‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 14 sur 139 · LXXX1I · texte numérisé non relu

LXXX1I

ALPHABET ZEND

Cette liste démontre suffisamment la relation mutuelle de tous ces sons h, % ou ch allemand, k ou c dur, et z. Le lithuanien possède même un sz qui se prononce à peu prés comme ch français ou sclt allemand. Ce sz qui, dans quelques-uns des mots précités, répond au h dévanâgari, représente de même un A des dialectes germaniques; mais c’est surtout, autant que nos moyens limités de comparaison nous ont permis de le reconnaître, avec un ç palatal dévanâgari et rend que cette sifflante sz a le plus de rapport, par exemple: sanscr. çvan, 7, end çpâ, lith. szu, goth. hunths, gr. ulm, lat. canis, franç. chien; sanscr. çala, zend ç ata, lith. szimta, ail. hundcrt, gr. lat. ctntum, franç. cent ( pron. sent); sanscr. daça,

zend daça, lith. deszimts, goth. taihan, gr. /«'«», lat. decem, franç. dix (pron. dis).

De ces analogies, toutes incontestables, nous n’examinerons en ce moment que la dernière, celle qui rapproche le A sanscrit ducA français, par l'intermédiaire du sz lithuanien. Une fois qu’on a reconnu que la sifflante ch est une des permutations possibles de l’aspiration passant à l’état de consonne plus fortement articulée, il faut admettre

sans addition d’aucun suffixe; ou plutôt le suffixe, quel qu’il soit, mais qui a laissé une trace de sa présence dans le guna de hri en har{%p), aurait disparu. L’adjectif parait peut-être plus difficile à ramener au sanscrit hari. Cependant nous remarquerons d’abord que hari signifie également vert et jaune, comme cela est très-naturel , et qu’ainsi nous avons pu comparer è hari le grec plutôt que

qui, d’ailleurs, signifie autant jaune que vert. Si nous détachons de part et d’outre les désinences i et os, nous avons har et aty, et ce dernier root peut être identique au premier, dont il ne diffère que par le déplacement de a»,

= har, le^ grec étant presque toujours ,

comme le démontre notre liste , un h sanscrit. On ne s’étonnera pas de voir la voyelle déplacée dans tin mot où figure la liquide r, car c’est , è vrai dire . cette liquide ellemême qui a quitté sa place pour se joindre à la gutturale. On sait qu’il n’y a pas de lettre qui soit moins stable que le r, et que tantôt elle précède dans une langue, et tantôt elle suit dans une autre la consonne la plus prochaine avec laquelle elle peut s’unir; nous nous contenterons de comparer ensemble le latin rapio et le grec apïï-ilÇcù , repo et tprai , qui revient au sanscrit srip,e n latin serpo. On pourrait même conclure de cette comparaison l'identité primitive de et eD passant

par^e^V-

ALPHABET ZEND. lmxiu

aussi toutes les modifications connues de cette sifflante; savoir, la douce j qui lui correspond , la sifflante dentale s, et sa douce z. Tous ces sons s’ordonnent donc de la manière suivante : au point de départ est un h, élément générateur des sons et des articulations, suivant qu’il est modifié par le jeu des diverses parties de l’appareil vocal. On ne peut bien juger de ce h qu'en oubliant la prononciation très-adoucie qu’il a le-plus souvent dans les mots français, tels qu’on les prononce à Paris surtout. Ce h est l’aspiration elle-même, qui, devenant plus forte encore, confine à la gutturale. Alors c’est le x grec, le x espagnol, le $ allemand. Arrivée à ce point, l'articulation h prend deux directions différentes. D’un côté, elle devient purement gutturale, c'est le k avec ses variétés en grec, en latin, en français, etc. De l’autre, elle devient chuintante, siffle dans l’organe vocal au lieu de s’arrêter à la gorge, et ainsi le d) allemand n’est plus pour un Français que ch (sch allemand). C’est lé que se trouve l’origine de tous les sons sifflants dérivés de l’aspirée forte. En effet, ch donne j qui, à son tour, engendre z, lequel est de tous les sons sifflants le plus adouci, en ce qu'il garde le moins de la gutturale, et que , s’il a une très-grande affinité avec un autre ordre d’articulations, c’est avec celui des dentales qui sont incomparablement plus douces que les gutturales. Je rappellerai , pour les personnes qui n’auraient pas songé à observer ces changements de lettres, les essais de prononciation des enfants qui trouvent les dentales avant les gutturales, et z avant j. Je citerai en outre, pour faire remarquer les diverses modifications de l’aspiration, les formes que prend dans divers idiomes le latin hortas, en grec ^ykr. anc. lat. chors, chortis , (d’ou le français cour), l'allemand garden, l'italien giardino, le français jardin, qu’un Allemand prononce chardin, et un enfant zardin. Nous pourrions multiplier les" exemples pour prouver que la sifflante z est, pour les langues ariennes du moins, dans la série des permutations de h; cette proposition nous semble suffisamment démontrée. Il était toutefois nécessaire de nous y arrêter un

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instant pour mettre dans son vrai jour le rapport du z zend au h sanscrit. C'est le .z qui me paraît postérieur, et le h dévanâgari est à son égard l’articulation qui le produit par des modifications successives.

