Voici comment un auteur Ecossais (1) le décrit: '' Les
" mariages des Amis (Friends) ou Quakers, se fait avec beaucoup
" de décence et de solennité. Avant la cérémonie, l'homme et la
" femme se présentent à une réunion mensuelle de la société,
"et déclarent leur intention de se prendre pour mari et
" femme, si la société n'y a pas d'objection. Les conditions prin-
" cipales exigées pour obtenir le consentement de la société,
" sont les suivantes : lo. Il est de règle qu'un homme ne re-
" cherche pas une femme en mariage, sans avoir au préalable,
" obtenu le consentement de ses propres parents et de ceux de
" la femme ou des tuteurs, mais si l'aveuglement de leur affec-
" tion leur fait oublier l'observance de cette règle, il doit de
" môme que la femme, faire amende honorable de cette offense,
" en confessant leur transgression à la société et en obtenant
" l'assentiment de leurs parents. 2o. Les conjoints doivent avoir
" une même croyance en matière religieuse et ôtre membres de
'^ la société. 3o. Il ne doit pas exister de parenté ou d'affinité
" entre eux dans les degrés prohibés par le Lé vi tique. 4o. Si
" aucun d'eux a donné scandale à leurs amis, il doit confesser
" son offense,
" Si aucune objection n'est alors faite au mariage proposé,
(t) Halkerston Digest of the law of Scotland rclating to marriage, page 73 et suiv.
218 COUrMENTAlBB SUR LB GODE CIVIL.
" avis en est publié dans rassemblée de la société du lieu où " résident ou ont résidé les parties, qui doivent de nouveau " assister à rassemblée mensuelle suivante, devant laquelle, " les personnes nommées pour faire une investigation font " leur rapport, et s'il est favorable, il est loisible aux fiancés '' de procéder à la solennisation de leur mariage, qui est célé- " bré en assemblée ordinaire, un jour de semaine et générale- " ment un jeudi. Vers la fin de l'assemblée, les parties se " tenant debout et se donnant la main, font à haute et intelli- " gible voix, la déclaration suivante : L'homme dit le premier : " Amis, je prends cette femme pour mon épouse, promettant " par le secours de l'assistance divine, de lui être lui mari " affectueux et fidèle, jusqu'à ce qu'il plaise au Seigneur de " nous séparer par la mort. La femme dit à son tour : Amis, " je prends cet homme pour mon époux, promettant moyen- " nant l'assistance divine de lui être une femme aimante et " fidèle, jusqu'à ce qu'il plaise au Seigneur de nous séparer " par la mort." Après cela un ami du mari et de la femme " fait une lecture publique du certificat de maiiage, dans " lequel les noms et descriptions des conjoints ont été insérés " au préalable. Ils signent alors le certificat, le mari le pre- " mier et la femme ensuite, de son nom de fille ; après eux " leurs parents, et ceux des membres présents qui désirent " ajouter leurs noms, mais aucuns ne signent comme témoins. " Ici se termine la cérémonie et l'heureux couple quitte Tas- *' semblée, se donnant le bras, mari et femme, mais sans la " bénédiction d'un prêtre, ou aucune autre cérémonie."
216. Le même auteur donne aussi la description suivante des cérémonies observées dans les mariages Juifs : (1)
" On ne trouve dans la loi de Moyse, aucune cérémonie par- " ticulière, relative au mariage, mais dans la loi des Rabbins^ '" il est clairement démontré, que le mariage peut se célébrer " de trois manières différentes et sans aucune autre cérémo- "nie: lo. Par un don d'argent, ou d*une chose de valeur " équivalente, fait par un homme à une femme, à condition *' qu'elle devienne son épouse. 2o. Par une lettre qui lui est
(1) Pages t30 et 131.
TITRE V. DtJ MARIAGE — CHAPITRE SPÉCIAL — SECT. 2. 219
" adressée, lui promettant de devenir son époux. 3o. En se
" retirant avec elle à condition de devenir son époux. Chacun
"" de ces modes était sufBsant, mais après la construction du
" second temple, les Rabbins, pour mettre un frein à cette
"apparente immoralité, abolirent la dernière de ces cérémo-
" nies. Il n'est besoin d'aucune personne particulière, pour
" accomplir le rite du mariage : Le Rabbin en est générale-
" ment le témoin, mais il peut être remplacé par aucun autre
" témoin du sexe masculin qu'il désigne. En premier lieu se
" font lès fiançailles, en présence d'un certain nombre d'amis
" convoqués pour cet objet, qui sont aussi témoins du contrat
" de mariage, dans lequel est indiqué le jour des noces et le
" douaire de la femme, qui remplace le don indiqué dans le
"premier mode de mariage. Quand le temps est expiré,
" chacun des fiancés peut requérir l'autre de remplir sa pro-
" messe de mariage, qui ne peut être rétractée que par mutuel
" consentement, constaté par écrit ; dans le cas contraire, le
" mariage est célébré de la manière suivante : Le jour du
" mariage, les fiancés sont conduits de la maison paternelle
" par leurs parents les plus proches, le fiancé par son père et
" c-elui de la fiancée, et cette dernière par sa propre mère et
" sa prochaine belle-mère, dans la maison où doit se faire le
" mariage, auquel assistent ceux qui y sont conviés. Le Rab-
" bin jette un voile sur la tête de la femme, en signe de la
" différence qui distingue une vierge d'une femme mariée,
" cette dernière ne devant jamais être vue la tôte découverte-
" Les époux sont conduits par leurs amis sous un dais où se
" tient le Rabbin, qui tenant un verre rempli de vin, récite
" un épithalame, en forme d'invocation au Créateur de l'Uni-
" vers."
Les cérémonies du mariage Juif ne sont pas les mômes dans tous les pays ; car la loi de Moysc et le Talmud, n'ayant prescrit aucune forme particulière, l'uniformité de pratique n'est pas obligatoire à ce sujet ; mais dans aucun des rites usités, la présence du Rabbin utile sans doute à la perfection du mariage, n'est nécessaire pour sa validité.
Ce qui frappe donc, dans le mariage des Juifs et des Qua-
kers, c'est la non intervention, comme matière de nécessité, du ministre et du Rabbin. Aussi, comme nous l'avons déjà vu, ces mariages ont toujours été l'objet d'une exception dans les lois anglaises, qui ordonnent la célébration du mariage en face d'Eglise.