‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 101 sur 139 · CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a

nom propre de ccttc montagne partout où se présente l’adjectif Itéré zaf , et nous devons nous tenir en garde contre leur propension bien connue à pcrsonniGcr des attributs ou de simples épithètes. Ici, comme nafëdhrô peut passer pour le substantif de notre proposition, je ne pense pas qu'il y ait lieu à prendre l’adjectif birézatô pour un nom propre : j’aime mieux réserver cette acception du mot pour le cas où bërëzat est accompagné du substantif gain (montagne); car, d’un autre côté, nous ne devons pas porter le soin de tout traduire jusqu’à soutenir que, par les mots bërëzat et gain, les Parses ont voulu simplement dire « une montagne élevée, » et qu’ils n'ont pas eu l’intention de désigner, d’une manière plus ou moins positive, une certaine montagne à laquelle le nom de Bordj a été plus tard spécialement affecté.

Ce n’est pas que je prétende que la montagne ainsi nommée n’a été, depuis les premiers temps de l’établissement du culte de Zoroastre, autre chose que la chaîne appelée aujourd'hui Elbourz. ha position de la montagne à laquelle s’appliquait cette dénomination un peu vague, a pu changer en même temps que les causes qui ont , à diverses époques , fait prédominer telle ou telle branche de la famille arienne. Il y a aujourd'hui plus d’un Elbourz en Perse, ce qui montre que, dans les temps anciens aussi, ce nom a pu se déplacer et se transporter dans des provinces très-distantes les unes des autres. Dire quelle montagne les textes zends entendent désigner par bërëzat et gairi, c’est une chose fort difficile, pour ne pas dire impossible. La détermination exacte de ce point ne pourra résulter que de la comparaison attentive de tous les textes où il est parlé du Bordj, et peut-être aussi d’une révision nouvelle du Boundehesch. NÎais ce que l’on peut regarder dès à présent comme établi , c’est que les termes du Zcnd Avesta, interprétés dans leur sens propre, signifient seulement « la montagne élevée; » que cette expression sc présente trop souvent, et dans des passages trop importants, pour qu’on puisse croire qu’elle ne désigne

■j54 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

pas une certaine montagne à laquelle le Parsc adresse son hommage; qu’enfin, pour les Persans modernes, cette montagne est la chaîne actuelle de l’Elhourz. Entre cette dernière proposition et celles qui la précèdent, il n’y a d’autre' lien que la tradition des Parses. Si ce lien était réel (comme cela peut être au moins en partie), et si les textes zends, par les mots « la haute montagne, • avaient voulu désigner la même chaîne que les Persans modernes , il faudrait en conclure que ces textes ont été écrits dans les provinces les plus occidentales de l’empire persan. Mais tant que l’on n’aura pas d’autre autorité que la tradition des Parses pour admettre l’identité du bërèzat gain du Zend Avcsta et de IT.lbourz actuel, il sera toujours permis de supposer que les mots bërëzat gain ont pu, dans le principe, désigner une autre chaîne, et qu’ils n’ont été appliqués que plus tard h celle qui porte spécialement aujourd’hui le nom d ’Elboarz. Une autre observation qui n’aura pas échappé au lecteur, c’est que, parmi les noms de montagnes que les anciens ont connus dans l’empire persan, et dont plusieurs doivent être d’origine persane, comme Niphaies (que l’on croit grec), Orontet (Arvand), Pamadret (Paru-adri?), il n’y en a aucun, du moins & ma connaissance, qui réponde au zend bërëzat gain. C’est une nouvelle preuve, ce me semble, que ce nom était, dans l’origine, une appellation générale qui pouvait désigner tout mont élevé, sans cependant indiquer d’une manière particulière une montagne spéciale.

Les remarques précédentes étaient nécessaires pour justifier la traduction que je crois devoir adopter pour le paragraphe qui nous occupe , et en même temps pour concilier cette traduction avec la glose de Nériosengh. Quand je crois qu’il est convenable de traduire dans son sens primitif bërëzalô, c’est-à-dire d’en faire un adjectif et non pas le nom propre Bordj, je ne veux pas dire que ce mot ne puisse désigner le Bordj même ; je pense seulement que le nom de cette montagne n’est pas positivement exprimé ici. Mais le texte, en parlant de la hauteur d’où s’échappent les eaux, a sans

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