La consonne z est encore assez fréquemment le substitut du dj sanscrit, par exemple dans zantu (une certaine divisiqn territoriale habitée), pour le sanscrit djanlu (être vivant); baêchaza (médicament), pour le sanscrit bhêchadja, et plusieurs autres. Dans le plus grand nombre de cas, la simple inspection du mot zend suffit pour faire connaître quelle est la lettre de l'alphabet dévanâgari, h ou dj, k laquelle répond le z zend. On trouve cependant deux mots qui, par la ressemblance qu'ils offrent l’un avec l’autre, et la facilité qu’on a de les rattacher à deux radicaux différents, peuvent au premier coup d’œil offrir quelque embarras. Le mot zend ërëzata signifie argent, et c’est évidemment le même mot que le sanscrit radjata et le latin argentum. Si même on se rappelle l’observation que nous avons faite plus haut sur la voyelle ri, en zend ërë, on pourrait croire que le sanscrit radjata ne diffère du zend ërëzata que par ra, modification irrégulière de la voyelle ri (zend ërë). Ce ne serait donc plus au radical verbal rahdj (colorer), qu’il faudrait demander l’étymologie du sanscrit radjata, et cette dérivation devrait être négligée, comme beaucoup de celles que proposent les grammairiens indiens pour certains mots difficiles. Le rapprochement du sanscrit radjata et du zend ërëzata nous conduirait à un radical rïdj , en zend ërëz , où le z de l’ancien persan représenterait un dj dévanâgari. Or, on trouve en sanscrit deux radicaux, rïdj et ardj (gagner), qui ne sont que la modification très-légère l’un de l’autre au moyen du guna, et auxquels il paraît nécessaire de rattacher le zend ërëzata; et si ërëzata a autant de rapport avec radjata que nous le croyons, on peut conjecturer que radjata lui-même dérive par un guna irrégulier de celui de ces radicaux qui a la voyelle ri. Je sais bien que cette explication a le désavantage de substituer une

ALPHABET ZEND

étymologie métaphysique à une dérivation prise dans un ordre d’idées plus matérielles, et empruntées de la notion de couleur ( randj ) Mais, en admettant que le rapprochement de radjata sanscrit et de erëzata zend ne soit pas fondé, et qu’il faille toujours tirer radjata de randj, on conviendra sans peine qu’on n’en peut faire autant du mot érczata, et qu’il faut nécessairement y voir un radical ërëz, qui, au premier abord, paraît être en sanscrit rîdj.

D’un autre coté, si le z de la racine ërëz ne répondait pas à un dj dévanâgari, et qu’il fût le substitut d’un A, ce ne serait plus à un radical sanscrit rïdj qu’il faudrait s’adresser, mais à une racine rih. Cette racine n’existe pas, il est vrai, en sanscrit; cependant nous y trouvons un mot qui peut n’en être qu’une modification très-légère; c’est le radical arh (valoir, mériter), qui permet de supposer lin rih, au même titre que ardj revient à rïdj. Dans cette supposition, le mot zend erëzata se rattacherait non plus à un radical rïdj (gagner, acquérir), mais à un radical ancien (conservé dansnrA) rih (valoir, avoir du prix), et on laisserait de côté le rapprochement proposé entre erëzata et radjata, dont on respecterait l’étymologie indienne. Ce qu’il y a de certain, quelque opinion qu’on adopte d’ailleurs sur ces rapprochements, c’est que le radical sanscrit arh, sous sa forme

M D est peut-être permis de rattacher au radical ridj (radical auquel nous conduit la comparaison du zend erëzata et du sanscrit radj-ata ) la notion de couleur , de sorte que l’étymologie du nom de l’argent, en sanscrit comme en zend , continuerait d’être empruntée au même ordre d'idées qu’indique la racine randj. En effet, le Tooiardjuna a, entre autres significations, celle de htanc. Or, quoique la dérivation de ce mot ne soit pas très-claire , on y peut voir un radical ardj (en sanscrit gagner ) qui , dans la supposition qu’il aurait le sens d 'être blanc , serait exactement le grec itfyç

(blanc), d’où apy/pof (argent). Nous sommes en outre autorisés par la discussion qui fait le fonds de notre texte, à ramener ardj à une racine rîdj, de laquelle nous venons de démontrer que dérive nécessairement le zend éréz-ala. Cette racine à laquelle on donne le sens de gagner, aurait donc aussi celui* d'être blanc , et ce serait de cette dernière signification que viendrait d’un côté le zend erëzata, ei de l'autre les mots sanscrits ardj ana (blanc) , et radj-ata (argent). Si même l'allemand Erz n’était pas aussi rapproché du latin 01 et du sanscrit ayas, on pourrait croire qu’il appartient à cette famille

lxxxvi ALPHABET ZEND.

que je serais tenté de regarder comme secondaire, n’est pas inconnu en zend même, où nous voyons arëza (prix, valeur), qui est même beaucoup plus souvent écrit arédja , orthographe dans laquelle il ne faut voir, selon toute apparence, qu’une permutation irrégulière du z , primitif à l’égard du dj.

