CHAPITRE I. a
ainsi que dans les substantifs polysyllabiques, et que les monosyllabes au contraire, qui en zend conservent en général plus entiers tous leurs éléments, parce qu’ils ont moins à perdre, échappent à cette règle. Autrement, si ghënâ était dissyllabique connue hizvâ , ou trissyllabiquc comme ndirikd, on ne comprendrait pas pourquoi ce mot ghënâ ferait son génitif d’après un autre principe que les substantifs précités 1M. Je lire de ce fait la conséquence que ghënâ est primitivement un monosyllabe , que la voyelle é n’y est qu’un scheva, et que ce mot représente plutôt ghna que ghana.
Le substantif que nous venons d’analyser ne doit pas se traduire, comme le veut Anquetil, par «qui sont femelles; » et quoique fravachinâm soit du féminin, on ne doit pas faire rapporter ghënànâm à ce mot, parce que ce dernier terme est suivi de tcha, qui nous annonce un objet nouveau d’invocation. Tout au plus pourrait-on dire, en subordonnant ghëndnâmlcha à fravachinàm, «les Ferouers « des hommes purs et des femmes. » Mais nous verrons au second chapitre du Yaçna ce même paragraphe, dont tous les mots sont à un autre cas, et nous reconnaîtrons que lo mot ghënâ ne peut être considéré comme subordonné à fravachinàm , mais qu’il l’est aux verbes qui dominent tout le paragraphe.
A ghënànâm se rapporte viré vâthwanâm , que le n” 6 S lit en deux mots comme notre Vcndidad-sadé. Le n° i F et le n° 3 S réunissent viré à vâthwanâm , à moins que le point qui doit séparer ces deux mots ne soit confondu avec le trait inférieur do la voyelle ô, ce qu’il est permis de conjecturer d’après le n° 3 S. C’est un adjectif composé de virô (forme absolue vira) et de vâthwa, qui a la désinence d’un génitif pluriel, lequel doit être féminin, quoique l’d long ne soit pas conservé devant le n intercalé. Anquetil traduit la réunion de ces deux mots par «assemblée (toujours) vivante,» en donnant à virô le sens général d’c'fre animé, qu’il lui attribue
ISI On trouve cependant aussi ghèrtanûm 1res manuscrits ont , dans les mêmes pasavec a bref, comme nAirikanûm ; mais d'au- sage» , ghénânôm.
a74 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
dans un précédent paragraphe. Nériosengh, assignant à virô la signification que nous avons indiquée plus haut, traduit : « assem- * blée d’hommes. » Le premier de ces deux mots, virô, ne peut faire difficulté, nous l'avons ci-dessus comparé au sanscrit vira. Le second, vâlhwanâm, dont la forme absolue est vâlhwa, a, selon Anquetil et Nériosengh, le sens d'assemblée. C’est une interprétation qui repose à peu près uniquement sur le témoignage des Parses, car je ne trouve pas que l’analyse étymologique la confirme d’une manière complètement satisfaisante.
Nous reconnaissons dans ce mot un suffixe lim a , pour le sanscrit tvn , et vâ qui doit représenter sans doute le radical zend et sansorit van. Nous avons en effet déjà remarqué que la syllabe an, tombant sur th, se contracte d’ordinaire en £ à , par exemple dans màthra pour man-tlira. Mais l’emploi du suffixe thwa fait ici difficulté; car thwa est , sans doute comme le sanscrit tva , un suffixe taihlhita qui, comme tel, ne peut se joindre à un radical pur ; il faut que le mot qui reçoit ce suffixe appartienne déjà à une catégorie grammaticale quelconque. Devrons-nous admettre que, contre l’usage du sanscrit, le suffixe thwa (ordinairement laddhila ) existe aussi en zend dans la classe des suffixes lait, ou bien que thwa est une altération de tlira , altération qui sera passée de la prononciation dans l’orthographe? Quoique ce changement de r en w dans thwa pour thra puisse au premier coup d'oui paraître surprenant , il ne m’en semble pas moins admissible en zend; car on ne trouve pas seulement vâ avec le suffixe thwa, maison a aussi màthwa,
qui ne peut pas prendre d’autre sens que celui de parole, et qui se trouve ainsi identique à màthra. Quelque explication que l'on adopte pour màthwa, il faudra l’étendre à vâlhwa. L’existence du premier de ces deux mots justifie déjà, si elle ne l’explique pas complètement, celle du second.
En admettant que nous soyons en droit de rattacher le mot vâlhwa au radical van (protéger, garder), nous devrions traduire ce