Malum vero semper a se faclum sciai, et sibi reputet
Ces préceptes sont destinés à nous prémunir contre l'orgueil secret qui naît en nous lorsque nous avons fait le bien ou évité le mal. H faut savoir à qui attribuer, en dernière analyse, l'honneur de nos vertus et
8î COMMENTAIRE SUR LA RÈGLE DE SAINT BENOIT
l'ignominie de nos vices. C'est une tendance trop habituelle à l'homme de n'assumer que la responsabilité du bien qui est en lui et de s'en décerner la gloire ; de plus, à une époque voisine du pélagianisme ou du semi-pélagianisme, il n'était pas superflu de rappeler brièvement la doctrine de la grâce et celle du libre arbitre ; saint Benoît l'a fait déjà dans le Prologue. Ici, il proclame que toute la force et la confiance de l'homme sont en Dieu et non en soi : Mihi adhaerere Deo honum est, poncre in Domino Deo spem meam; que l'homme déchu ne peut revendiquer comme Biens que le mal et le péché (1).