Il nous reste à indiquer les autres consonnes pour lesquelles le zend emploie souvent la lettre z; ce sont les deux sifflantes ç et s. On trouve fréquemment que la consonne z est le substitut , devant certaines lettres, des sifflantes f et j existant déjà dans la langue à la fin d’un mot. Ainsi la préposition uç (préposition qui n’est sans doute autre chose que le us gothique et le at sanscrit) reste, lorsqu’elle est isolée, sous cette forme ou sous celle de us, par suite d’une confusion des sifflantes que nous indiquerons tout à l’heure Mais lorsqu’elle se joint à un mot commençant par

'* Le# diverse# forme# que prend la préposition gothique us, tant dan# les dialectes germaniques que dan# les langues lithuaniennes et slaves , forme# que J. Griram a rassemblée# ( Dentsch . Gramm. loin. III.

p. 253), offrent de curieuse# analogies avec les faits de l'euphonie zende que nous exposons en ce moment ; et elles me confirment dan# une conjecture que je n'eusse pas osé indiquer de moi-même, sur l’identité de «a et grec avec le zend uç (at). En effet . les diverses orthographes de cette préposition dans l'ancienne langue des Parse# ont autant de représentants dans les roots de» idiomes suivants : goth. as, uz uh ; anc ali. ur; slav. iz ; lithnan. in; anc. prussien it; letton, is; latin ex; grec ta, «J. L'orthographe zende de cette préposition quand die est isolée, uç, donne le grec t’a, puisque ç zend égale a grec. L'orthographe plus rare us est le gothique tu , dont l'adoucissement uz est analogue au slave iz. J’ai

dit dans le texte que le uç zend était le même que le sanscrit ut : ceci a besoin d'explication , d'autant plus qu'on pourrait y voir une contradiction avec la théorie de Grimm . qui , sans donner son opinion sur fat sanscrit , distingue cependant très-nettement le ût gothique de uz , le premier devenant dans d’autres dialectes germaniques Az et auss, et étant plutôt un adverbe qu'une préposition. Quoi qu'ü en soit de cette distinction , H me parait possible de rapprocher le ut sanscrit du uç (ns , as) zend , parce que ces trois lettres ç, s, t, outre leur affinité mutuelle dan# la langue zende. ont encore un rapport non moins évident avec k, et que de plus , une fois uç changé en uk , il peut devenir très-facilement at. Ces diverses formes uç, ix, ut, ont peut-être leur point commun de réunion dans un utch sanscrit , qui luimême présupposerait un uk, lequel nou# conduit jusqu'à f allemand koch. I je radical

ALPHABET ZEND. lxxxvii

une lettre douce, ou, suivant la division indienne, une sonnante, elle s’écrit uz, notamment devant une voyelle et devant les consonnes g , dj . d, b, v. Dans les cas que nous venons d'indiquer, le z n’est que le résultat de la permutation euphonique d'une sifflante ,

a tek ira encore été trouvé jusqu'ici que dans le sanscrit utch-ita (digne) (Bopp,. Gloss, sanscr. voc. o/cÀi/a). H me semble que le ç du zend uç fait penser à un primitif terminé par une palatale , et que ce rapprochement est favorisé par le t sanscrit , élément de la palatale tch. Au reste , que la forme première de cette préposition soit terminée par une dentale ou une sifflante, cela est de peu d’intérêt relativement à la question qui nous occupe : le zend uç et le sanscrit ut n’en sont pas moins un seul et même mot. Le sens que les textes donnent à ces deux monosyllabes, est exactement le même en zend et en sanscrit ; et comme ut avec le suffixe du superlatif tama fait en sanscrit affama ( optirous ) , ainsi of, avec le suflixe téma, fait en zend us te ma , le ç palatal devenant s dental devant f.

Quant à l'attraction que les sonnantes , et notamment d, exercent sur la sifflante, on en trouve en gothique des exemples nombreux : ainsi le groupe zd y est fréquent comme en zend , et ce groupe devient dans d'autres dialectes germaniques rd.de même qu’en sanscrit un s précédé de toute autre voyelle qu’un a , et tombant sur une sonnante . passe en r. Le mot gothique mxzdô, en grec ftsrtàç , en bohémien mzda , et en zend mtjda, en est un exemple frappant. Grimm rattache même à ce mot le latin métrés ( de mereri ), par l’anglo-saxon meord. Le mot zend mtjda , d'où est venu le persan mtzd, est obscur en ce qu’il n’a pas d'autre

analogue dans 1 ancienne langue des Parses. On le trouve écrit de deux manières , mtjda avec un j et myazda avec un z ; et il est bon de remarquer que toutes les fois que la voyelle a est écrite , c’est le z et non le j qui suit, ainsi que le prouve la mauvaise orthographe mtazda. Or, comme on verra que j zend est l’adoucissement d’un ch zend ou sanscrit, de mémo que z est celui d'un ç ou s zend, les deux formes zendes mtjda et myazda auraient l'une un s dental, l'autre un ch cérébral en sanscrit. Je ne connais pas dans cette dernière langue de mot qui présente le moindre rapport avec le mtjda zend et 1 grec. Mais le zend mij-da et

