COMMENT CÉLÉBRER LES VIGILES AUX FÊTES DES SAINTS 19I
à la fête et désignés par l'usage et la volonté de l'Abbé, mais en contestant que les psaumes aient nécessairement la condition des éléments avec lesquels ils sont énumérés : saint Benoît aurait voulu simplement, dans cette clausule, distinguer la liturgie festive de la liturgie dominicale, sauf pour chacun de ces éléments à être déterminé par le procédé qui lui convient. Par malheur, dans cette explication, Vad ipsum diem a un sens indécis ou plutôt un double sens, puisqu'il signifie tantôt la férié et tantôt la fête.
Peut-être vaut-il mieux admettre qu.e psaumes^ antieiwies et leçons sont de la fête. Il en allait de même dans les liturgies milanaise et romaine, connues de saint Benoît; nos communs des saints, au moins celui des martyrs, ont été originairement des. offices- propres. E'ucheria signale comme intéressante cette coutume de l'église de Jérusalem d'approprier les textes liturgiques au mystère du jour : Hoc autem irder omnia satis 'praecipuum est, quod faciunt, ut psaïmi vel antipTionae apti semper dicantur, tam qui node diemdwr, tam qui eontra mature; tam etiam qui per diem vel secstsi aut ncma vet^ ad lueernare semper ita apti et iia mtionahiles ut ad ipsam rem pertineojnt, quae agitur (1). D'après lia Règle dm monastère de sainte Césarie, certaines leçons, nous l'avons vu,, sont empruntées à la Passion des martyrs dont on célèbre la fête ; le même document contient la disposition suivante : Cunctis MeHus festis ad Duodecimam psalmi qui ad TerUam dicenâi sunt, antipJionae très jungantur, ïectiones vero de re, hoc eai de vpsa festivitâUe dicantur. N'est-iJ pas assez naturel de croire que N. B. Père adopta des usages analoguies? B pouvaié même- prescrire une psalmodie festive sans sacrifier le grand principe du chapitre XVIII relatif à la récitation hebdomadaire du Psautier, puisque les fêtes étaient sdbrs des exceptions et assez- lares-. D coneliit en rappelant que la fo-rme de l'office festif,. son dessin général, le nombre et l'ordonnance de seî éléments doiveiaft, être ceux de l'office domiiiical, quefe que stîient la fête et le joui où eMe toimbe, et ses paiFties propres. On n^e comïaissaît donc pas à l'ori ine les offices featifs k trois leçons.
(1) PeregrinaiiOf p. 60t