TI INTRODUCTION
d'Hildemar a été composé dans la première moitié du neuvième siècle. Bernard du Cassin au treizième siècle, Pierre Bohier au quatorzième expliquent aussi la Règle (l).En 1638, D. Hugues Ménard publie, avec d'abondantes et savantes notes, la Cmcordia Regularum de saint Benoît d'Aniane, le grand réformateur monastique du début du neuvième siècle (2). Mais les commentaires les plus complets sont encore ceux de D. Mège et de D. Martène, au dix-septième siècle, et surtout celui de D. Calmet, au siècle suivant. D. Mège et D. Calmet ont écrit en français ; et ce dernier donne une « liste alphabétique des auteurs qui ont écrit sur la Règle de saint Benoît » , avec des « remarques critiques sur les règles des religieux et chanoines. » Le seul commentaire français de quelque étendue qui ait paru depuis est VExpliciUion ascétique et historique de la Règle de saint Benoit, par un Bénédictin (1901).
L'autorité Apostolique ayant constitué la Congrégation de France héritière de Cluny et de Saint-Maur, nous avons un motif tout spécial d'être attentifs aux coutumes de ces deux familles. Le plus ancien recueil qui contienne les Us de Cluny est le coutumier de Guy de Farfa ; vient ensuite VOrdo Chtniacensis de Bernard ; enfin les Antiquiores consueiudines Cluniacenses d'Udalric, que reproduisent, avec quelques modifications, les Constitutiones de Guillaume d'Hirsauge : tous ouvrages du onzième siècle (3). On pourra recourir aussi habituellement
(4) Le commentaire de Paul Wabneprid a été édité au Mont-Gassin, en 1880; celui d'HiLDEMAR par D. MittermOller, à la suite du livre 11 des Dialogues de S, Grégoire et de l'édition Schmidt de la Règle, chez Pustet à Ratisbonne, en 4880 également ; Smahaode est reproduit dans le tome Cil de la Patrologie Latine de Migne (voir L. Barbeau, Essai critique sur la vie et les œuvres de Smaragde, Ecole des Chartes, Positions des thèses, 4906, p. 1-6) ; Bernard du Cassin a été édité au Mont-Cassin par D. Caplft, en 4894; Bohier à Subiaco par D. L. Allodi, en 4908.
(2) Sur les manuscrits des deux ouvrages de saint Benoît d'Aniane et sur l'édition des anciennes Règles monastiques latines que prépare l'Académie de Vienne, voir H. Plenkers, Untersuchungen xur Ueberlieferungsgeschichtc der àltesten lateinischen Mônchsr^geln, Munich, 4906.
(3) Les Coutumes d'IIOALRic ont été é Utées par I). Luc d'Achkry dans son Spicilège, et reproduites par Migne au tome CXLIX de sa P. L. Les autres coutumiers se trouvent dans la Vêtus disciplitia monastica de D. Herrgoït;
INTRODUCTION vu
aux Disquisitiones monasticae de D. Hœften (1644) et au De antiqiiis monachorum ritibus de D. Martène; de même, aux Acta Sanctorum Ordinis S. Benedicti et aux Annales de D. Mabillon (1).
Ni la curiosité, ni la science historique ne sont les premières intéressées à ces études : il s'agit des âmes, il s'agit de vie surnaturelle. C'est par une communion constante avec la pensée maîtresse de saint Benoît et avec l'esprit des meilleurs de sa race que les fils de D. Guéranger ont chance d'entretenir chez eux le véritable tempérament monastique.
ceux de Farfa et d'Hirsauge au tome CL de la P. L. — DomB. Albbbs a réédité en 1900 au Mont-Cassin les Consuetndines Farfenses au premier volume de ses Consuetiidines monasticae; dans le second volume il donne des Consuetudines Cluniacenses antiquior es, qui seraient, selon lui, réellement les plus anciennes connues, et dont une portion pourrait même dater de saint Benoît d'Aniane. (i) Nous citerons le De ont. monach. rit. d'après l'édition d'Anvers, 1738; le De ant. Eccl rit. d'après l'édition d'Anvers, 1736; les Annales de Mabillon d'après l'édition de Lucques, 1739-1745; les Acta SS. 0. S. B. selon l'édition de Venise, 1733.