‹ Commentaire sur le Lévitique précédé d'une traduction nouvelleChapitre 37 sur 48 · Voy. l'introduction à ce chapitre · texte numérisé non relu

Voy. l'introduction à ce chapitre

. 6-7. C’est à cette loi que la sainte Vierge dut aussi se conformer. (Luc 2:29-24.) — II fallait un sacrifice double, l’ « holocauste, » par lequel la mère exprimait à Dieu sa reconnaissance pour Sa délivrance et lui consacrait son enfant, et un acte expiatoire pour effacer la souillure. Il est probable que depuis l’entrée en Canaan, une fois que le peuple ne se trouva plus réuni autour du sanctuaire, les femmes n’étaient pas tenues de faire cette offrande immédiatement après leurs couches et qu’elles pouvaient choisir quelque autre époque pour se rendre au sanctuaire (tabernacle et plus tard le temple). (Comp. I Sam. 1 : 22.)

8. Egards pour les circonstances des Israélites pauvres, comme dans 9 : 7, 41.

90 Purification après la lèpre. (Chap. 13, 14.)

a) Examen de la lèpre. (Chap. 13 : 1-46.)

CHaAP. XIIT. — La lèpre, maladie assez commune en Orient, encore de nos jours, était, entre toutes, particulièrement propre à représenter la grande maladie spirituelle, le péché. Son aspect repoussant, les affreuses angoisses et la fièvre dévorante qui accompagnaient l’éruption cutanée, enfin son issue généralement fatale et son caractère contagieux, en faisaient une maladie très redoutée ; aussi les Grecs la nommaient : le fils aîné de la mort. Les lépreux étaient un objet d’horreur et ordinairement on les reléguait dans des lieux inhabités. La lèpre apparaît aussi plus d’une fois dans l’histoire sainte comme châtiment du péché. (Ainsi HRoiso : 27; 15; 5.) Aussi la loi mosaïque lui avait assigné une place à part parmi les maladies et elle avait établi pour ceux qui en guérissaient une série de purifications rigoureuses, par lesquelles ils devaient passer, avant de pouvoir rentrer dans leurs rapports civils et religieux avec le peuple d'Israël. Ces règles sévères

n'avaient pas seulement pour but de donner des garanties à la santé publique, elles devaient aussi et principalement inculquer l’idée que le péché (cause première de tous les maux) sépare le pécheur de son Dieu et de ses frères, et que cette séparation ne peut cesser que par suite d’une expiation. Mais il s'agissait avant tout de bien constater l’existence de la lèpre et de ne pas la confondre avec d’autres éruptions cutanées. C’est ce qui fait le sujet des 46 premiers versets de ce chapitre. |

Nous ne devons pas mettre moins de soin à sonder notre cœur et nos infirmités morales, et à les confesser non-seulement devant Dieu, mais aussi devant nos conducteurs spirituels, qui sont établis pour nous diriger dans la voie du salut et pour nous « déclarer purs » (nous donner l’absolution) lorsque nous nous trouvons dans les conditions requises. (Comp. l'explication de 5 : 5.) Cette loi peut être aussi considérée comme un argument .en faveur de la discipline ecclésiastique, qui-est tombée si fort en désuétude dans la plupart des églises protestantes. Il est évident que, surtout pour les cas de chutes graves, il faudrait pour le bien moral du pécheur et pour la pureté de l'Eglise, une série de peines disciplinaires graduées, par lesquelles il devrait passer, avant d’être réintégré dans la pleine jouissance de ses priviléges religieux.

2-8. Ce premier morceau montre à quels ‘caractères la lèpre pouvait être distinguée d’une simple éruption. — Les versions d'Ostervald et de Martin ont bien exprimé le sens en disant (vers. 2) que la tumeur paraît « comme une plaie de lèpre; » dans l’hébreu le mot « comme »'ne se trouve pas, mais le législateur veut en effet parler d’une ‘tumeur qui a les apparences de la lèpre et qu'il s’agit d'examiner pour discerner si c’est une plaie de lèpre ou autre chose. Cet examen se faisait par les prêtres et non par les médecins, parce qu'il s'agissait, ainsi que nous l'avons vu , d’une réintégration dans la société religieuse, ‘et que d’ailleurs la chose n’était pas difficile à constater. — Trois cas sont ici indiqués comme possibles. Si le prêtre reconnaissait la présence des caractères de la lèpre (c’est bien ceux auxquels cette maladie se reconnaît encore maintenant), il déclarait le malade

LE PEUPLE FORMÉ A LA SAINTETÉ. qu g

«souillé » sans examen ultérieur. (Vers. 3.) Si, au contraire, un où plusieurs des caractères de la lèpre se trouvaient manquer, le prêtre séquestrait (lit. enfermait) le malade pendant sept jours (encore ici le nombre sept, afin d'imprimer “à cette réclusion un caractère religieux, voy. explication de 4:6); puis, si les symptômes de la lèpre ne s'étaient pas montrés au bout de cette période, la séquestration était prolongée pendant sept jours éncore, afin de constater plus sûrement l’innocence de la tumeur, après quoi lesmalade était déclaré « pur » et définitivement libéré. (4-6.) Mais si‘pendant les premiers sept jours, la plaie s’était étendue, le malade était aussitôt déclaré lépreux (7-8); au moins il est probable qu’une nouvelle épreuve n’avait pas lieu et que les mots « depuis qu’il s’est montré au prêtre pour sa purification » (vers. 7) doivent s’entendre du premier examen fait ‘par le prêtre. — L’idée que nous rendons par « continuer à s'étendre » (vers. 7) est exprimée dans l’hébreu par le redoublement du verbe ; la traduction : « s’est étendue en quelque sorte que ce soit » (Ost., Mart.) n’est pas exacte; la Révision de Lausanne dit beaucoup mieux « étendue sensiblement. »

