‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 52 sur 171 · COMMENT CÉLÉBRER LES VIGILES DU DIMANCHE 1T · texte numérisé non relu

COMMENT CÉLÉBRER LES VIGILES DU DIMANCHE 1T

tmm fiai. N. B. Père fait allusion à des rites connus et ne croit pas nécessaire de préciser davantage. Pealrêtre entend-il désigner la conclusion tout entière d'un office lorsqu'il rappelle seulement l'un des éléments qui la composent, la litanie, par exemple, ou la bénédiction ; à moins que poiir saint Benoît la bénédiction qui termine la Vigile ne soit simplement une collecte, ou un Benedicamus Domino développé (1). Quant au terme missay il a chez les anciens des significations multiples, encore que très apparentées ensemble : il signifie le congé donné aux fidèles, la formule de ce congé, l'ensemble des prières par lesquelles s'achève une fonction liturgique, l'office canonial lui-même, la Messe enfin. N. B. Père, comme Cassien, prend le mot missae selon des acceptions diverses (2) : tantôt il est synonyme de completum est, tantôt peutêtre des prières qui terminent l'office, tantôt enfin du saint sacrifice de la Messe (chap. XXXV, XXXVIII et LX) (3).

Et data henedidione incipiant Matutinos, en ménageant d'ailleurs entre l'office de nuit et le premier office de Jour le panissimum intervallum dont il est parlé au chapitre VIIL Même le dimanche, et en toute saison, les moines peuvent alors sortir un instant, comme le laisse clairement entendre le début du chapitre XIII : Diehus 'privatis... sexagesimus sextus psalmus dicalur sine Antiphona in diredum, suUrahendo modice, sicut in Dominica, ut omnes oceurrant ad quinquagesimum.

Qui ordo Vigiliarum omni tempore, tam aestatis qnam hiemis, aequaliter in die Dominico tenealur : nisi forte (quod absit) tardius surgatur, quia (une aliquid de Lectionibus breviandum est, aut Responsoriis. Quod tamen omnino caveatur, ne proveniat. Quod si conligerit, digne inde satisfaciat Dec in oratorio, per cujus evenerit neglectum.

Tout est clair, grâce aux explications qui précèdent. La distribution de la Vigile dominicale reste invariable en été comme en hiver. On se lève

(1) D. Placide de Meester émet l'hypothèse que cette bénédiction, comme celle qui précède les lectures, soit une formule de louange, de bénédiction à Dieu, une acclamation analogue à celles par lesquelles, dans le rit grec, débutent certains offices ou qui forment transition entre deux parties d'un même office {L'office décrit dans la Règle bénédictine et l'office grec : Echos d'Orient, 10<= année, n» 67, novembre 1907, p. 342-344).

(2) Voir D. Calmet, Comment, sur le chap. xvii.

(3) Cf. D. BÀUMER, Ein Beitrag zur Erklârung von Litaniae und Missae in cappi 9-17 der heiligen Regel (dans Studien und Mittheilungen aus dem Benedictiiier- und dem Cistercienser-Orden, 1886, t. II, p. 285 sq.). — Chez S. Césaibe et S. Aurélien missa a encore le sens de lecture, de leçon.

assez tôt pour que l'office puisse se dérouler avec dignité et intégralement jusqu'au jour ; il doit être achevé avant l'aurore. La quantité des lectures eUes-mêmes est déterminée d'avance, au moins d'une façon générale, par la coutume et par la volonté de l'Abbé. Postérieurement à saint Benoît, nous voyons le chantre ou tout autre personnage compétent prévoir ces lectures ; quelques-uns marquent sur le manuscrit le commencement et la fin des leçons au moyen d'une goutte de cire ou par un coup d'ongle; ou bien le supérieur apprécie lui-même, séance tenante, la mesure qui convient ; puis il impose silence au lecteur par un procédé quelconque, par le Tu autem dont nous avons parlé, voire sono gvituris, comme le faisait Charleraagne (1).

N. B, Père ne prévoit qu'une circonstance où il y aurait lieu de retrancher quelque chose à la quantité normale des leçons et des répons, mais non pas de la psalmodie ou des autres pièces : c'est le cas où le signal du lever aurait été donné trop tard (2). Le dimanche obligeant à se lever plus tôt, c'était ce jour-là aussi que l'erreur pouvait le plus facilement se commettre. Mais saint Benoît demande qu'on veille soigneusement à ce qu'un aussi grave désordre ne se produise jamais ; et il astreint à une satisfaction publique, dans l'oratoire, celui dont la négUgence aurait frustré le Seigneur d'une part de la prière commune.

(1) De gesiis Caroli Magni, L I, c. vii. P. L., XCVIII, 1376.

(2) Une décision analogue à celle de saint Benoît est indiquée par S. Césaire : Si vero evenerit ut tardius ad vigilias consurgant, singulas paginas, aut quantum Abbatissae visum fuerit, legant; in cu/ms potestaie erit, ut quando signum fecerit, quae legit, sine mora consurgat {Reg. monasterii sanctae Caesariae, Acta S S., Jan. t. I, p. 736). — Selon les Us de Cîteaux, si l'on s'est levé trop tôt, le chantre doit faire prolonger la douzième leçon.

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