CHAPITRE PRÉLIMINAIRE—DU MARIAGE
‘“ quence, comme tous les autres contrats, sujet aux lois de la ‘ puissance séculière que Dieu a établies pour régler tout ce
. qui appartient au gouvernement et au bon ordre de la soci-
‘ été civile. Le mariage étant celui de tous les contrats qui ‘“ intéresse le plus le bon ordre de cette société, il est d'autant ‘“ plus sujet aux lois de la puissance séculière que Dieu a ‘ établies pour le gouvernement de cette société.”
‘“ Les princes séculiers ont donc le droit de faire des lois ‘ pour le mariage de leurs sujets, soit pour l’interdire à cer- ‘ taines personnes, soit pour régler les formalités qu'ils jugent ‘ à propos pour le contracter valablement.”
‘ Les mariages que les personnes sujettes à ces lois contrac- ‘ tent contre leur disposition, lorsqu'elles portent la peine de “ nullité, sont entièrement nuls, suivant la règle commune à ‘tous les contrats, que tout contrat est nul lorsqu'il est fait ‘“ contre la disposition des lois. Nullum contractum, nullum ‘ conventum, lege contrahere prohibente.” |
‘ [l n’y a pas en ce cas de sacrement de mariage, car il ne ‘ peut y avoir de sacrement sans la chose qui en est matière. ‘“ Le contrat civil étant la matière du contrat de mariage, il ‘“ ne peut y avoir un sacrement de mariage lorsque le contrat
sion soit inconnue en théologie, et la matière prochaine, c’est la matière en action, considérée dans son application.
La matière éloignée dans le baptême, c’est l’eau considérée abstraitement et la matière prochaine, c’est cette même eau versée sur la tête du baptisé.
Ces termes quoique particuliers à la théologie et étrangers au droit civil, peuvent cependant être appliqués à tous les contrats civils. Ainsi on peut fort bien dire, que dans la vente, la chose vendue est la matière éloignée du contrat, que cette chose considérée relativement à l’obligation que contracte le vendeur de la livrer et l’acheteur de la payer en est la matière prochaine, et que le consentement des contractants au contrat, exprimé par des paroles ou autres signes extérieurs en est la forme. Naturellement les mêmes contractants seraient les ministres de la vente. On peut dire la même chose de tous les autres contrats,
De même dans le sacrement du mariage par lequel les époux s'engagent mutuellement à la tradition réciproque de leurs personnes pour les fins du mariage, et acceptent de chaque côté cette promesse mutuelle, la matière éloignée, c’est la personne des contractants, la matière prochaine, c’est la
‘ civil est nul, de même qu'il ne peut y avoir un sacrement “ de baptême sans l’eau qui en est la matière. * 19.‘ Quelqu'évidents que soient les principes sur lesquels est “ fondé le droit qu’a la puissance séculière d'établir par des & lois, des empêchements dirimants de mariage sans qu’elle ait “ besoïn pour cela du concours ni de l'approbation ecclésias- ‘tique, néanmoins Bellarmin, Bazile Pons, et quelques autres ‘“ auteurs qui voudraient concentrer dans le Pape toute puis- ‘ sance, la spirituelle et la temporelle, ont attaqué dans leurs ‘écrits la puissance séculière sur le mariage.”
“ Leurs arguments sont des plus frivoles. Ils disent : Le ‘“ mariage est un sacrement, et par conséquent quelque chose “de spirituel; or la puissance séculière ne s'étend pas aux “ choses spirituelles; elle ne doit donc pas s'étendre au ma- ‘triage ; C’est donc une entreprise de la puissance séculiète, ‘sur la puissance spirituelle, lorsque les princes font des lois # sur le mariage.” |
tradition et acceptation de ces pérsonnes, la forme, c'est le consentement réciproque exprimé par des paroles ou par d’autres signes extérieurs équivalents, et les ministres du sacrement sont les époux.
Telle est l'opinion de Schmalzgrucber, qui parait avoir rallié à son sentiment l’école, il n’y a pas longtemps encore, partagée sur ce poitit.
Schmal. Jus. Can. De mat. tom. 1v, pars. vi, tit, 1, pag. 136.
Rapprochons les termes de la comparaison, Dans le mariage la matière
éloignée est la personne des époux. La matière prochaine, ces mêmes personnes, objet de la promesse mutuelle d’en opérer la tradition et de l'hcceptation réciproque de ces personnes ; ou la tradition et l’acceptation. Le <onsentement exprimé par des paroles ou autres signes extérieurs équivalents en est la forme, et les époux en sont les ministres. - Dans la vente matière éloignée, chose vendue. Matière prochaïne, cette même chose, objet de la promesse de livrer et de payer ; en d’autrés parolès la tradition et le prix. Forme, consentement exprimé par paroles ou autres signes extérieurs équivalents. Ministre, les contractants.
Qui ne verrait ici une analogie frapparnte entre les deux contrats ?
A cause de la nouveauté du sujet pour la plupart des lecteurs, potursuivons plus loin notre démonstration et demandons à l’ordre matériel d'autres objets de comparaison, qu'il nous fournira facilement, car malgré la différence profonde qui sépare la chose sacrée de la chose profane, le saérement est un signe sensible, et sa matière l’est égalément. Non-setile-
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