CHAPITRE XVri
COMBIEN DE PSAUMES IL FAUT DIRE A CES MÊMES HEURES (DE JOUR) QuOT PSALMI PER EASDEM HoRAS DICENDI SUNT. Jam
de Nocturnis, vel jMatutinis digessimus ordinem psalraodiae; nunc de sequentibus Horis videamus. Prima Hora dicantur Psalmi très sigillatim, et non sub una « Gloria », Hymnus ejusdem Horae post Versum Deiis in adjutorium meum intende antequam Psalmi incipiantur. Post expletionem vero trium Psalmorum, recitetur Lectio una, Versus, et « Kyrie eleison » , et missae sint.
Nous avons déjà réglé, dit saint Benoît, l'ordre de la psalmodie pour les Nocturnes et les Matines; voyons maintenant ce qui concerne les Heures suivantes. Son dessein est d'indiquer le schéma, la forme des offices de jour, en suivant l'ordre selon lequel ils se présentent : la matière de la psalmodie nocturne et diurne fera l'objet du chapitre suivant.
Voici d'abord la composition de Prime : le verset Deus in adjutorium, puis le Gloria, comme il est dit au début du chapitre XVIII, ensuite l'hymne propre à cette Heure. C'est ainsi que débuteront les trois Heures suivantes. De même, la psalmodie de Prime et de ces trois Heures comprendra trois psaumes. Dans les monastères de Palestine, de Mésopotamie et de toute cette région orientale, remarquait Cassien, Tierce, Sexte et None comprennent chaque jour trois psaumes (1); ceux qui ont adopté Prime récitent à cette Heure-là les psaumes l, lxii et lxxxix (2). Le dimanche, ajoute saint Benoît au chapitre suivant, on dira à Prime, par exception, non pas trois psaumes, mais les quatre premières portions du psaume cxvin. Ces psaumes doivent être dits séparé-
(1) Inst, III, III,
(2) Ihid., VI,
ment, chacun avec son Gloria, et non pas réunis sous un seul Gloria, comme, par exemple, les trois derniers psaumes de Laudes. Après la psalmodie, on récite une leçon ; puis viennent le verset, le Kyrie eleison et les missae. Nous avons indiqué plus haut brièvement ce que pouvaient être ces prières finales et les sens divers du mot missa (1). Toute la portion de Prime que nous disons au chapitre (Martyrologe, prières du travail manuel, lecture de la Kègle) date des huitième-neuvième siècles et vient des usages monastiques (2).
Tertia vero, Sexta, et Nona, eodem ordine celcbretur Oratio : Versus, Hymni earumdem Horarum, terni Psalmi, Lectio, Versus, « Kyrie eleison », et missae sint. Si major congregatio fuerit, cum Antiphonis dicantur; si vero minor, in directum psallantur.
La meilleure leçon du début de ce texte est probablement celle que nous venons de transcrire, en plaçant de plus id est avant versvis : la prière, la portion de l'Œuvre de Dieu qui se célèbre à Tierce, celles de Sexte et de None, auront la même forme que Prime, c'est-à-dire comprendront le verset Deus, une hymne propre, trois psaumes, etc. Si la communauté est nombreuse, les psaumes seront dits, aux quatre petites Heures, avec antiennes intercalées ; sinon, on les dira in directum (3). Ces Heures du jour sont brèves, comme il convient pour des hommes qui travaillent ; elles sont simples, de manière à pouvoir être récitées de mémoire, au lieu même du travail (chap. L).
Vespertina autem synaxis quatuor Psalmis cum Antiphonis terminetur, post quos Psalmos Lectio recitanda est, inde Responsorium, Ambrosianum, Versus, Canticum de Evangelio, Litaniae et Oratio Dominica, et fiant missae.
La psalmodie des Vêpres est moins longue que celle du Lucernaire des anciens, des moines d'Egypte (4) et de saint Césaire par exemple ; elle ne
(1) Voir les commentaires de Martène et de Calmet sur ce chapitre xvn<
(2) Cf. D. Bâumer, op. cit., t I, p. 361-362, 374-376.
(3) Voir le commentaire du chapitre ix. p. 168,
(4) Cass , Inst, II, vii