‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 107 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

le radical djiv y est moins altéré que dans le zend hudjyâiti. Nous pourrons donc traduire avec conGance les trois mots réunis en un composé, que nous venons d’examiner successivement, par « celui « qui augmente tous les moyens de bien vivre. »

Le mot suivant, zarathuslhrô tèmâitcha, est lu de la même manière dans le n° a F et dans le n‘ 6 S; le n° 3 S lit seul par erreur jtqaaju , en isolant à tort la désinence du suflixe du

superlatif léma. Anquetil qui s’est mépris, à ce qu’il me semble, sur le sens de hudjyâiti, auquel il paraît donner une signification morale, réunit certainement mal le mot zaralhustn i lëmdi à hudjyâiti, de cette manière : « ceux qui vivent bien selon (la loi de) Zoroastrc. » Nériosengh en fait, au contraire, un nom propre, qu’il transcrit exactement. Anquetil me paraît avoir exprimé le sens général; je diffère seulement de son opinion, en ce que je fais de zaratliustrd temâi un titre à part, qui signiGe littéralement « à celui qui est le « plus Zoroastre , • c’est-à-dire ■ qui se rapproche le plus de Zoroas- « tre, » sans doute en suivant ses préceptes, comme le pense Anquetil. On ne trouvera rien d’anomal à l'emploi du suffixe du superlatif avec un nom propre; ce nom propre devient en effet comme le titre d’une perfection de laquelle l'homme peut plus ou moins se rapprocher. Zoroastre est, sous le rapport de la Gdélité à la loi d’Ormuzd , un terme de comparaison pour les autres hommes. Nériosengh ne précise pas beaucoup le sens de ce titre, quand il ajoute:

• divinité qui au milieu des hommes Mobeds exécute bien les

• préceptes des maîtres. • Cependant cette glose, si j'ai raison de la traduire ainsi, rentre encore dans le sens que donne Anquetil à zarathustrâ te ma.

On serait peut-être tenté de conclure de la présence du nom de Zoroastre que ce texte ne peut dater que d’une époque postérieure à celle de ce législateur, en supposant qu’il ait existé au temps où le place Anquetil; et je crois qu’on a déjà tiré argument de passages de ce genre pour avancer qu’ils ne pouvaient être attri-

a66 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

bués à Zoroastrc. J’avoue que je ne suis pas complètement convaincu de la justesse de la conclusion que fournit cette remarque; car il n’est pas rare de voir les écrivains de l'Orient se nommer euxmêmes i la troisième personne, et tous les passages où leur nom se présente ainsi ne doivent pas être , pour cette seule raison , repoussés comme modernes. L’incohérence et le peu de liaison des paragraphes dont se compose le chapitre du Yaçna qui nous occupe en ce moment , seraient à mes yeux une preuve plus concluante de la postériorité relative de cette portion de ce livre, et je serais disposé à la regarder comme formée de fragments de textes pris à d'autres ouvrages, si je n’espérais que cette incohérence qui nous choque, paraîtra moins sensible à mesure que nous pénétrerons davantage dans le sens des textes zends, et qu’au lieu de les envisager isolément, comme nous sommes obligés de le faire, nous pourrons les embrasser d’un coup d’œil et saisir entre eux des rapports qui maintenant nous échappent. Ce n’est pas ici le lieu de développer ce point de vue auquel nous consacrerons une dissertation spéciale. Nous nous proposons de faire voir dans cette dissertation, qu’à l’exception de quelques articles, les paragraphes qui composent ce premier chapitre du Yaçna sont plus systématiquement rangés qu’on n’est tenté de le croire au premier coup d’œil; quant à l’ancienneté des textes qui, comme celui-ci, servent dans la liturgie, elle doit égaler celle des premiers ouvrages qui contiennent les fondements de la religion; car l’établissement de la liturgie suit, en général, d’assez près celui du culte.

Pour terminer ce paragraphe, il ne nous reste plus qu’à relever les variantes que présentent les manuscrits pour les mots qui font la formule finale. Le n° 3 lit exactement au lieu de acharné

du Vcndidad-sadé, de du n° a F, et do jjlajiggjt du

n° 6 S. Tous les manuscrits lisent a sa lie comme notre lithographie, l’orthographe véritable est acliahê. Le n“ 6 S lit seul nyfQjJ. En résumé, nous traduirons ce paragraphe de la manière suivante :

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