‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 81 sur 171 · DE L'EXCOMMUNICATION DE LA TABLE ET DE L'ORATOIRE · texte numérisé non relu

DE L'EXCOMMUNICATION DE LA TABLE ET DE L'ORATOIRE

Sans doute N. B. Père n'affirme point que des représailles sataniques attendent infailliblement le moine excommunié : mais c'est une menace, un avertissement de ne pas demeurer dans l'impénitence, de ne retomber jamais dans un tel malheur. Car aux âges de foi l'excommunication était considérée comme un suprême péril, et sa seule menace emplissait les âmes d'une terreur religieuse. Mais le sens surnaturel a diminué; et c'est là, avec un incontestable assainissement des caractères, ce qui porte maintenant l'Église et l'ordre monastique à être très sobres d'excommunications ; aussi bien, trop souvent, ceux qui les mériteraient commencent par s'excommunier eux-mêmes.

Cibi autem refectionem solus percipiat, mensura vel hora qua praeviderit ei Abbas competere ; nec a quoquam benedicatur transeunte, nec cibus qui ei datur.

Banni de l'oratoire, l'excommunié est banni à plus forte raison du réfectoire commun. Et la pénitence est plus sévère que dans le cas précédent ; non seulement l'heure du repas est retardée, mais le menu lui-même est simplifié : on fait le siège du rebelle et par l'âme et par le corps. N. B. Père laisse à l'Abbé le soin de déterminer l'heure et le régime. Les frères qui rencontrent l'excommunié ne répondent pas à sa formule de salut, ne lui disent point Benedicite (voir le chap. LXIII). La nourriture qu'on lui donne ne reçoit pas davantage la bénédiction accoutimiée.

Nous verrons au chapitre XLIV la série des expiations par lesquelles doit passer l'excommunié avant d'être réconcilié avec Dieu et avec ses frères.

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