‹ Commentaire sur le Lévitique précédé d'une traduction nouvelleChapitre 33 sur 48 · Oblation. » (Voy. explication de · texte numérisé non relu

Oblation. » (Voy. explication de

$ 5. Sacrifices pour la culpabilité.

Chap. 5: 14-19 ; 6 : 1-17.

Les sacrifices dont il est question dans les 6 derniers versets de ce chapitre et ies 7 premiers du suivant, portent en hébreu le nom d” « Acham. » Ce mot signifie « dette, culpabilité, faute » (Gen. 26 : 10 ; Prov. 14: 9; Ps. 68 : 29; Jér. 91:95), mais aussi souvent : sacrifice offert pour la culpabilité. C’est dans ce dernier sens que l’emploie le prophète Esaïe quand il annonce que le Messie « livrera sa personne comme ACHAM. » (Esa. 53 : 10.) Les versions françaises le rendent généralement par « délit, sacrifice pour le délit; » expression qui nous parait trop affaiblir l’idée de la trans- gression qu'il s'agissait d’expier ; aussi nous avons Suivi la nouvelle version de Lausanne qui la remplace par culpabilité

(auquel correspond Schuldopfer dans les versions allemandes). Mais ce qui est assez difficile à déterminer, c’est la distinction qui existait entre les « sacrifices pour la culpabilité » et les « sacrifices pour le péché. » Les différences dans Île rituel semblent indiquer que les premiers étaient moins importants que les seconds et qu’on les offrait pour des péchés moins graves. L’ « acham, » outre les cas indiqués dans le morceau que nous expliquons, était aussi offert pour séduction d’une servante fiancée à un autre (19 : 20- 22), pour la purification des lépreux (14 : 12-89), puis pour celle du Nazaréen qui s’était souillé par le contact d’un mort. (Nomb. 6:12.) Ii est difficile de découvrir entre ces différents cas quelque trait commun qui puisse nous éclairer sur la valeur de |” «acham. » Diverses explications ont été proposées : ainsi Michaelis croit que les « sacrifices pour le péché » étaient pour les péchés de commission, et les «acham» pour les péchés d’omission, explication que l'étude des textes ne justifie pas. Keil et Oehler pensent que l « acham » s'offrait dans le cas où il y avait eu quelque lésion de‘droit (droits de Dieu ou droits de l’homme}, mais cette distinction ne s’applique pas d’une manière naturelle à la purification des lépreux et à celle des Nazaréens. Selon Hengstenberg le « sacrifice de culpabilité > était destiné à faire particulièrement ressortir l’idée de l’offense envers Dieu ; mais alors il aurait été plus important et plus solennel que le « Sacrifice pour le péché, » tandis que le rituel fait supposer le contraire. L’explication la plus simple nous paraît celle de l’historien Joséphe et du savant Philon, qui tous deux étaient en position d'être bien informés. Ils disent que | « acham » était offert quand le coupable avait lui-même conscience de sa culpabilité , tandis que le « sacrifice pour le péché » était pour le cas où elle devait lui être prouvée par d’autres. Cette explication rendrait compte de linfériorité des « acham, » parce que le fait que la transgression était reconnue , confessée, atténuait la gravité du cas. Elle se concilie aussi sans difficulté avec le cas du lépreux et du Nazaréen, puisque, dans ces circonstances, l’état de souillure était reconnu par celui qui y était tombé. Plusieurs rabbins disent également que les «sacrifices pour le péché » étaient pour les péchés

commis par ignorance et plus tard reconnus, tandis que les « acham » étaient pour les péchés que l’on sentait avoir commis. Parmi les théologiens modernes, Winer et Bost se prononcent aussi pour l’explication de Josèphe. Pour plus de détails sur ce sujet, voy. l’article Opfer cultus des A. T. dans l'Encyclopédie de Herzog, et Symbolik des mos. Cultus, par Bähr. II, 400-412.

14-16. Le premier cas dans lequel un « acham » devait être offert, est celui où quelque Israélite avait négligé quelque chose dans les offrandes, prémices, dimes, etc., qui devaient être consacrées à Dieu. Il était tenu d'abord de réparer l’omission, en ajoutant un cinquième de la valeur de l’objet; mais outre cette réparation matérielle, il en fallait une envers la justice divine et c'est ce qui avait lieu par lPimmolation du bélier. Examinons souvent notre conscience au sujet de nos obligations en ce qui concerne l'avancement du règne de Dieu, les missions, l'entretien du culte. — Il est à remarquer que pour ces sacrifices la victime était déterminée par la loi (un bélier, ou dans le cas du lépreux et du Nazaréen, un agneau) ; on n'avait pas la liberté d'en choisir une de moindre valeur ; c’était un caractère distinctif de l « acham. » — On choisissait un bélier de plus ou moins grande valeur selon les circonstances (gravité de l’omission, peut-être aussi la position du coupable). Cette estimation devait se faire par Moise lui-même, de son vivant ( « selon ton estimation »), ensuite probablement par les prêtres qui lui succédérent dans une partie de ses fonctions. — Cette estimation se faisait en sicles d'argent ; celui qui portait le nom de « sicle du sanctuaire » valait environ trois francs. (Voy. dans mon Commentaire sur l’'Exode l'explication d’'Ex. 80 : 13.)

