‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 120 sur 139 · CHAPITRE 1. agi · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. agi

reste plus ici qu’à faire remarquer la régularité du participe pérénd, nominatif du thème pérëna que nous trouverons plus tard employé dans les textes soit seul , soit avec d’autres mots. Si , comme il est permis de le croire, pérëna répond au sanscrit pûrna, il devra dériver du même radical; et entre la forme rende et la forme sanscrite, l'élément commun sera le suffixe na pour la. Mais la première devra passer pour plus régulière que la seconde, puisqu'elle conserve sans altération la voyelle radicale ërë pour le ri sanscrit. Il est vrai que l'on rapporte le participe pûrna à la racine pn; mais la différence de la brève à la longue ne peut faire difficulté ici, puisque le rend écrivant le son ri pr ërë ne paraît pas avoir connu de différence de quantité pour cette vocalisation de la liquide r. Peut-on savoir même si cette distinction de quantité n’appartient pas en propre au système indien, et si elle ne s’y est pas développée depuis la séparation du sanscrit d’avec le groupe primitif des langues auxquelles il se rattache par son origine?

Le mot suivant où le Yendidad-sadé insère à tort un a, et qu’il faut lire viçpatathâitcha avec les trois autres

manuscrits du Yaçna , est matériellement transcrit par la glose de Nériosengh, avec la modification légère, et d’ailleurs assez rare, de l'a zend changé en é. Anquetil trouve dans ce mot le sens de ■ qui fait tout naître;» et dans le fait, vtçpa (tout) est subordonné à lalhûi, datif d’un thème tatha, ce qui rend déjà compte d’une partie de la signification attribuée par Anquetil à ce mot. Quant à tatha, je ne me rappelle pas de l’avoir rencontré soit à part , soit en composition avec d’autres mots. Il vient certainement d’un radical verbal, mais il n’est pas facile de déterminer quel est ce radical. En regardant la voyelle finale du mot comme un suffixe, nous aurons pour racine lath ; et comme on ne trouve pas en sanscrit cette racine , on pourra supposer que c’est une modification de rTJ lad dans le sens de briller; mais cet exemple de la substitution du b th au 3 da dévanâgari serait peut-être unique, et c’est pour moi

29a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

un motif de n’attacher aucune valeur à ce rapprochement, qui d’ailleurs ne donnerait pas une traduction satisfaisante.

D’un autre côté, j’ai déjà remarqué autre part qu’on peut constater dans quelques radicaux verbaux de la langue zende l’addition d’une dentale qui n’appartient pas primitivement à la racine et M. Bopp a aussi fait la même remarque à l'occasion des radicaux zends çmidh et dâtli va. Si l’on appliquait ici cette observation, lath reviendrait à ta, ou même à td, car nous verrons que très-fréquemment le radical zend ddth s’abrége en dath. Nous ne trouvons pas, à vrai dire, en sanscrit de racine comme td; on peut néanmoins supposer que tâ se rattache au radical tan (étendre), car nous connaissons quelques dérivés, et entre autres cTTffr tdti (descendance , bis ), où le radical tan a compensé la suppression de la nasale par l’allongement de la voyelle. Rien n’est plus flottant, en effet, que les nasales à la fin d'une racine; et de même que gam a pour correspondant gd, on peut croire que tan a eu aussi td. Ajoutons qu’en grec le verbe niVa perd assez souvent sa nasale pour qu’on croie que le véritable radical est -m; et quant à l’addition du th au zend ta (pour fd), on peut dire qu’elle se trouve même en grec, où (filer) n’est autre chose que u'&> avec l’addition pareille d’un 8, consonne correspondant en général au <jy th zend.

Si les observations précédentes pouvaient être fondées, nous aurions dans tatlia un adjectif dérivé, au moyen du suffixe a, du radical lath, et propre à être employé comme seconde partie d’un composé, avec le sens de « celui qui étend. » Cependant, si le lecteur répugne à reconnaître ici l’addition du th à la racine ta pour td, il faudra supposer un radical zend ta (étendre) pour le sanscrit tan, avec un suffixe tha répondant au suffixe unddi du sanscrit BT tha, de sorte que tatha reviendra au sanscrit tantha , en supposant que ce dernier mot existe. Je n'ai pas encore trouvé un assez grand nombre de mots sanscrits formés de ce suffixe pour pouvoir

m Journal des Savants, octobre i833, pag. 593. — UT Veryl. Gramm. pag. îaa.

Page 1