COMMENT CÉLÉBRER LES VIGILES DU DIMANCHE
leçons avec leurs répons respectifs. C'est au quatrième répons seulement, et non plus au troisième, que le chantre ajoute Gloria et que tous se lèvent aussitôt avec respect. Saint Benoît ne dit pas à quelle source on puisait les leçons, mais Û est permis de conjecturer que c'était à l'Écriture, peut-être à l'Ancien Testament.
Post quas Lectiones sequantur ex ordine alii sex Psalmi cum Antip bonis, sicut anteriores, et Versus. Post quos iterum legantur aliae quatuor Lectiones cum Responsoriis suis, ordine quo supra.
Le second nocturne suit sans intervalle le premier et débute par le chant de six nouveaux psaumes, pris à la suite dans le Psautier. Ils ont leurs antiennes, comme les précédents, à la différence des psaumes du second nocturne férial, qui sont chantés cum Alléluia. Après le verset, quatre autres leçons avec leurs répons, ordine quo supra, à la manière indiquée plus haut, c'est-à-dire avec un Gloria à la fin du quatrième, tous les moines s'étant levés. Ces leçons sont empruntées probablement aux Pères de l'Église.
Post quas iterum dicantur tria Cantica de Prophetis (1), quae instituerit Abbas ; quae Cantica cum « Alléluia » psallantur. Dicto etiam Versu, et benedicente Abbate, legantur aliae quatuor Lectiones de novo Testamento, ordine quo supra.
H y a un troisième nocturne. Mais, afin de ne pas dépasser le nombre sacré des douze psaumes, c'est aux cantiques prophétiques de l'Ancien Testament que N. B. Père demande la matière de la psalmodie. L'Abbé les choisira à son gré, soit parmi tous ceux de la Bible, soit parmi ceux dont les liturgies font usage. Car l'usage de ces cantiques est bien antérieur à saint Benoît, sinon chez les moines, du moins dans beaucoup d'églises d'Orient, dans celles de Milan, de Rome, etc. L'antienne Alléluia accompagne les cantiques ; elle est donc toujours réservée pour le dernier acte de la psalmodie. On dit le verset ; l'Abbé bénit le lecteur, comme il
(1) Saint Benoît a probablement écrit de Prophetarum, de Evangelia (de même aux chap. XII, XIII, xvii). Sic cmnes fere codices antiqui : hi erant tituli voluminum S . Scripturarum (D. ButivER, op. cit., p. 133).
l'a béni deux fois déjà peut-être, au eommeneement des kettures de ehsbqne nocturne ; puis on lit quatre leçons du Nouveau Testaaneat (Actes on Épîtres), avec leurs répons et le Gloria au quatrième : ordine qm supra.
Post quartum autem Responsorium, incipiat Abbas Hymnum « Te Deum laudamus ». Quo dicto, légat Abbas lectionera de Evangelio, cum honore et tremore stantibus omnibus. Qna perlecta, respondeant omnes : « Amen ». Et subsequatur mox Abbas Hymnnm « Te decet laus ». Et data benedictione incipiant Malulinos.
C'est la solennelle conclusion de Toffice de nuit. L'Abbé entonne le Te Dmm (1). L'ordre des lectures adopté par saint Benoît était admirable ; c'était en passant par l'Ancien Testament, par les Pèies, par les écrits apostoliques, qu^on arrivait finalement à l'ÉvangUe, à la voix même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, au point culminant de l'office. Tout le monde était debout, une crainte religieuse planait sur toute l'assistance : cum honore et tremore stantïhus omnibus. L'Abbé, parce qu'il tient dans le monastère la place du Christ, lisait lii même la parole du Christ. Mais, s'il lisait seul, la communauté s'associait à lui dans l'unanime proiession de foi par laqiïelle se terminait la lecture. Des liturgistes pensent que le passage évangélique choisi était celui-là même qui était propre au dimanche ou à la fête et que l'on chantait à la Messe du jour.
Aussitôt l'Évangile terminé, l'Abbé entonne l'hymne Te decet laits; on la trouve au livre VII des Constitutions Apostoliques. Mais quelle est cette a bénédiction » dont parle ensuite K B. Père? Nous savons, par des documents tels que les Constitutions Apostoliques et la Peregrinaiio Euéheriae, que les principaux offices liturgiques s'achevaient par des litanies et prières pour tous les besoins des fidèles, par ime oraison de Téveque, accompagnée ou suivie de sa bénédiction, enfin par la formule du renvoi. Les textes de saint Benoît rappellent tous ces usages. Pariant de ta conclusion des offices, il meiitiomie tantôt la suppUeatio Uianiae, id est Kyrie eleison (IX, XIII), les litaniae (XII) ; tantôt simplement la Ihœàidiovb (XI) ; tantôt Kyrie eleison et missae sint (XVII) ; tantôt Uianiae ei GraMo dominiea et fiant missae {ibid.)\ pour Compiles enfin : Kyrie eleison et henediciio et missae fiant (ihid.) ; au chapitre LXVII, il écrit : Et semper ad orationem uliimam operis Dei commemoratio omnium abserir
(1) Snr Ilnstoire du Te Deum, voir le travail da D. Caûin, Te Deum ou llktiio?