‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 106 sur 139 · CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a

ou le second mot qui ouvre chacune des invocations du premier chapitre du Yaçna. Dans les autres manuscrits, et dans les autres passages de ce meme n” 3 S, les termes de l'invocation ne sont jamais indiqués qu’en abrégé par les cinq lettres suivies d’un point, ou)-"»-1) ; nous rétablissons le mot entier en tète de chacun de nos paragraphes.

Le mot qui suit, frâdat, est lu par le seul n” 6 S; nous

avons déjà remarqué que celte orthographe est adoptée à peu près uniformément par ce manuscrit. L’adjectif viçpâm est écrit de même dans tous les manuscrits; il porte, comme nous l’avons remarqué tout à l’heure, la caractéristique de l'accusatif, quoique, suivant les lois de la composition, il dût être à la forme absolue.

Le mot huiljyâilim est lu dans le n" a F,

dans le n“ 6 S, et dans le n* 3 S. Cette dernière ortho-

graphe est certainement, au moins quant à la finale, préférable aux deux autres. En effet, êé est la désinence d’un nom féminin en i, et la voyelle i qui précède le I semble attirée par l’action qu’exerce la voyelle ^ è, dont l’élément fondamental est un i. Quant à la lettre z ou dj, quoique dans ce passage trois manuscrits s’accordent à donner z, contre le Vendidad-sadé qui donne dj , je ne doute pas que cette lettre dj ne doive être préférée, parce que, sur trente-deux orthographes de ce mot que nous fournit la comparaison des manuscrits du Y açna et du Yendidad, le mot hudjyâili est écrit vingt-deux fois avec la palatale dj , et dix fois seulement avec z. Ajoutons que cette dernière orthographe est suivie presque exclusivement par un des manuscrits les plus modernes. Cela posé, hudjyâitèê au datif, ou bien hudjyâitim à l’accusatif, nous donnera pour thème hudjyâili, mot dans lequel ti est le suffixe, djyâ le radical, et hu le préfixe sanscrit su. qui ajoute au sens du substantif djyâiti la signification de bien. Le radical djyâ ne peut être qu’une transformation du sanscrit djtv (vivre), que la langue zende nous présente avec des orthographes assez variées, selon que la voyelle

s64 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

i, ou la semi-voyelle v, vient à disparaître. La modification que subit la racine djiv pour faire le zend djyâ , me paraît très-remarquable, en ce qu’elle rappelle celle qui a lieu dans le radical sanscrit div, formant le substantif £TÎ dyô, au nominatif ÇJT: dyâuh (ciel). On sait que ce mot résulte, i” du retour du v final i la voyelle u qui en est l’élément fondamental , puis de l’augmentation de cet u en ô et en du; a" du changement de la voyelle i médiale en sa semi-voyelle correspondante y, changement nécessité par la position nouvelle de cet i radical devant la voyelle 6. On sait encore que, dans quelques composés dvandva, dydu (du nominatif) devient i lyâv-à (peut-être pour dydvdu), et que la semi-voyelle de dyâv ellemême disparaît à l’accusatif dyàm, pour ne laisser subsister que l’d. Or, ce qui se passe dans div me paraît avoir lieu pour djiv devenant djyâ. Car, supposons que d soit le reste de la diphthonguc sanscrite du. comme cela se voit dans dyâm de dyâuh, et comme (sans parler du sanscrit védique) nous en trouvons d’assez nombreux exemples en zend; la voyelle d remplacera le v de djiv (devenu djyâu), et le y (de djyd) sera le substitut naturel de la voyelle médiale i; seulement ce qui est assez remarquable, c’est qu’une pareille modification du radical ait lieu devant le suffixe fi.

La signification bien déterminée du radical djiv, et de plus le témoignage de la glose de Nérioscngh, nous donnent la valeur exacte du mot que nous venons d'analyser. Il doit signifier littéralement « bonne vie, » ou ■ moyen de bien vivre;* et en effet, Nérioscngh fait du mot Jrddat viçpàm hudjyâilèé, qu’il transcrit fréhêdaddraharavisf>ahùdjivaçni, le nom propre d’un génie coopératcur d’Evesroutren qui, selon sa glose, * fait croître toutes les racines et tous les • fruits,» c’est-à-dire, fournit à l’homme les moyens de soutenir son existence. Il est singulier que la traduction sanscrite représente, ou plutôt transcrive le zend hudjydili par hùdjivaçni. C’est l’orthographe pchlvic que l’on reconnaît à la désinence açni, lue dans Anquetil tschnè, et qui offre cette particularité curieuse, que

Page 1