DES OUTILS ET DES BIENS MEUBLES DU MONASTÈRE
•st ici question aient changé périodiquement de titulaires, comme pour le service de la cuisine (chap. XXXV), conformément à cette prescription de saint Pacôme : Omnia ferramenta hehdomade compléta reportahuntur i/n unam domum; et rursus qui succedunt hehdomade singulis domihus noverint quid distribuant (1). Cependant, saint Benoît prévoit que les frères se succéderont dans la garde des choses qui leur ont été confiées ; et comme ils pouvaient être tentés de se renvoyer l'un à l'autre le reproche de négligence, il tient à établir les responsabilités. De tous les objets distribués, l'Abbé, qui n'abdique pas, gardera par devers lui un état, un inventaire, hreve, afin de savoir exactement ce qu'U donne et ce qu'on lui rend. C'est une précaution de bonne et sûre comptabilité. D. Calmet relève avec à propos les analogies qui existent entre les dispositions de N. B. Père et celles des agronomes latms, ColumeUe et Varron.
Dans la troisième et dernière phrase de ce chapitre, N. B. Père prononce qu'un châtiment sera mfligé à ceux qui traitent avec négligence ou malpropreté les meubles du monastère : la réprimande et, si la réprimande n'a pas de succès, l'application des différentes pénalités qui constituent la discipline régulière. Si quis de fratribus aliquid negligenter tractaverit, dit la P® Règle des S8. Pères, partem se hahere noverit cum illo rege, qui in vasis domus Dei sanctificatis cum suis hibehat concubinis, et qualem meruit vindictam (2). Dans le monde, c'est le bien-être de l'individu, le bien-être et l'honneur des siens, c'est le sentiment de la propriété personnelle qui portent au soin de la personne et des biens, aux économies, à l'ordre. Aussi les enfants, parce qu'ils ne prévoient pas, sont-ils rarement soigneux; aussi les communistes et les socialistes, qui attribuent la propriété soit à la collectivité, soit à l'État, résoudront-ils difficilement le problème du travail et de l'épargne. Seule, la vie monastique a trouvé le moyen de supprimer la propriété personnelle et de fournir en même temps au travail, à l'économie et au soin, non pas un motif ou un excitant quelconque, mais le plus puissant de tous : la conviction que nous travaillons pour Dieu et que c'est aux biens de Dieu que va notre respect. Encore est-il indispensable que ces considérations ne demeurent pas dans les hauteurs abstraites, mais se réalisent pratiquement dans la conduite de chacun. Alors ce n'est pas seulement le bon ordre extérieur et l'hygiène qm bénéficient du soin scrupuleux des vêtements, de la personne, de la cellule, des livres, des outils, de toutes choses ; c'est encore l'âme, c'est la délicatesse de la conscience, c'est notre famille surnaturelle, c'est Dieu même.
(1) S. Pach., Reg., lxvi ; cf. xxv, xxvi, xxvu.
(2) C. XII. Et S. Césaire : Quae cellario sive canavae, sive vestihis, vel codidhus, aut posticio, vel lanipendio praeponuntur, super Evangelium claves aceipiant, et sine murmuratione serviant reliquis. Si quae vero vestimenta, calceamenta, utensilia negligenter expendenda vel custodienda puiarint, tanquam inierversores rerum monasterialium severius corriganiur {Reg. ad virg., xxx)*