‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 105 sur 139 · CHAPITRE I. a6i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a6i

ment direct de Jrâdat, porte, parce qu’il est en composition, non pas la désinence qu’il devrait avoir comme complément, mais celle que devrait porter Jrâdat, s’il était isolé. En d’autres termes., et pour rendre ceci sensible par un exemple, de Jrâdat et de vira (qui multiplie les hommes) on a un adjectif qui peut passer successivement par toutes les formes ,Jrüdai-virâ .Jrddat-virém , J rddat-virà i , etc. Cette variation des désinences qui tombe sur vira, sans changer le rapport constant de vira avec le mot Jrâdat (rapport qui reste toujours celui d’un complément direct à l’égard de son verbe), cette variation, dis-je, vient de la condition particulière du composé où figure vira. Dans celui qui nous occupe, au contraire, les mots que régit Jrâdat prennent la marque de l'accusatif, comme s'ils n’étaient pas en composition, et Jrâdat ne prend pas celle du génitif ou celle du datif, comme si les mots qui le suivent devaient la recevoir; anomalie remarquable, et dont je ne me rappelle pas d’avoir vu l'analogue en sanscrit. C’est comme si (en supposant qu’en grec, au lieu de « qui supporte la fatigue, » on pût dire et au datif ftftn-

AvnV« ) on disjoignait ces diverses parties de la manière suivante : fi ^ «xOi W>«, fi/Fi seul étant à une forme absolue, dénué de tout exposant de rapport, comme doit l’être, en général, la première partie d’un mot composé; enfin aucun de ces termes ne portant la désinence du datif, qui est nécessaire ici pour achever le rôle syntaxique du mot, comme dans wmiu-mr*?.

Mais ce qui n’est pas moins singulier, c’est que, selon la lecture uniforme des trois autres manuscrits du Yaçna, un seul des deux mots avec lesquels Jrâdat est en composition, prend la désinence de l’accusatif, que nous voyons, d’après le Vcndidad-sadé, jointe à viçpâm et à hudjyâitim. Ce mot est l’adjectif viçpâm, qui conserve la marque du rapport qu’il soutient avec Jrâdat, tandis que le mot suivant la perd pour recevoir celle du datif. Ainsi, pour suivre la comparaison que nous établissions tout à l’heure entre notre mot zend et le grec supposé ftfimxvntK , la lecture des trois manuscrits du

a6a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

Yaçna revient à çtft ms» W>«. Ici, la désinence du datif est placée comme elle doit l’être à la fin du dernier des mots composants, pour constituer l’unité du composé que vient briser d’une autre part l’insertion de la caractéristique de l’accusatif, qui se joint à et marque le rapport de ce mot à ftp. En résumé, de ces deux mots viçpa et liadjyâili, le premier subit l’influence de frâdal, tandis qu’il devrait être à la forme absolue, et le second obéit à la loi des composés de celte espèce en prenant la caractéristique du datif. C’est, sans contredit, une composition fort bizarre; mais je pense que l’accord des manuscrits doit, malgré la singularité du fait, nous la faire préférer à celle que donne le Vendidad-sadé, et que nous représentons par çtn mkù> w», Je soupçonne que la leçon du Vendidad-sadé a été introduite ici par imitation d’un passage analogue qui se lit au second chapitre du Yaçna, et où la désinence de l’accusatif est employée, parce que le compose est lui-même à l’accusatif, en tant que complément direct d’un verbe. La facilité avec laquelle s’explique un composé comme fift mw Wiof, quoique en tant que composé il soit très-imparfait , aura fait passer le copiste sur la difficulté qui résulte de l’absence de la caractéristique du datif, et sur l’anomalie très-grave que présente l'emploi d’un mot duquel on ne peut pas dire s’il est à l’accusatif ou au datif. Au reste, si l’on pense qu’il faille lire, comme dans le Vendidad-sadé, frâdal viçpâm hudjyàitim , on devra toujours reconnaître que la composition de ce mot est bien grossière , et qu’il y a loin de là au système si savamment perfectionné des composés sanscrits; mais, il ne faut pas l’oublier, le zend s’est ici, comme dans beaucoup d’autres circonstances, arrêté aux premiers essais, tandis que le sanscrit a fait du principe de la composition des mots les applications les plus variées et les plus heureuses.

Après ces observations préliminaires, nous serons plus en état de passer à l’analyse des mots dont se compose notre texte. Nous remarquerons d’abord que le n* 3 S ajoute le verbe J { ju ru) o> ,

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