‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 128 sur 139 · CHAPITRE I. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 3o

« Medïoscliem. Dans le mois Tîr (quatrième mois), prenant du jour * Dée pé-meher au jour Khorschid (du t5 au 1 1), le jourDée pé- « melier à la fin, c’est le Medïoscliem IM. »

Je n’insisterai pas sur ce texte, dont la teneur est la même que celle du passage cité au paragraphe précédent , et qui n’en diffère que par le nom du génie et par l'objet de la création. J’aurais même pu me dispenser de le donner ici, mais les variétés d'ortbographe qu’on remarque dans la partie écrite en pazend m’ont paru devoir être indiquées; on peut apprécier par là quel travail critique il serait indispensable de faire sur les textes de ce genre, avant qu’on pût essayer d’en ramener la langue à quelques règles fixes. Le texte de l'Afrin du Gâhanbar nous donne, au reste, une variante nouvelle pour le nom qui nous occupe. Outre que maidhyô s’y trouve au nominatif et non au locatif (maidhyôi), la seconde partie de ce nom est écrite sama (au génitif samahé) Je n'ai rencontré jusqu’ici le mot sema ou sama qu’en composition avec maidhyô ou maidhyôi, pour former le nom propre Medtoschem. 11 m’est donc difficile de déterminer l’orthographe et la signification d’un terme pour lequel nous n’avons qu’un aussi petit nombre de moyens de comparaison. Je crois cependant que l’orthographe radicale doit être chôma, et je me fonde sur ce que le s dental n'est pas étymologiquement per-

yahé est une faute des copistes pour tistryi- M.c'cst le nom de l'astre Taschter.donl on a fait Tir. On remarquera dans le paiend le mol hrïiti , 3* pers. plurielle de l'indicatif présent du verbe auxiliaire rire , au lieu de hem, 1 " pers. du même mode et du même temps , qui se rapporte à Orrnuzd , et que donuent les autres articles relatifs aux autres Gàhanbars. Ces formes qui répondent, l une, In'm, au persan yô, et l’autre, heni, à •Kjl , sont intéressantes pour l'histoire de la langue persane en ce qu’elles ganlent la trace du i radical dans ce verbe: ce sont des

restes de a-m-i et de snnf-i. Le pasend écrit quelquefois la prononciation, par exemple dans nihAl, en persan •>' jy que M. Pott ( Elnn. Forsrh. pag. 186) rattache justement au sanscrit nidhd.

,w 7. nui .Ivesta, lom. II . pag. 84.

M> Voici quelques variantes du nom de ce Gâhanbar extraites dcl’Aferghao du Gàhanbar. On trouve ce mot au génitif, écrit maitlhyô samahé , n“ 3 S, p. 353, et n" 4 F, p. 1 86 : maidhyô setnahc, n* 3 S , p. 354 , et n’ 4 F. p. 18g; maidhyiisimahê, n* 4 S, p. 74, et n" 5 F. p. 61.

3o8 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

mis (ou du moins n'cst pas ordinaire) en zend devant la voyelle a. Si s se trouve quelquefois initial devant cette voyelle , c’est qu’il a pour les copistes la valeur de ch.

Quant à chama pour chéma, la première orthographe est appuyée par le plus grand nombre des manuscrits; mais la seconde n’en est pas moins régulière en zend, car nous savons qu’a bref devant la nasale labiale m a une tendance marquée à s’abréger encore en é. Comparé au sanscrit, le zend chama doit se rattacher soit à kcharn , soit à chant. La première supposition nous donne pour correspondant du zend chama, le sanscrit ïRTf kchamû (terre); et en réunissant ce mot au locatif maidhyoi pour en faire un composé possessif, nous traduirions maidhyôi chama par « in medio terram habens. . Or, il est bon de remarquer que celte expression s'applique convenablement k l’eau , élément créé par Ormuzd pendant la période nommée Medïoschcm, et au sein duquel repose la terre, selon l'opinion commune des anciens philosophes de l’Orient. Sans doute, pour que notre explication fût complètement démontrée, il faudrait trouver à part le zend chama dans le sens de terre. Mais dans l’état d’imper fection où nous ont été transmis les textes du Zend Avcsta, on est assez fréquemment privé du secours que ne pourrait manquer d’offrir la répétition d'un même mot dans des positions’ diverses. On est donc obligé de se contenter souvent du sens que fournit l’analogie si uniformément constatée du zend et du sanscrit.

Dans le cas présent, la signification que j’assigne à chama ou chema me paraît répondre, mieux que toute autre, au rôle du génie Medïoschem. Si l'on préférait la signification de nuit, il faudrait traduire le composé par « in medio noctem habens. • Cette expression obscure ne peut passer pour l’indication, même incomplète, de ce que nous entendons par équinoxe; et d'ailleurs dans le calendrier, tel qu'il résulte de la situation du Gàhanbar indiquée par l’Afrin précité, Medïoschcm occupe une position non pas équinoxiale, mais bien solsticiale. Le nom de Medïoschcm, il est vrai, peut avoir été

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