myazda me parait composé de mtj ou myuz avec un radical da, qui n’est vraisemblablement que le reste du participe dâta (donné). Nous avons un exemple d’une composition pareille dans le zend yaoj-dathâmi (je puriûe),où nous voyons un radical goanijîè yaoj qui revient à yuj, et qui , traité d’apres "* les lois de permutation que nous exposerons sur la lettre j zend, nous donne le sanscrit yach (vénérer), racine qui, pour ne se rencontrer que dans les commentaires des grammairiens , n’en doit pas moins être rétablie dans le cadre des langues ariennes, puisqu’on la voit en usage dans la langue zende. Nous obtenons donc ainsi comme base du mot mtj-da et myaz da le radical mtj et myaz, dans lequel z et j devront faire place h un s et à un ch. Si ces deux ortlio- . graphes ne sont que des variantes du même

IAXXVlll

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permutation qui appartient en propre à la langue zende, et qui offre une trace rare et curieuse de l’action des lettres les unes sur les autres, entre deux mots qui viennent À se rencontrer. Ce principe, auquel je ne connais que bien peu d’exceptions (peut-être le seul mot uszayalu, où s, remplaçant ç, ne devient pas z devant la douce 2), est exactement le même que celui qui, en sanscrit, ne permet pas à la sifflante s de se placer devant les lettres sonnantes. La sifflante dans cotte dernière langue se change en r; en zend le changement est plus régulier en ce que l'organe s’adresse à un son très-rapproché de la sifflante, et certainement beaucoup plus semblable à la sifflante que le r. Il y a là action de la sonnante sur la sourde j ou i, et permutation de la sourde en une lettre ayant plus d’analogie avec la sonnante. C’est exactement le contraire de ce que nous remarquerons tout à l'heure sur la sifflante ç (remplacée quelquefois pars), laquelle est le substitut de 2 devant une sourde. Il y a cependant, sur le mot uç (ou bien us), une remarque à faire, c’est qu'il ne faut pas conclure de la loi que nous venons d'établir, quelle s’appliquerait à ce mot s’il était écrit uch : en d’autres

mot , myaz me parait la plus moderne, et je la crois due à l'action de la prononciation l>er*atie, qui a considéré IV long de m(j-da comme une serai-voyclle. Les plus anciens manuscrits donnent mij-da , \k où le Vcndidâd-sadé lithographié lit myaz-da,; seulement les uns écrivent le mot avec un i bref, les autres avec un f long. L'allongement de IV est probablement dû à la composition même du mot , car on conçoit que pour se joindre kda (donné) . le radical , qu’on doit supposer bref mij, éprouve une modification analogue à celle du gnna zend de yaj en yaoj. Toutefois . que le radical soit bref ou long, mij ou mtj , il nous conduit à un radical sanscrit mich , auquel Wilson donne le sens de • to conlend witli , to emu-

« late , to conlest , to vie , • sens qui ne nous mène sans doute pas directement à celui de récompense , mais qui , cependant , présente avec l'idée exprimée par ce mot , une analogie que l'on ne peut méconnaître : c'est la même qui , en grec , existe entre (combat, lutte) et «0*or (prix du combat). Je dois ajouter, pour prévenir une objection qui pourrait être empruntée à un des emplois des mots zends expliqués tout à l'heure (le miezd de viande, de lait, etc ), qu’il peut s’être établi anciennement une confusion entre le root mtjda dans le sens de récompense, et myazda que nous croyons dérivé du même radical . mais dans un autre sens. Nous reviendrons plus tard sur cette distinction.

DigitizecJ

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termes, on ne peut pas dire qu’un ch dévanâgari se change en z, dans le cas de sa rencontre avec une sonnante. Nous verrons plus bas sur le j (n° 1 4 d'Anquetil), que c’est j qui est alors le véritable substitut du ch. Dans uz pour uç , le changement a lieu du zend au zend, et non du sanscrit au zend; car uç et as sont les représentants zends du sanscrit ut; et d’ailleurs z est à ç et s, comme j est à ch.

Nous ajouterons pour terminer les observations auxquelles donne lieu la lettre zende z, que c’est une des consonnes qui n’admettent pas l'épenthèse de l'i, quelle que soit d’ailleurs la lettre quelle représente, h, dj , ou f.

Le n° 9 as ç est une sifflante; mais M. Rask fait remarquer avec raison que c’est la première sifflante de l'alphabet dévanâgari, la sifflante palatale; et parce que, dans les langues européennes, elle devient, comme on l’a déjà remarqué, c et *, ce savant propose de la représenter par f. NE Lassen et M. Bopp ont déjà adopté cette méthode de transcription, que nous suivrons également dans le cours de nos analyses. Il faut observer cependant que as n’est pas absolument et dans tous les cas le représentant de la sifflante palatale du dévanâgari. On la trouve très-fréquemment pour le s dental quelle a même presque complètement remplacé dans l’usage. Cette permutation vient, je crois, au moins en partie, d’une erreur orthographique. Il me semble en effet que les copistes ont confondu ç palatal avec j dental, confusion d’autant plus facile à expliquer, que ces sifflantes peuvent bien avoir perdu par le laps de temps ce qui les distinguait dans l’origine. Pour comprendre cette confusion, nous sommes obligés d’anticiper sur les remarques dont les diverses formes du n" i o vont être l’objet tout à l’heure ; aussi bien on ne peut apprécier une de ces sifflantes, et préciser exactement sa valeur, sans les comparer à la fois toutes entre elles.

