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l’une sur l'autre procède en zend de la seconde à la première, comme cela se voit le plus souvent en sanscrit. C’est vraisemblablement cette aspiration inhérente. à la liquide r, qui est écrite, lorsqu'au lieu de suivre la consonne, r tombe sur une gutturale ou une labiale forte dans les mots vëhrka (loup), mahrka (mort) et kéhrpa (corps). 11 est vrai cependant que l’on remarque (et nous avons donne ces faits dans notre liste des combinaisons des consonnes), r précédant la forte de la classe des gutturales et des labiales, les liquides y,v, les sifflantes et la nasale m, sans être escorté de ce h dont il semble nécessaire d’accompagner la liquide r, lorsqu’elle n’est pas précédée d’une consonne. Mais nous ferons observer que la plupart des combinaisons de r consignées dans notre Tableau s’écrivent aussi en intercalant, entre r et la consonne, IV bref, qui, comme nous l’avons déjà indiqué, remplace le scheva, de cette manière: karëla au lieu de karta. Le mot dans ce cas ne doit plus être épelé de la même façon : au lieu de kar-ta , on a ka-rë-la; ce n’est plus là le cas de vëhr-ka , dans lequel on peut supposer que le h fait partie de la syllabe véhr, et distingue, par sa présence, r précédé d’une voyelle et tombant sur une consonne, de r entre deux voyelles et formant avec la seconde de ces voyelles une syllabe ( ka-rc-la ). Quelle que soit au reste la valeur de cette observation , on remarquera que r ne précède jamais une sonnante, excepté les semi-voyelles et m.
Le n° 8 ^ z est, également de l’aveu de M. Bask, le z grec et persan. Il est nécessaire toutefois de prendre en considération l’observation suivante. On sait que le dévanâgari ne connaît pas le z, de sorte que le z zend existe dans la langue des Parses, ou parée qu’elle possède des mots non sanscrits où se trouve cette articulation, ou parce que le z zend est le substitut d’une autre lettre indienne. Nous verrons que c’est par ce dernier principe que l’on
le Nouveau Journal asiatique (tom. IX, aime aussi le groupe àr. que Grimro (tom. I. pag. 53 et sqq). J’ajouterai que le gothique pag. 7a) rattache au p grec et au rh latin.
lxxx ALPHABET ZEND.
doit rendre raison de l’existence de la lettre z en zend. On reconnaîtra que les mots de l’ancien persan où elle se rencontre peuvent se ramener à des mots sanscrits qui ont une autre lettre. Les consonnes pour lesquelles z est le plus fréquemment substitué, sont h et dj dévanâgaris, et un ç ou j zend. Quelques remarques mettront dans tout leur jour les faits que nous venons d’indiquer.
Nous avons dit que le z zend répondait souvent à un h dévanâgari. Ce fait est un des mieux démontrés de tous ceux qu’a fait jusqu’ici connaître la comparaison des lettres zendes et sanscrites ; nous ne nous arrêterons donc pas à en donner des exemples 51 . Cependant le changement de h sanscrit en z. joue dans la langue zende un rôle trop important pour que nous n’en cherchions pas la raison sous le point de vue philologique. Les remarques dont il va être l’objet, ne seront pas inutiles pour la suite de notre discussion sur l’alphabet zend comparé à l'alphabet dévanâgari. Nous ferons d’abord observer que le h devient z dans d’autres langues que le zend, et particulièrement en lithuanien où z remplace fréquemment un h
" L'application de la règle qui , en zend , nous fait reconnaître z comme substitut d’un h, peut servir à expliquer un mot sanscrit , dont l'origine est obscure. Je veux parler du superlatif nêdichtha (le plus prés), qui n'est autre chose que le zend nazdista. On dérive nêdichtha d'un thème nêda qu'on n'explique pas. 11 me semble plus naturel d'y voir une forme partie du primitif qui a donné naissance au zend nazdista , peutêtre même une altération de ce superlatif. En effet, tandis que le sanscrit nêdichtha est isolé dans la langue, et qu'il est par suite difficile à analyser, on peut rendre compte de nazdista dans lequel nazd reste comme la forme absolue du mot , après qu'on en a retranché la formative du superlatif ista . Le monosyllabe nazd doit
avoir eu, à la forme absolue, un a final ; et avoir été nazda, dans lequel on retrouvera ou un participe parfait passif de naz (s’approcher), dont le suffixe ta aura été changé en da par suite de l'action de la sonnante z sur la sourde t , ou, ce qui me paraît plus vraisemblable, un mot com|>osé de naz et de da ( donné prés), composé analogue aux mots yaoj-da et mfj-da , dont il est parlé ci-dessous. Le radical naz est la forme zende du radical sanscrit nah , qui est bien connu pour appartenir également aux dialectes germaniques (cf. l'allemand nahe, nach, l'anglais next, etc.) ; de sorte que le nêdichtha du sanscrit est ramené, mais en passant par le zend , à une racine qui lui appartient aussi bien qu’à l’ancienne langue des Persans.
