‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 100 sur 139 · CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a

et j’ai déjà montré que ce mot est le sanscrit arvan, qui prend presque tous scs cas d'un thème arvat. Ce mot, que Wilson nous indique comme pouvant s'écrire aussi arban, dérive du radical arb (aller), ce qui rend compte, d’une manière satisfaisante, de la signification de cheval donnée uniformément à arvan dans les Védas, et à aurvat, avec l'n épenthétique, en zend. Son acception primitive est en efTet celle d’un participe signifiant « allant, qui court. » Or, ce nom peut également se donner à l’eau qui coule d’une montagne, et ainsi se trouve justifiée la dénomination d’eau Arvamla conservée par Nérioscngh. Je serais même disposé à croire que ce participe aurvat est le nom primitif de la rivière dont les anciens, notamment Pline et Strabon121, ont fait Oe?amf, Oroatis. Ce nom se ramène en effet au zend aurvat, thème sans nasale, qui est peut-être ici au féminin (aurvaiti). Cette ressemblance ne m’a pas cependant paru être suffisante pour m’engager à identifier l'eau Arvanda de Nériosengh avec l’Oroa/ij de Pline. Ce qui me semble. s’opposer à cette identification, c'est que le traducteur parsi rattache, jusqu’à un certain point, l'eau Arvanda à la montagne dite Bordj. Or, les lieux où coule VOroatis sont trop éloignés de ceux où la tradition uniforme des Parses place la chaîne du Bordj, pour qu’on puisse croire que Nériosengh a voulu désigner par Arvanda ce que les anciens nommaient Oroatis. Après tout, j’avouerai qu’il n’est pas aisé d’expliquer comment le mot aurvat, qui s’applique si convenablement à une rivière , a pu être en même temps le nom d’une montagne, à moins que de supposer à la racine arv le sens de ■ s’élever, aller en haut, » ce qui justifierait, jusqu’àuncertain point, l’emploi d’au ira/ comme nom de montagne ,2J.

'** Sir al). |. XV, c. 3;T»cbuck. t. VI, pag. 196 cl ao3; Win. 1. VI. c. 28 (a5); Ptol. 1. VI , c. 3; A mm. Marccll- 1. XXIII, pag. 3 72, Valea. ed. 1681.

1,1 II se peut d'ailleurs que la montagne Ervend ait reçu ce nom d’un personnage cé-

lèbre ainsi appelé , comme nous avons vu que quelques auteurs le supposaient pour !c fleuve Oronte de Syrie. Il est certain que le nom d 'Oronte a été d’un fréquent usage chez les anciens Persans , et qu’on en trouve des traces nombreuses chez les écrivains

a 5a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

Je reviens maintenant au texte zerul de ce paragraphe qui , interprété littéralement, signifie : « invoco, cclcbro elalum supremum umbi- « lictim aquarum. » Je dis littéralement, car rien dans ce texte ne prouve que berizatû , que nous rendons par elalum, soit employé comme nom propre du Rordj. C’est l’opinion de Nériosengli que bërèzatô signifie liordj; mais les Parses sont dans l’usage de voir le

grecs. Ainsi Hérodote parie d'un 'Apvdr/k{ (1. IV, c. i65 sqq. ), qui me parait n’ètre aulrc chose que le ‘Arvanda de l’Afrin des Amschaspands. Ce qui me confirme dans CC .rapprochement, c'est l’orthographe d'Hésychius, ’A £pctKfn(, qui démontre clairement que le mot primitif a été prononcé Arouande et non Arjande, ainsi que les interprètes d'IIérodotc croient devoir le transcrire-Lu leçon d'Hésychius nous rappelle, et en même temps confirme, l’explication que nous avons donnée du nom ‘Oçpttmç.

Le mot Orontes se trouve souvent employé comme nom d'homme : ‘Ogyrwf (Clés. Per*. c. lvii; Boehr, pog. ao4; Xenoph. Anab. I. I, c. 8; Strab. 1. XI, c. i3; Tzschuck. Ion. IV, pag. 597 ; Aman. Exped. Alex.

1. III , c. 8 ; 1. Il , c. 5 ; DiotL L XV, c. 10 et pass. ). 11 forme la première partie du nom propre Oçym&aLTnç ( Expert. Alex.

I. Il , c. 5) , où f&ar*ç n’est, selon toute apparence, autre chose que le /.end paiti , que je crois reconnaître encore dans bazos ou bazes qui termine un si grand nombre de noms propres persans. On pourrait supposer, au premier abord , que le nom de Opté- Jmç (Strab. 1. XV, c. 1 ; Tzschuck. tom. VI, pag. 81 ; Diod. 1. XXXIX . c. 56 ; I. XL, c. 12 sqq.), YOrodet des Romains (Cic. ad J'am. 1. XV, cp. j 1, Plin. I. VI, c. 18 ( 16)» Solin. c. 48; Just. I. XLII, c. 4, etc.) appartient primitivement à ce même mot

tend anrvat j sans la nasale des cas forts du suffixe, et qu'il en est de même de O gj>/- 7 n( dans Hérodote (1. 111 , c. îao et sqq.), qui présente une altération analogue a celle d'Oroatis que nous rattachons à aurvat, au féminin en i. Ces diverses altérations devront même d'autant moins surprendre que l’on connaît «ne aulrc modification de ce nom, écrit par Plutarque (fil. Crau. c. XViti) et par Appien {Bell. Parth.) ’Tpâ è* </*r, tandis que le témoignage unanime des autres auteurs est pour Orodet. Nous devons reconnaître toutefois que l'orthographe de Plutarque, et l'addition de l’esprit rude au nom linrodet , semblent nous éloigner de aurvaf, et nous rapprocher au contraire de huraodha , • qui a une • bonne croissance. • Dans celte dernière supposition , il faudrait distinguer deux mots dans les noms que nous venons de rapjK>rter ; Orontes serait le zend aurvat, aurvaut, amant ; Orodej et Hurodcs seraient le composé huraodha. Ce dernier mol est asseï fréquent dans le Zend Avcsta pour qu’on puisse croire.qu’il est devenu nom propre. Au reste, il parait que le nom de EU vend, Ervcnd, Arvand, a été aussi employé comme nom propre dans le Mazaodéron , et cela presque de nos jours. Sir YV. O11seley ( Traveh, etc. tom. III, App. ix, pag. 571 ) cite un Attend Div,

nom qui u'est autre que celui de Arvand.

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