoire des moines d'Egypte traduite par Rufin, Verba Seniorum; etc. (3).
Un mot maintenant des principaux commentaires. Le plus ancien qui nous soit parvenu est probablement celui de Paul Diacre, identifié d'ordinaire, mais sans que la chose soit absolument démontrée (4), avec Paul Warnefrid, l'historien des Lombards, moine du Cassin vers la fin du huitième siècle. Le commentaire du Franc Hildemar ne serait guère, selon Traube, que la reproduction un peu développée du précédent. Comme celui de Smaragde, abbé de Saint-Mihiel, le commentaire
(1) Nous citerons Cassien d'après l'édition de Michael Petsghenig, vol. XIII (Conlationes) et XYII {De institutis coenobiorum) du Corpus scriptorum ecdesiasticorum latinorum de Vienne. Mais on fera bien de ne pas négliger le commentaire de l'ancien éditeur Dom Alard Gazet, P. L., XLIX. Ces deux ouvrages de Cassien ont été traduits en français par E. Cartier.
(2) Nous citerons toutes ces Règles d'après le Codex Regularum de S. Benoit d'Aniane, édité par Holstenius (Paris, 1663); de même les Règles postérieures à saint Benoît, en particulier la curieuse Règle anonyme dite Règle du Maître (VIP s.).
(3) Pour simplifier, nous emprunterons les documents relatifs aux Vitae Palrum à l'édition de Rosweyde (1615). Le texte grec de l'Histoire Lausiaque ne devrait plus être cité que dans l'édition de D. Butler (vol. VI de la Collection Texts and Studies, Cambridge, 1904); il a été traduit en français par A. LucoT (Paris, 1912).
(4) Cf. D. Butler, Sancti Benedicti Régula Monachorum, Prolegom., p. xvii.