LA SAINTETÉ CHEZ LES PRÈÊTRES
à ce qu’on ne les considère guères que comme des professeurs de religion, tandis qu’ils sont, par lPadministration des sacrements qui leur est confiée, appelés à intervenir dans les communications mystérieuses qui ont lieu entre le ciel et la terre. (Voy. [ Tim. 3 : 1-13 ; [ Cor. 4 : 1 ; voir aussi ce que nous avons dit au sujet du costume sacré dans Com. sur l’Exode, pag. 149.)
CHapP. XXI. — 1-4. À la mort de leurs plus proches parents, les prêtres devaient remplir leurs devoirs de famille ; mais, hors ce cas, ils ne devaient pas prendre part aux funérailles ni prendre les signes du deuil. La mort étant le salaire du péché (Gen. 2 : 7; Rom. 6 : 23), tout contact avec la mort plaçait homme dans un état d’impureté, aux yeux de la loi. (Nomb. 19: 11-18.) Cependant, dans ce cas, ainsi que dans bien d’autres, le législateur avait admirablement concilié les droits sacrés de la famille avec les devoirs de la religion. On peut dire, de toutes les parties de la loi, ce que notre Seigneur disait du sabbat : « il a été fait pour l’homme, et non l’homme pour lui. » (Marc2: 27.) — « Ses plus proches, » littéralement: « chair à lui proche. » La femme n’est pas nommée parmi les proches, mais cela s’entendait. — Le
verset 4 présente des difficultés. La traduction que nous
donnons est celle de la version anglaise, de la révision de Lausanne, de la nouvelle version de Lausanne et de celle de Matter, et elle nous paraît à la fois la plus grammaticale et la plus naturelle. Le sens est celui-ci: les prêtres, à cause de leur dignité qui les élève au-dessus de leur peuple, doivent plus soigneusement encore que d'autres se garder de toute souillure. Les versions d’Ostervald et de Martin, ainsi que Perret-Gentil, ont adopté l’explication du rabbin Jarchi: « Marié, au sein de son peuple, il ne doit pas se rendre im-
pur, » ce qui signifiait qu’un prêtre ne devait pas, lorsqu'il
venait à perdre sa femme, lui rendre les derniers devoirs, ce qui ne s’accorderait guères avec la place que la législation
- mosaique donne généralement à l'institution du mariage. Il
y a bien un passage (Gen. 20: 3) où le mot hébreu bahal, dont il s’agit de déterminer le sens, signifie « mari; » mais il signifie plus ordinairement « maître, dominateur, » et s’il devait ici avoir le premier sens, l'adjonction « au milieu de
son peuple » ne serait pas suffisamment motivée. Mentionnons enfin une troisième traduction: « même pour un prince de son peuple, il ne doit pas se rendre impur, etc. » (version syriaque, hollandaise, Vulgate, Sacy); ce serait une défense faite aux prêtres de prendre part aux funérailles, même des plus grands personnages. Cette idée irait bien dans le contexte, mais le texte ne l’exprime pas; au moins il est sûr que le législateur l’aurait fait d'une manière obscure; en effet, le mot, bahal n’est précédé d'aucune préposition. —- Nous avons adopté pour la fin de ce verset la traduction de la Révision de Lausanne. L'idée que le peuple porte sa part de responsabilité des péchés de ses conducteurs dans l’ordre temporel et spirituel, se retrouve 4 : 3 ; 22: 15, 16 et dans plusieurs autres passages de l’Ancien Testament. On peut aussi traduire, comme le font la plupart des versions (en rapportant le pronom au prêtre) : « et ainsi se déshonorer ; » mais Ce serait une répétition de l’idée exprimée par le premier verbe.
5. Les usages défendus ici l’étaient aux Israélites en général (voyez expl. de 19 : 27, 98), ils devaient l'être à plus forte raison aux prêtres.
6-9. Les prêtres étaient aussi soumis à certaines restrictions par rapport au mariage, et ils devaient s’appliquer avec un grand soin à faire régner la pureté et Îles bonnes mœurs dans leur propre famille. Comparez les exhortations toutes semblables adressées aux pasteurs chrétiens. (1 Tim. 8: 2-5.) — Le verset 6 rattache ces règles au principe général que les prêtres doivent être saints entre les saints, parce qu'ils ont à remplir des fonctions excellentes. Les sacrifices apparaissent ici sous le nom d'«offrandes consumées » et de « pain de Dieu » comme dans 5 : 11. Quelle doit être la pureté des prêtres de la nouvelle alliance, appelés à prendre dans leurs mains pour le distribuer aux fidèles, ce qui est dans un sens beaucoup plus élevé encore « le pain de Dieu, descendu du ciel! » (Jean 6 : 33.) — Au versel 8, nous avons préféré la traduction de nos versions (conservée aussi par Perret-Gentil, Matter, etc.) à celle de la nouvelle version de Lausanne : « Tu le tiendras pour saint. » Le législateur s'adresse ici aux Israélites, les