17-19. La plupart des commentateurs pensent qu'il s'agit dans ce paragraphe moins de péchés contre la Joi morale proprement dite, que d’infractions (involontaires, ignorées dans le moment même, mais dont cependant on se reconnaissait coupable plus tard; c’est ici le sens de « à son insu »} à la loi cérémonielle. La chose est probable, ces trois versets se rattachant étroitement aux précédents ; — « portera son iniquité » expliqué à l’occasion de 5 : 1. — Au vers. 19 le verbe est redoublé, ce qui, dans ce cas, marque probable-

ment l’intensité de l’action ( « gravement coupable » }, plutôt que l’idée de certitude, exprimée par les versions françaises, sauf la nouvelle version de Lausanne qui porte « très coupable. »

Nous ne sommes pas assujettis à la lettre de la loi cérémonielle, comme les fidèles de l’ancienne alliance, mais l’esprit de cette loi nous invite à remplir de la manière la plus consciencieuse les devoirs qui se rapportent au service divin, à la sanctification du dimanche , à la célébration des sacrements, ainsi qu'aux fêtes, coutumes et cérémonies établies dans nos églises. |

CHAP. VI. — 1-7. Dans le texte hébreu ces sept versets font partie du chapitre précédent, et c’est à tort qu’ils en sont détachés dans nos versions, car ils se rapportent encore aux sacrifices pour la culpabilité. Il fallait des sacrifices de cette espèce pour les actes de fraude, de violence, d’oppression. Il ne suffisait pas d’une réparation envers la partie lésée, il en fallait une, d’un caractère religieux, pour réparer l’outrage commis envers la loi divine ; aussi ces péchés, qui au premier abord ne paraissent que des péchés envers le prochain, sont appelés par le législateur « infidélités envers l'Eternel. » (Vers. 2.) C’est aussi sous cet aspect que le péché. doit toujours être considéré. C'est ce que sentait le roi David quand il s’écriait après sa chute (Ps. 51 : 4) : « J’ai péché contre toi, contre toi seul. »

$ 6. Rituel des sacrifices.

Chap. 6: 8-30; 7.

4o Holocauste.

8. Les chapitres précédents ayant déterminé les sacrifices qui devaient être offerts selon les besoins et les circonstances , il restait à faire connaître les rites appropriés à chacun d’eux. Les fidèles de l’ancienne alliance, les prêtres surtout, devaient se conformer exactement à ces instructions. C’est ainsi que, pour le culte que nous rendons à Dieu, nous devons chercher ce qui peut le mieux contribuer à sa gloire et à l’édification de l'Eglise.

9. Les règles données dans ce morceau s’appliquaient entre autres à l’holocauste quotidien qui s'offrait matin et soir. Ici 1l est question plus particulièrement de celui du soir, parce que le législateur voulait insister sur l’obligation d'entretenir le feu, même pendant la nuit. (Voy., dans mon Commentaire sur l’Exode, l'explication de Ex. 29 : 38-46.) Ce feu, destiné à consumer l’holocauste et entretenu sur l’autel sans aucune interruption, proclamait d’une manière saisissante que Îles enfants d'Adam, même les plus fidéles et les plus avancés dans la piété, ont continuellement besoin de grâce et de pardon.

10. « Tunique. » C'était la partie des vêtements sacerdotaux qui est mentionnée dans Ex. 28 : 40, une longue robe de fin lin, d’une éclatante blancheur.

11. L’enceinte du camp, l’espace occupé par le Tabernaele et par les tentes des Israélites , était considérée comme un lieu consacré à l'Eternel. Aussi quand ils en sortaient, les prêtres devaient échanger le costume dans lequel ils officiaient contre leurs vêtements ordinaires. Sur la signification et l'importance du costume, voyez dans mon Commentaire sur l’Exode, l'explication de Ex. 98 : 1-5. Les ministres de la nouvelle alliance doivent aussi dans les choses extérieures, costume, habitudes, etc., respecter la charge dont ils sont revêtus.

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