‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 99 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et Pidentité des deux noms ne me paraît pas une raison suffisante pour nous faire abandonner les pays si anciennement habites par la race arienne» et où le témoignage des Parses place la grande chaîne de montagnes à laquelle a été appliquée la dénomination de berëzat (élevé). Il ne me semble pas plus permis de retrouver l 'Arvanda de Nérioscngh dans l’Oronte de Syrie , que l’Ecbatane médique dans TEcbatanc syrienne I21. Si donc nous ne devons pas abandonner les lieux qui furent le centre de la domination persane, ce sera au nom de la montagne Arvand de l’Afrin des sept Amschaspands , de TElvcnd moderne, de TOronte des anciens, que nous devrons comparer Y Arvanda de Nériosengb. Nous ne pouvons pas oublier, il est vrai, que P Arvand de l’Afrin est une montagne, tandis que Y Arvanda de Nériosengb est une rivière , ou tout au moins une eau courante plus ou moins considérable. Mais il est permis de conjecturer que les eaux qui sortaient de cette montagne, anciennement célèbre, lui ont emprunté leur nom, et quon a pu nommer « eau Arvanda » l’eau qui s’échappait du mont Arvand. Cette conjecture acquerra plus de vraisemblance encore, si l’on se rappelle la célébrité dont jouit en Orient le mont Elvend, célébrité qu'il doit à scs eaux, à ses mines et à scs productions végétales ,:W.

1,1 II n'en est pas moins vraisemblable que lo nom de TOronte de Syrie est d'origine persane- Zonaras (1. XIII, c. 8), qui écrit ce mot Oppotnç, rapporte que ce fleuve fut ainsi nomme parce qu’Oroafe, iils de Camhy»e,s'v était noyé. Strabon (1. XVI, c. a: Tzscliuck. tom. VI, pag. 3o8) avait dit antérieurement qu'il reçut ce nom de celui qui y construisit un pont. Pnusanias ( I. VIII, c. a 9) rapporte que d'après le témoignage de l'oracle do Qaros, Oronte , dont le cadavre fui trouvé dans le lit de cette rivière, était un Indien. (Conf. Eustath. ad Dyon. Perieg. v. 919 ) Voyez à ce sujet Man-

nert , Geogr. der Griech, tom. VI, pag. 446* ,M kinneir, Geogr. Mem. pag. 126. Les détails donnés par Kinneir sont vraisemblablement empruntés à Oiter ( Voyage en Turgaïc et en Perte, tom. I, pag. 181 et 182 ) , qui lui-même les a recueillis en partie dans les géographes orientaux. Il nomme cette montagne Ervend ou Elvend. Voyez cependant un voyageur moderne, Olivier, qui a trouvé que TFJvend ne méritait pas la réputation dont il jouit dans l'Orient ( Voy. dans ïemp. Ottom. tom. III, pag. 33, éd. in-4*). On voit sur la carte de Rennell (Geogr. of western Aiia ) une rivière Elvend.

î5o COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

Il reste cependant encore une grave difficulté, c’est celle qui résulte de cet énoncé positif de la glose de Nériosengh, que le Bordj est la source de l’eau nommée Arvanda. L’eau Arvanda ne peut être, d’après ce texte, qu’une rivière à laquelle le Bordj donne naissance; or, si cette rivière vient du Bordj, le rapport que nous avons cherché à établir entre son nom et celui de l’Arvand près d'ilamadan, no repose plus sur aucune base. Cette difficulté perdra peutêtre de son importance si l’on fait attention que le système géologique des Parscs, exposé dans le Boundchcsch avec des détails curieux, mais quj tous ne sont pas également intelligibles, rattache au Bordj toutes les montagnes qui couvrent la surface de la terre, et place sur le sommet du Bordj lui-même la source Ardouisour, d’où se répandent toutes les eaux qui arrosent, sous des noms divers, le monde connu des anciens Persans123. Si c’est une opinion établie (ainsi qu’il est permis de le croire d’après la traduction du Boundehcsch faite par Anquctil), qu’une source commune alimente tous les fleuves, et que cette source réside sur le mont le plus élevé du globe, celui qui est appelé la haute montagne par excellence, on sera moins étonné de voir la glose pehlvie, conservée en sanscrit par Nériosengh, dériver du Bordj l’èau qui coule du mont Arvand (le moderne Elvend), et qui en reçoit son nom.

En soumettant ces observations au lecteur, nous nous sommes proposé de concilier cette indication de la glose de Nériosengh avec d’autres renseignements contenus dans le Zend Avesta; mais, à vrai dire, cette discussion n’est qu’une digression incidente, puisque la mention du nom de l’eau Arvanda n’est pas dans le texte zend de notre paragraphe. Nous serions également dispensés de rechercher

si l’orthogra mot aur-

ait employé avec

açpa, ou même sans ce substantif, pour désigner un cheval rapide;

IU Zend Avala, ton). II , pag, 36a , 364 , 369 et 37 *>■

quelle est en zend la forme de ce mot Arvanda, pazende, arvanda, ne nous conduisait au

val, qui est le primitif. C’est un adjectif fréquenum

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