‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 125 sur 139 · CHAPITRE I. 3oi · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 3oi

dant laquelle Ormuzd créa le ciel. Cette période, comme toutes celles de la même espèce, doit être contenue dans une année de trois cent soixante-cinq jours, et sa durée est de quarante-cinq jours. S’il faut en croire l'interprète parsc du texte zend que nous avons cité, le mot vahislahé désigne ici, comme nous l’avons dit tout à l’heure, le mois Ardibehescht ou le second mois de l'année persane, et le terme des quarante-cinq jours est marqué par le mot dathuchô, pris comme nom du quinzième jour de chacun des mois persans. Certainement nous ne pouvons affirmer que l’interprète parse n’ait point forcé ici le sens des mots zends qu’il cite. On peut dire cependant que son explication paraît très-plausible, et il y a tout lieu de croire que dans le texte original où il a trouvé ces mots, il était question, i° de la détermination de la durée de la période dite maidhyâ zarma; a” du nom même de cette période; 3” des noms du mois et du jour auxquels aboutit cette période. Si les mots zends précités avaient été, au moins quant à leur application, choisis et rassemblés d’une manière systématique par l’auteur de l’Afrin du Gâhanbar, on ne comprendrait plus pourquoi ces mots sont donnés au génitif; la forme désinentiellc qu’ils ont gardée au milieu d’un texte qui se distingue par l’absence presque complète de désinences, est à mes yeux une preuve assez forte de leur originalité.

La conclusion que je crois pouvoir tirer de ces remarques, c'est que cette indication du nom zend du Gâhanbar Medïozercm n’est pas de la même date que le morceau pazend qui nous l’a conservée; qu’elle est antérieure à la rédaction de ce morceau; conséquemment, enfin, que les textes zends ont dû contenir des renseignements sur les six époques de la création et sur les périodes qui les représentent dans l’année. Cette observation peut ne pas paraître inutile, si l’on se rappelle que l’on chercherait peut-être vainement dans le Zend Avesta d’autres indications sur la forme ancienne de l’année persane. Or, les données qui constituent de fonds du présent paragraphe et des cinq autres qui le suivent, contiennent quelques-uns

3oa COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

des éléments de cette année, extraits, comme nous le supposons, des livres zends eux-mêmes, et conservés dans la langue de ces livres. La réunion des Gàhanbars forme une année de trois cent soixante-cinq jours. L'examen des six textes relatifs à ces époques nous donne, pour six mois, les mêmes noms que ceux que leur assignent les Parses. On y voit encore que chacun des jours du mois portait le nom d’un génie, qui marquait la place de ce jour dans le mois même. Enfin l’existence des cinq Gâlhâs indique, comme nous le verrons, celle des cinq jours épagomènes.

Si le nom de maidhyà zarma est, selon l'Afrin, celui de la période pendant laquelle les Parses pensent qu’Ormuzd créa le ciel, on pourrait supposer que celui de maidhyôi zarimaya sert à désigner la fête de cinq jours consacrée au souvenir de cette période; car maidhyôi zarimaya est un adjectif régulièrement dérivé du premier nom, et dont le sens est : ■ relatif à Mcdïozerem. » Je n'ignore pas qu’on peut dire contre cette supposition, qu’elle est aussi inconnue à Nérioscngh qu’à Anquetil, et que c’est un seul et même terme générique, yàirya (primitivement annuel ), qui désigne en zend et la période de la création, et la fête de cinq jours destinée à la célébrer. Mais si les Tarses ont pu se contenter du nom de yâirya pour désigner en général l’ensemble de ces périodes divines et de celles qui les représentent dans l’année, il n’est pas pour cela démontré que la même chose ait eu lieu pour le nom spécial de chacune des six époques, et le rapprochement des formes zarimaya et zarma donne un certain degré de vraisemblance à la précédente explication. J’avoue toutefois que je voudrais, pour l'admettre définitivement, trouver dans un plus grand nombre de textes l’orthographe zarcma opposée à celle de zarimaya. Jusqu’ici la première de ces deux formes est de beaucoup la plus rare, et son authenticité n’est pas assez solidement établie pour qu’on puisse croire, sans restriction, à son existence dans la langue zcndc. Aussi devra-t-on, dans le cas où l’interprétation proposée ne serait pas admise, regarder la forme zarmahi comme

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