Le premier de ces signes qui doit être la véritable sifflante dentale, a reçu des Parses, d’après le témoignage d’Anquetil , appuyé

xc ALPHABET ZEND.

par les transcriptions des mots zends en caractères persans, la valeur de ch (sch allemand). Une fois ay s confondu avec ch, il ne restait plus pour s et pour ç que le seul caractère a» qui a servi à représenter deux sifflantes primitivement distinctes ; du moins l’analyse des mots qui se retrouvent en zend et en sanscrit, m’autorise-t-elle à croire que dans la première comme dans la seconde de ces deux langues, trois sifflantes ont été distinguées, savoir, a*- îTf, tf ch, ay- U a; et que ces trois sifflantes n’ont pu être étymologiquement confondues entre elles.

Les raisons que nous pouvons apporter en faveur de cette opinion , sont de deux espèces : les unes sont tirées de la comparaison des manuscrits, les autres de l'observation de quelques lois euphoniques relatives aux sifflantes. Ainsi , le plus ancien manuscrit du Yaçna, le n° 6 du Supplément d’Anquetil, donne très-souvent et presque régulièrement la sifflante là où d’autres manuscrits, et en particulier les plus modernes, ont jy s; et d’un autre côté, le même n° 6 emploie sy a, au lieu de aa ç, dans des cas où des copies récentes préfèrent ce dernier caractère. Nous pouvons conclure de là qu’il fut un temps où yyj et jy n’avaient pas la même valeur aux yeux des Parses, et où ces signes n’étaient pas appliqués indifféremment à la représentation du son ch. L'emploi du signe ay ( première forme du n° 1 o) dans des circonstances où nous trouvons maintenant aa ç, ne peut laisser aucun doute sur la valeur propre de jy. Car, comme aa p, de l’aveu des Parses, n’a jamais représenté le son ch, mais bien une sifflante plus ou moins dentale, ay et a» deviennent les signes de la sifflante s ; cette sifflante ne peut être cherchée que dans ces deux signes , et il ne reste plus qu’à distinguer la sifflante palatale de la sifflante dentale. Or, nous avons déjà dit, et la suite de nos recherches prouvera complètement, que as ç est la sifflante palatale, le ça sanscrit; de sorte que, puisque d’après les anciennes copies, ay avait un son analogue à celui de as ou ç, le signe ay ne peut être autre chose

ALPHABET ZEND. xct

que la sifflante appartenant à l'ordre des dentales, en sanscrit FT sa.

Ce résultat, obtenu par voie d’exclusion, est confirmé par l’étude des changements que subit une des sifflantes en zend. Lorsque nous serons arrivés à l'examen de l’aspirée A ( n° 19. d’Anquetil ), nous reconnaîtrons que cette aspirée , précédée ou non précédée d'une nasale, remplace au milieu (et au Commencement) des mots le * dental dévanâgari précédé et suivi d’une voyelle. Nous verrons de plus que la nature de la voyelle qui précède le s dental, influe sur la possibilité de ce changement; car si c’est i.; a, é, par exemple, comme la sifflante ne reste plus dentale en sanscrit, elle ne devient pas A en zend. 11 résulte de là deux faits : l’un que la sifflante dentale s est d'un usage assez rare en zend; l'autre que le zend, de même que le sanscrit, distingue la sifflante s de cA, puisque la sifflante précédée des voyelles i, u, é (et en sanscrit cette sifflante est cA), ne subit pas la modification capitale qui change en l’aspiration A la sifflante précédée de la voyelle a.

Or, le rapprochement de ces deux faits me semble expliquer d’une manière satisfaisante comment la valeur de cA a pu être attribuée à qj j. La loi euphonique du changement de s dental sanscrit en A zend, ne laissant subsister la sifflante dentale que dans des cas très-rares, et d’un autre côté le son ch étant, par suite de cette même loi , très-usité dans la langue , on aura pu facilement s'accoutumer à employer le signe qj concurremment avec pour représenter l’articulation ch; et le fréquent retour de la chuintante dans la prononciation, aura fart disparaître ce qu’il pouvait y avoir d’irréguHer dans l’emploi de deux caractères différents pour une valeur unique. Voilà pour la confusion de qj s avec ch, confusion que la connaissance de l’action des voyelles i, a, é sur la sifflante qui les suit, peut, jusqu’à un certain point, débrouiller. Heste celle de qj avec ». La sifflante dentale s, avons-nous dit, était peu commune dans la langue; elle y existait cependant, car la grammaire nous l’y montre comme caractéristique de quelques désinences.

xcn ALPHABET ZEND.