ALPHABET ZEND ' lxxxi
sanscrit. En voici quelques exemples, avec les formes que prennent les mots qui nous les fournissent dans d’autres langues anciennes ou modernes de l’Europe.
Sanscr. mih, litii. myzu, zend miz, gr. lat. mingo.
Sanscr. hima, lith. ziema, zend zydo, gr. lat. hiems.
Sanscr. hamsa, lith. zasis, gr. ^»V, goth. gans, lat. anser.
Sanscr. b-hâmi , lith. zeme , z. zem , gr. %yuu, goth. gaui, lat. humus. Sanscr. hrïdaya, lith. szirdis, gr. mafjia, lat. cor, goth. hairtô. Sanscr. aham, lith. isz, zend azëm, goth. ik, gr. *>', lat. ego. Sanscr. hasta, zend zasta, gr. goth. hand, lat. pre-hend-ere. Sanscr. mahat, zend maz, goth. mikils, gr. pdytç, lat. magnas. Sanscr. hari, zend zairi, gr. lat. viridis w.
" Quelques-uns des exemples de cette liste ont besoin d'explication : ce sont les diverses formes des mots muin et vert. T ai cité le grec % ip et moins d’abord
pour les rapprocher des mot» qui leur correspondent dans d’autres langues, que pour compléter ma liste. 11 ne serait cependant pas impossible de ramener le premier de ces mou au radical duquel dérivent d'un cAté hasta , et de l'autre hand. Il faut d'abord remarquer que le hasta et le zasta sanscrit et zend ne sont pas fort éloignés du hand et du pre-hendere germanique et latin. Le radical est la syllabe ha, suivie dans un cas d'une sifflante, dans l’autre d'une nasale, sons très Agitants de leur nature. Nous devons en effet détacher du sanscrit et du zend hasta et zasta, la syllabe ta qui n’est autre chose qu’un suffixe dont la suppression nous laisse has pour radical. C’est de celte manière que les Brahmanes expliquent leur hasta ; mais la racine has a le sens de rire, ce qui nous donne une étymologie insou-
tenable. J’aimerais mieux dériver has-ta du radical hri (prendre ) , avec guna , har, dans lequel la liquide serait changée en la sifflante s, par suite de l’influence du t, qui recherche, comme on sait , la sifflante dentale. Je n’ignore pas que le changement de r en s n’est pas très-commun en sanscrit; car je ne puis me servir de dur, nir, et autres qui, dans certains cas, deviennent duch { dus ) et nich ( nis ), parce que, suivant moi . ce sont ces dernières formes qui sont primitives. Mois comme s est fréquemment remplacé par r, on pourrait admettre aussi le changement inverse, celui de r en i devant une dentale dure , ainsi que cela a lieu dans punar, devenant panas. Si cette opinion était adoptée, le mot grec %ip n’en deviendrait certainement pas davantage le has-ta sanscrit. Mais il sortirait du même radical hri , changé par le guna en har, dont le datif pluriel est la transcription aussi exacte qu’on peut la désirer. Dan» cette hypothèse, le grec % lf dériverait immédiatement du radical hri ,