CHAPITRE
pag. 8 , lisent . en substituant pu do à >j*i du. Cette der-
nière orthographe, du, est préférable, parce qu’da représente ava, tandis qu’do n’est d’ordinaire que la permutation d’ds. La diphthongue (<u, lorsqu’elle est médiale, paraît n’êtrc souvent qu’une variante de du, introduite par l’inattention des copistes qui ont confondu {tu do et >tu du, à cause de la ressemblance de prononciation qu’offrent ces voyelles. Si je dis que la leçon achâanâm est préférable à celle de achâonâm, parce que, dans du, nous devons retrouver ava, c'est qu’en effet achavanâm serait le génitif pluriel régulier de achavan, génitif dont la syllabe pénultième se contracte et devient du. Cette orthographe achâunâm me paraît tellement le résultat de la contraction, que l’on trouve fréquemment dans les manuscrits achaonâm, qui n’est encore qu’une contrac-
tion du même genre, ao représentant ava, par suite du déplacement du second « et du retour de v à son élément voyelle u . qui se fond avec l’a déplacé, tandis que dans du, l’a final de ava s'est réuni avec l'a initial pour former un d long, et laisser à part la voyelle > u, élément de v. Ce mot signifie * des purs, • au masculin parorum : remarque d’autant plus nécessaire ici , qu’il ne faut pas , comme Anquetil , établir entre cet adjectif et le mot suivant un rapport de concordance; car ce mot, que nous allons examiner, est au féminin, tandis qu’acÀdtmàm est bien évidemment masculin.
Le mot qui suit est lu comme dans le Vendidad-sadé par le n° 6 S et par le n° 3 S; le seul n’sF lit avec un ch, fravachinâm, correction qui me paraît nécessaire. C’est le génitif pluriel d’un nom féminin en i,fravaclti, dont les Parses ont fait le nom propre Ferouer. La désinence âm est jointe au thème terminé par ta voyelle i, au moyen de la lettre n, et sans allongement de la voyelle. C’est le contraire de ce qui a lieu en sanscrit, où la voyelle s’allonge devant le n intercalé; mais en cela, le zend ne fait qu’appliquer aux noms en i (et nous verrons plus tard aux noms en a), le principe que nous avons constaté en analysant le génitif d’un nom
en a, savoir, que la voyelle finale du thème reste sans altération devant la désinence nâm.
Quant au sens du terme fravachi, on sait que par Feroaer les Parses entendent le type divin de chacun des êtres doués d’intelligence, son idàe dans la pensée d’Ormuzd, le génie supérieur qui l'inspire et veille sur lui. Ce sens est établi tout à la fois par la tradition et par les textes. Aussi de tous les mots zends que Nériosengli , il y a trois cents ans, avait à traduire en sanscrit, il n’en est peut-être aucun qu’il dût plus religieusement conserver, parce que ce mot désigne un être que les Parses invoquent sans penser au sens propre du nom qu’ils lui donnent, et ensuite parce que la mythologie indienne ne lui offrait aucun personnage correspondant qu'il pût mettre à sa place. Loin de là, fravachi ne se trouve pas une seule fois dans la glose de Nériosengh, il y est toujours remplacé par le mot vriddhi (prospérité, succès). La phrase de notre texte est une des nombreuses preuves de ce que nous avançons. En faul-il conclure que, pour Nériosengh, le mot fravachi ne comprenait pas toutes les idées qu’il réveille ordinairement dans l’esprit d’un Parse? Je ne le pense pas, et il ne me semble pas ini|>ossiblc de rendre raison du choix qu’il a fait du mot vriddhi, au lieu de transcrire simplement fravachi, suivant sa méthode ordinaire. Rien n’empêche d'admettre qu'il ait donné au sanscrit vriddhi une signification spéciale, qui devait approcher beaucoup de celle du ternie zend.
Cette supposition deviendra presque une certitude, si l’on recherche quelle valeur peut avoir fravachi. Ce mot est formé, selon moi, de /fa, préfixe indiquant l’élévation, la supériorité, et du substantif vachi, du radical va ch , qui sans doute a du rapport avec la racine germanique wachscn (goth. vahsja), croître, augmenter. Cette racine se trouve en zend écrite tantôt vakhs ( vakhch ), tantôt vach, ou vas par suite d’un adoucissement de prononciation qui fait disparaître la gutturale pour ne laisser subsister que la sifflante. Nous la rencontrerons plus tard, soit dans des composés, soit isolément et em-