notamment des nominatifs des noms terminés par une consonne. On la voit encore précédée de r et de/, ou s'appuyant sur les lettres t et k. Mais à côté de cette sifflante , il coexistait une autre d'un usage plus fréquent, parce qu’elle est non-seulement radicale dans quelques mots, mais encore le substitut d’autres lettres, entre autres d’un z zend, et d’un tchh sanscrit. L’usage répété de cette sifflante, qui est la palatale, aura pu introduire une confusion entre ay et», analogue à celle que nous avons remarquée entre ay et pf} On aura , par une tendance naturelle, employé le signe du son que la prononciation ramenait le plus souvent. C’est ainsi que le champ un peu restreint accordé & la sifflante dentale par la grammaire et l’euphonie, me paraît avoir encore été resserré par la prédominance des deux autres sifflantes, ch et ç. Il est en général assez facile de reconnaître les cas dans lesquels ay a été par erreur substitué à ftÿ ; les lois de l’euphonie et l’autorité des manuscrits anciens sont des guides surs pour la critique. Mais il n'en est pas de même de la confusion de ay avec », et je regarde comme une entreprise très-délicate, celle de distinguer les cas où ay s doit être plutôt employé que » ç. En observant rigoureusement les principes qui ont présidé à la classification et aux combinaisons des consonnes de l’alphabet dévanâgari, on court le risque d’introduire dans le système des sifflantes zendes une régularité qui peut lui avoir été de tout temps étrangère. Toutefois, comme la loi du changement en h de la sifflante dentale sanscrite entre deux voyelles diminue de beaucoup le nombre des cas où la confusion des signes ay s et » f pourrait avoir lieu , la difficulté qu’on éprouve à préciser l'emploi de ces deux signes est par là considérablement limitée. Il y a seulement un soin à prendre, c’est de distinguer bien nettement les permutations qui ont lieu du sanscrit au zend, de celles qui se produisent dans le sein du zend lui-même, et en vertu de lois qui lui sont propres. Les observations suivantes sur la sifflante f feront clairement comprendre notre pensée.

XCUI

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La sifflante f, comme nous l’avons dit en commençant, est la première des sifflantes indiennes; c’est le fa dévanâgari , et on le trouve dans les mêmes mots en sanscrit et en zend. Le f zend est comme le fa sanscrit la sifflante des palatales, de telle sorte que quand une sifflante tombe en zend sur la palatale Ich (n° a a d’Anquetil), la loi euphonique du changement de s en ç a lieu en zend, et c’est la sifflante a» ç, et non d’autres, que l’on emploie alors, par exemple dans les nominatifs des noms masculins, dont le thème est en a, et dont la désinence cachée sous la voyelle 6 (pour as) reparaît devant tch, de cette manière, yaçtcha (pour yô-tcha). Jusqu’ici tout est commun en zend et en sanscrit relativement à cette lettre ; mais il ne faudrait pas conclure de là qu'il en soit toujours ainsi, et que chaque fois que nous verrons ç en zend, nous devions nécessairement retrouver en sanscrit dans le mot correspondant un fa, ou la sifflante palatale. L’analyse de quelques-uns des cas dans lesquels est usité ç zend prouvera le contraire, et nous fera voir que , si la sifflante f du n“ 9 n’est autre que la première sifflante de l'alphabet dévanâgari , l’emploi en est quelquefois différent, et qu’alors elle répond à une autre lettre indienne.

Le f zend remplace quelquefois directement un tchh dévanâgari, par exemple dans pinçât , pour le sanscrit apritchtchhal (il interrogea). Ce passage de la palatale à la sifflante (analogue au changement du d en une sifflante j), n’est pas sans exemple même en sanscrit où le mot praçna (question) est formé du radical cité tout à l’heure avec le suffixe na5\ Seulement le principe dont nous voyons une application en sanscrit, a une extension beaucoup plus grande

” Le changement de ichh ( et sans doute aussi de tch ) en ç, n’a rien que de très-naturel. La dentale t, l’un des cléments du t<hk, disparaît pour ne laisser place qu’à la sifflante; seulement cette sifflante est prise dans la classe des palatales , à laquelle ap-

partient tchh. La comparaison des langues de l’Europe avec le sanscrit , fournirait sans doute des exemples de ce passage de la palatale à la sifflante : nous citerons entre autres le latin signum , qui semble être le même mot que le sanscrit tchihna.

