CHAPITRE I 3o
une corruption de zarmayihê, qui serait l’orthographe régulière; et comme il n’est pas aisé de rendre compte d’une altération aussi forte par les lois de la langue zende seule, on sera conduit à supposer que zarmahê a etc formé après coup du pazend zarëm . descendant luimême du zend zarcmaya, k l’accusatif zarémaêm. J'ajouterai qu’il faudra étendre cette supposition à deux autres passages du Vispcred où le mot zarama, ou bien zaréma, est donné sans aucune marque de dérivation 1M.
Aux difficultés que nous venons d’exposer se joint celle que présente l’explication étymologique de ce mot. La question de savoir s’il faut lire maiilhyô (médius), ou maidhyâi (in medio), dépend du sens qu’on devra attacher à zarëmayâi ; elle est d’ailleurs peu importante. Mais ce sens lui-même n’est pas aisé à découvrir: la comparaison du zend avec le sanscrit ne nous apprend rien sur le mot zarma, en supposant que ce mot existe. Quant à zarcmaya, ou peut le comparer au sanscrit harmya (palais); toutefois il devient nécessaire de su[>poser que l’orthographe primitive de notre mot zend est zarémya, et que la syllabe aya est le résultat d’une erreur des copistes. La réunion des deux mots maidhyâi zarémya doit former un adjectif possessif signifiant ; • qui a sa demeure au milieu; • mais ce sens est trop vague pour être admis en l’absence d’autres preuves. Si zarémaya est, comme je le crois, la forme véritable et primitive de
m Vendidad-tadi , psg. 16 et y3. Je crois utile d'ajouter ici quelques-unes des orthographes du nom de Medïoterem, que l’on rencontre dans divers fragments tends ou paient! s , tels que l’Afergan du Gâlianbar, morceau qui se trouve dans plusieurs manuscrits de la Bibliothèque du Roi. Je le rencontre au même cas que dans notre texte , dans les mss. suivants : maidhyô zaramayahê, n" 4 F. p. 1 85 , et n" 3 S, p. 353 ; maidhyô zaramayêhè, n” 4 F, p. 188, et n' 3 S. p. 353 cl 354 ; maidhyô zarëmayihi ,
n* 4 S, p. 73, n* t5 S. loi. a4o. et n* 5 F, pag. 60; maidhyôi zanmayêhi , n" i5 S, loi. a4l maidhyô zarmayéhê , a" i5 S, fol. a4i C* et v*. le même mol est écrit, à l’accusatif, maidhyô zarrniaêm , n* 4 S, pag. 70, et n* i5 S, fol. a4a r*. maidhyô zararnem , n* 3 S, p. 353, et n" 4 F, p. 186 ; mai rftjH zarémém, n0 i5 S, fol. a 4a r*; ma idliyâi zarémaêm , n* 5 F, pag. 57. La comparaison de ccs variantes montre suffisamment que les manuscrits préfèrent l'orthographe zaramaya.
,io4 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
ce mot, il est permis de conjecturer que IV qui précède m est le substitut d'un a changé par l'action bien connue de la nasale. Alors on aura zaramaya, formé de znra (or), dont le radical est zar qui fait déjà zairi, et de maya, qui est peut-être le suffixe sanscrit signifiant fait de, et on traduira cet adjectif par aurcus.
Quant aux interprétations proposées par Anquctil, je ne vois pas le moyen de les justifier. Ce n’est certainement pas assez de dire
* grand et fort » pour maidhyâi zarëmaya; et quant au sens de « qui
* adoucit, qui affaiblit, » je n’en trouve pas la trace dans l’original. La signification que présente ce mot composé, • in inedio aureus, • ou « médius aurcus, • semble au contraire s'accorder assez bien avec la notion que les Parscs rattachent au nom du Gàbanbar Medïozerem, celle de la création du ciel. C'est une croyance commune aux anciens peuples de l’Arie et aux Brahmanes, que le ciel visible, quelquefois confondu avec l’atmosphère, n’est qu’une région intermédiaire entre le globe terrestre et une ou plusieurs sphères plus élevées; et peut-être cette notion elle-même est-elle exprimée par le mot sanscrit anlarikcha, sur l’étymologie duquel les grammairiens indiens ne paraissent pas fixés. L’idée de doré, si voisine de celle de lumineux , achève de donner une assez grande vraisemblance à l’explication que nous venons de proposer, et dont le résultat est que Medïozercm désigne l’époque à laquelle a été créée la sphère intermédiaire et lumineuse qu'on appelle le ciel, en zend açman.
Les autres mots de ce paragraphe présentent Jcs variantes ordinaires. Tous les manuscrits lisent au lieu de achahè; le
n° <5 S lit seul et j|\>j»yyai; il ne sépare pas ce mot de celui qui
le précède. Au reste, comme les mots dont se compose notre paragraphe sont, à vrai dire, des noms propres que l’on peut bien essayer d’expliquer, mais dont on peut donner l’équivalent dans une traduction, nous n’aurons rien à changer à l’interprétation d’Anquctil.
« J’invoque et je célèbre les Gàhanbars, maîtres de pureté, Medïo- « zerem (Maidhyôi zaramaya), pur, maître de pureté. •