9-17. Ce morceau se rapporte au cas où la lèpre se présentait sous des formes un peu différentes de celles de 2-8. Alors il pouvait arriver ou bien que la maladie se montrait immédiatement comme un mal invétéré et incurable (10-19), ou que les caractères fâcheux (de la chair vive dans Ja tumeur, etc.) apparaissaient plus tard (14, 15), ou enfin que Von voyait se manifester des symptômes de guérison prochaine (12, 143, 16, 17); en effet la lèpre se guérit quelquefois, et dans ce cas le corps entier se couvre d’écailles blanchâtres qui tombent peu à peu; cette éruption particulière qui paraît destinée à donner issue au principe maladif, est décrite dans le vers. 12. L’idée que nous rendons par « éclater partout ‘ » est exprimée dans hébreu par le redoublement du verbe « fleurir, pousser. »

18-93. Règles pour le cas où un ulcère guéri présentait des apparences de lèpre. Quelquefois la lépre pouvait être

1 D’autres versions la rendent par « boutonner fort» (Ost., Mart.}, « se manifester par des efflorescences. » (Perret-Gentil.)

constatée immédiatement (20), ou bien elle se manifestait à la suite d’une séquestration du malade (21, 22), ou bien enfin, aucun signe fâcheux ne s’étant manifesté, le malade était déclaré pur. (23.)

24-28. Une brûlure pouvait aussi, comme un ulcère, présenter des caractères suspects. Alors la lèpre était constatée, soit immédiatement (25), soit plus tard (26, 27), ou bien encore la plaie était reconnue comme une simple brûlure et

le malade déclaré pur. (28.)

29-37. La lèpre s’attachait quelquefois particulièrement à la tête ou à la barbe (c'était la teigne), et ce morceau indique comment elle devait être constatée. Tantôt on reconnaissait immédiatement les caractères de la véritable teigne (30), tantôt ces caractères étaient peu prononcés ‘ et le prétre soumettait le malade à une réclusion de sept jours, qui pouvait se réitérer, si au bout de la première semaine le mal paraissait être resté stationnaire. (31-33.) Le malade devait se raser, mais en ménageant la place suspecte ; c'était probablement afin que les caractères du mal pussent être plus facilement constatés. Au bout de la seconde séquestration, la guérison était déclarée, s’il y avait lieu (34) ; cependant après cela (« après qu'il a été déclaré pur »), ül pouvait encore arriver que la teigne s’étendit et ce caractère suffisait pour constater la présence de la véritable teigne et l’état de souillure. (35-37.) :

38-44. Règles à suivre par rapport à quelques autres indispositions qui pouvaient, ou bien être le commencement de la lèpre, ou en avoir seulement l’apparence. — Au vers. 44 le verbe « déclarer souillé » est redoublé, ce qui dans ce cas indique que l’action doit avoir lieu nécessairement ; d’autres versions portent : «il le déclarera entièrement souillé. » Ostervald et Martin n’expriment pas cette nuance, mais bien la Révision de Lausanne « il ne manquera pas de le déclarer souillé. »

45-46. Ces formalités devaient se remplir non-seulement dans les derniers cas qui viennent d’être mentionnés, mais

1 Ainsi la présence de poil « noir » (vers. 31) au lieu de « poil jaunâtre » aurait prouvé le caractère innocent de l’éruption; comp. vers. 37. Il n’est pas nécessaire d'admettre comme Keil une erreur de copiste au vers. 31.

pour tous les individus qui étaient reconnus et déclarés lépreux. — Ces versets forment la conclusion de tout le morceau qui traite des règles à suivre pour constater la lèpre des personnes. Si ceux qui étaient couverts de la lèpre du corps devalent ainsi S’humilier et mener deuil, se retirer de la société des hommes, proclamer à haute voix leur état de souillure et le danger qu’il y avait à s’approcher d’eux, nous pouvons apprendre quelle doit être l’attitude morale de ceux qui se savent atteints de la lèpre de l’âme, le péché. (Comp. Esa. 64 : 6.) — Exemples de cet éloignement des lépreux, justifié d’ailleurs par le caractère contagieux de cette maladie. (Nomb. te Rois, 7:58: 40;:90)

b) Lèpre des vêtements. (47-59.)

47-59. Ce morceau se rapporte à certaines taches (probablement quelque chose de semblable à la moisissure, etc.) qui se montraient quelquefois sur les vêtements, occasionnées peut-être par une maladie des animaux dont on avait employé la laine ou la peau, et qui à cause de leur ressemblance avec la lèpre, devaient être considérées comme des images de la souillure du péché et comme un jugement de Dieu.

c) Purification des personnes. (14: 1-39.) ,

CHAP. XIV. — La guérison de la lépre, lorsqu'elle avait été constatée par le prêtre, était solennellement proclamée par lui : «il le déclarera pur » (18 : 6, 13, 17); mais il fallait de plus une cérémonie d’expiation et d'actions de grâces, dont nous trouvons la description dans les 32 premiers versets de ce chapitre. Ces prescriptions, au premier abord peu intéressantes pour nous, sont cependant toujours utiles en nous rappelant combien le péché est devant Dieu une chose dangereuse, et avec quelle ardeur nous devons en chercher le pardon par le sang de Christ, et nous appliquer à être délivrés de sa puissance par le Saint-Esprit. Elles nous enseignent aussi quels sont les sentiments que nous devons éprouver et les résolutions que nous devons former, lorsque nous avons été guéris de quelque maladie. (Voy., sur le rite de la purification des lépreux, Symbolik des Mos. Cultus, de Bähr, II, 512-522.) |

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