ALPHABET ZEND

pu tend, puisque directement et sans que la palatale tombe sur une nasale, elle devient la sifflante f. Cette consonne subsiste sans changement devant la nasale dentale du zend, et nous avons ainsi fraçna (question) du radical përêç, avec le suffixe na. 11 en résulte le groupe çn auquel nous avons donné place dans notre Tableau des combinaisons des consonnes, et qui est très-fréquent en zend, la langue paraissant affectionner la rencontre de cette sifflante avec la nasale dentale. Ainsi nous savons que te sanscrit yadjha est en zend yaçna. où nous voyons la sifflante p remplacer la douce de l'ordre des palatales. Mais il est indispensable de remarquer que le changement de yadjna en yaçna n’a pas lieu du sanscrit au zend; avant de former le mot yaçna, le radical sanscrit yadj a subi, dans l'ancienne langue de l’Aric, une modification que nous connaissons déjà, c'est que le dj est devenu z en zend'. La sifflante du mot yaçna est donc le résultat de la permutation du z zend devant la nasale n, permutation qui doit s’expliquer par une loi propre à la langue zende, et d’où il résulte que l’on ne peut pas dire absolument que le groupe çn du zend réponde à çn du dévanâgari. Cette assertion serait encore contredite par les mots où frt zend correspond à sn du sanscrit x. Ici nous voyons un changement qui a lieu du sanscrit au zend, à la différence de celui que nous venons d’indiquer dans le mot yaçna. Au lieu de la sifflante dentale,' le zend préfère la sifflante palatale devant n; et cette préférence parait tellement exclusive, que je serais tenté de l’admettre comme une particularité de l’orthographe zende, plutôt que comme une altération du sanscrit. En effet , la nasale m attire aussi la sifflante f, tandis qu’elle repousse la sifflante dentale, ainsi que nous le verrons sur la con-

’* Comme toutes les sifflantes combinées avec les consonnes el commençant un mot, la sifflante palatale disparaît quelque' fois dans certaines racines', et sa présence ou son absence laisse voir ou dissimule

l'étymologie de quelque» root». C’est ainsi que l'allemand schnte (neige) , mot qui se retrouve aussi dans les dialectes slaves avec une sifflante, et le latin ningxt (il neige), reviennent également au xend çnij

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sonne h. En même temps qu’on trouve ahmài pour le sanscrit asmâi, on a maêçma (urine), dans lequel p est, comme dans yaçna , le substitut du z zend qui, dans le radical miz, représente un h sanscrit, selon ce que nous avons dit précédemment sur la consonne z. Il résulte donc de là que p, dans les groupes çn et çm, peut être, suivant les circonstances, ou le sanscrit pn et sn, ou la permutation, d’après une loi propre à la langue zendc, d’un z, quelle que soit d’ailleurs l'origine de cette dernière lettre.

Le groupe çt ne se laisse pas expliquer d’une manière aussi régulière, et même il est si fréquent qu’on serait tenté de le regarder comme l’expression d'une combinaison de la sifflante palatale et de la dentale que pouvait produire l’organe des anciens Persans, mais qui n’a jamais été connue des peuples fixés dans l’Inde. Toutefois , en examinant le plus grand nombre des cas où se rencontre ce groupe, je crois pouvoir avancer que dans l’emploi du p plutôt que du s. il y a souvent une confusion qui vient de ce que devant la forte des dentales (et nous pourrions ajouter des gutturales), le son du p diffère bien peu de celui du s; en d’autres termes, il n’y a guère d’autre son sifflant possible devant l (et A), que s et ch. Or, comme as est plutôt s que ch, on comprend comment ce signe a pu usurper la place de ay s. Aussi je pense que la confusion de ces deux caractères doit être ancienne, parce qu’elle a dû être très-facile. Il est cependant des circonstances où le p du groupe çt étant le substitut d’une autre lettre zende , et conséquemment ne répondant pas à un s dental dévanâgari, on peut le regarder, sinon comme radical, au moins comme étymologiquement nécessaire. Je serais alors disposé à laisser subsister le groupe çl, et je ne proposerais de rétablir le s jq, qu’étant appuyé par l’autorité de bons manuscrits. Mais la critique a le devoir de déterminer quels peuvent être ces cas, et c’est à l’étymologie d’avertir que le p palatal n’est pas primitif dans tel ou tel mot donné. C’est ainsi que p remplace un z dans varçta ou vanta (fait), de vérëz (faire); dans maçti ou masti (grandeur), de màz;

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et un d aspiré ou non aspiré dans baçta ou basta (lié), de bandh. Le passage du z en ç devant la forte t , et celui du dh en s devant cette même lettre, sont d’ailleurs des preuves intéressantes de Faction des consonnes les unes sur les autres. La sourde l repousse la lettre z (qui comme j) est une douce, et qui a, ainsi que nous l’avons vu, une tendance marquée à sc joindre aux douces; au contraire, la sourde ç ou s s’unit nAurellement à la sourde t.

La sifflante palatale du zend a encore une affinité incontestable avec la labiale forte p qui , dans ce cas , remplace un v dévanâgari , par exemple dans açpa (cheval) au lieu de açva, çpaêta (blanc) pour çvéta 37 . Cette règle , qui porte plutôt sur le p zend dans son rapport

11 L’existence du zend açpa pour le sanscrit açva , achève de démontrer l’identité du grec ’i’tmç et du latin equus. Dans ce dernier root , les lettres qa, qui reviennent à la gutturale k, représentent f du sanscrit açva , dont le t? a disparu. Dans le mot grec, au contraire, v étant une fdis changé en p , d'après le système du zend açpa , la sifflante ç devenue x, est assimilée au p.

L'assimilation inverse a lieu dans l'éolien jxu{. où le second x est le substitut du v, changé auparavant en la sourde p; et une assimilation de la même espèce . mais d’un genre plus adouci, se remarque encore dans le pâli asui (cheval), où le s dental, remplaçant le ç palatal sanscrit , attire à soi la semi-voyelle t» et la change en i. Voici donc comment nous résumerions ces diverses formes du nom du cheval n mettant en seconde ligne celles qui sont le résultat d’une loi d'assimilation.

