‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 124 sur 139 · CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a

prime. Le commentaire pazend détermine encore de quelle manière il faut entendre le nombre de quarante-cinq du texte. Ce sont des jours, d’une part; et de l’autre, ce nombre indique une durée. Anquetil a proposé, pour le verbe gfo1 g), une autre in-

terprétation en note : « je me suis donné la peine d’agir, ou j’ai « opéré beaucoup, avec grandeur151. » Nous reconnaissons dans Idsit une forme dérivée du radical zend las, pour le sanscrit lakch, dont il a déjà été parlé plus haut; nous avons proposé de rattacher à ce radical lakch (devenu lach), le grec TiGtu : il vaudrait mieux y rapporter Tiirçoi, d’où TtKrur , qui a exactement le même sens que le sanscrit lakchan. La création du ciel est bien clairement indiquée dans notre fragment pazend, comme dans la glose de Nérioscngh qui a donné lieu à cette digression : évidemment ces renseignements divers sont puisés aux mêmes sources.

Quant au nom même du génie qui nous occupe, la comparaison du texte do l’Afrin du Gâhanbar avec celui de notre Yaçna donne lieu à une question que nous devons examiner ici. Nous avons vu ' que, selon le Yaçna, le nom de Medïozercm avait l’apparence d'un dérivé, formé du suffixe ya . maidhyôi zarcma-yài. Dans le texte de l’Afrin précité, au contraire, ce même nom se montre sous une forme primitive maidhyà zarma-hê. Il ne s’agit pas en ce moment de l'orthographe maidhyâi ou maidhyô; ce point sera examiné tout à l'heure. Ce que uous voulons constater ici, c’est que la seconde partie du nom zend de Medïozerem est, selon l’Afrin, zarma, selon le Yaçna, zarémaya. Or cette remarque, que n’a pas faite Anquctil, a quelque importance dans la question qui nous occupe; car il peut en résulter que le Gâhanbar dit Medïozercm porte deux noms dans les textes zends. Ne serait-il pas possible de saisir une différence dans l'emploi de ces deux noms? La différence ne peut-elle pas venir du double rôle assigné aux Gâhanbars par Anquetil, qui en ce point ne fait que suivre la tradition des Parses? Par le mot Gdhan-

w Zend Avtsta, loin. U, pag. 8a , note 4

3oo COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

bar les Parscs désignent, en effet, 1“ les six époques pendant lesquelles Ormuzd a créé le monde; a“ six fêles de cinq jours chacune, instituées par Djemschid en mémoire de ces six époques. Anquetil, dans son Zcnd Avcsta, n’a pas indiqué suffisamment cette distinction; et quoiqu’il connût très-bien la différence que nous venons de rappeler, il n’a pas éprouvé le besoin de déterminer d’une manière précise, dans chaque passage donné, s’il s’agit de l’époque cosmogonique et divine, ou de la période humaine qui la représente dans l’année, et qui est destinée à en célébrer le souvenir. 11 résulte de là beaucoup de vague, et même de la confusion dans ses énoncés; mais je ne crois pas que la faute vienne de lui seul : elle me paraît également appartenir aux Parscs. Les textes du Zcnd Avesta, relatifs aux Gâhanbars, sont d’ailleurs trop peu nombreux pour qu’on puisse toujours, par la comparaison des divers passages, arriver à déterminer s'ils veulent parler de tel ou tel Gihanbar, considéré comme l’une des époques de la création (hypothèse qui me paraît de beaucoup la plus vraisemblable), ou comme l’une des fêtes commémoratives de la période correspondante pendant laquelle Ormuzd a créé. Nous n’avons pas l’avantage de posséder, pour la totalité du Zcnd Avesta, un commentaire comme celui de Nériosengh, commentaire qui, malgré ses imperfections, contient tant de renseignements précieux, et qui nous apprend, entre autres choses, qu’ici le ydirya mçtidliyài zarcmaya désigne l’une des époques de la création des choses, et en particulier celle de la création de l’éther ou du ciel.

Les textes cependant devraient fournir les moyens de sortir de cette difficulté, et l’on désirerait trouver une distinction entre les Gâhanbars désignant les époques du monde, et les Gâhanbars indiquant les fêtes destinées à célébrer ces époques. Si le passage précité de l'Afrin du Gâhanbar n’est pas altéré, la solution pourrait se trouver dans la comparaison de ce texte avec celui du Yaçna. Le premier nous donne maidhyû zarma comme le nom de la période pen-

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