S. açva, Z. açpa, L. «quas.

P. assa, G. Îttwvç, Eol. buuç.

Au reste , la connaissance du rapport du p zend avec le ç palatal peut jeter du jour sur quelques mots xends dans lesquels il

ne parait pas possible au premier coup d’œil de retrouver un radical sanscrit. L’adjectif çpénta qui ligure dans le nom des Amschaspands ( amècha çpénta), et qu’Anquctil , d’accord avec Nériosengh, traduit par excellent, peut servir à faire apprécier l’importance de cette règle. Le zend çpénta représente un sanscrit ftwita; mais ce mot n’existe pas dans l’idiome brahmanique, et on ne voit pas d’abord à quel terme sanscrit rattacher le zend çpénta. Cependant on ne larde pas à trouver un rapport entre çpé (ouppa), radical qui subsiste après qu’on a enlevé la formative nta (ou enta) , et le sanscrit çvas, qui veut dire, dans quelques composés, « heureusement . avec bonheur. » Le sanscrit çv~as ne diffère du zend que par le suflixe as; mais je ne doute pas que çv, radical véritable de ce mot, ne soit le zend çp, dont la signification première est peut-être aussi bien celle de fortuné que celle d'e£ct//eai. L’analyse que nous ferons dans la suite de quelques dérivés du radical zend , donnera , nous l’espérons , un haut degré de vraisemblance à cette étymologie.

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avec le u sanscrit, achève cependant de nous faire voir quelles sont les consonnes avec lesquelles la sifflante de l’ordre des palatales a le plus" d!aflinité. Ce sont les dures k, t, p, et cela, quelle que soit l’origine de la sifflante ç, qu’elle soit radicale, ou qu’on doive y reconnaître le résultat d’une permutation euphonique de lettres. Ce fait prouve définitivement ce que nous avancions tout à l’heure; il nous montre le son ç exclu d’un groupe dont la seconde consonne est une lettre qui, dans l'alphabet dévanâgaxi, serait appelée sonnante. Les nasales qui, pour les Indiens, sont des sonnantes, font seules exception, comme elles le font en dévanâgari.

Pour terminer ce que je trouve de plus nécessaire à constater sur la sifflante palatale, j’ajouterai qu’elle se voit encore comme seconde lettre d’un groupe de consonnes; mais les mots où l’on remarque utt groupe comme khç, sont le plus souvent (et sans doute plus régulièrement) écrits kheh, ou khs. Je n’ai pas besoin d’avertir que je ne considère pas comme une consonne l’ô nasal qui, au contraire, aime à être suivi de la sifflante ç. Au reste, si l’on admet que ç forme la seconde partie d'un groupe dont une gutturale , une dentale ou une labiale est la première, il faut lui reconnaître la vertu d'aspirer la consonne, vertu que nous constaterons dans les sifflantes s et ch. Cette sifflante est encore une des lettres qui empêchent l’épenthèse d’un i, c'est-à-dire que ç peut être suivi de la voyelle i, ou de la semi-voyelle y (ce qui, d’ailleurs, est rare), sans que la voyelle ou la semi-voyelle attire un i épenthétique devant la sifflante. Les groupes dans lesquels entre ç, jouissent, comme cette sifflante , de la même propriété.

Le n" 10 donne trois signes auxquels Anquetil n’attribue qu’une seule valeur, celle du sch allemand ou ch français. M. Rask ajustement critiqué cette confusion, et fait voir que ay est la sifflante qu’il appelle dure, et qui répond à la dentale de l’alphabet dévanâgari. Nous avons adopté ce résultat, et nous nous en sommes servis I. N

xcvm

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pour la discussion à laquelle nous venons de nous livrer sur l'emploi de ç. M. Rask attribue l’usage qu’on fait de ay pour exprimer ch à ce que telle est la valeur de ce signe en pehlvi, et que. comme les Parses ont conservé plus longtemps la connaissance du pehlvi que celle du zend, ils ont été naturellement portés & appliquer aux signes de la langue qu’ils connaissaient le moins, la valeur des signes de celle qu'ils connaissaient le mieux M.

On peut donc admettre comme bien établie l’opinion que le premier signe du n' 10 est la sifflante dentale. Quant au second signe , c’est encore à M. Rask qu'on doit la détermination exacte de sa valeur. 11 a prouvé , par l’état des manuscrits anciens , que ce signe n’était autre chose que la réunion des deux consonnes s et k, c'est-àdire de la première forme du n“ i o et de celle du n° 1 3. C’est donc un groupe qui représente sk; et, quoiqu'il se confonde dans nos manuscrits avec £2. dont il prend la valeur, on doit nettement l’en distinguer. C’est pour cela que, dans notre caractère zend, nous avons cru devoir négliger la forme de la Planche d’Anquetil avec son trait inférieur développé. Nous avons ramené ce caractère à son état primitif, en le composant de s et de k. Enfin , la dernière figure de ce numéro est bien le ch de l’alphabet dévanâgari.

Nous avons peu de chose à ajouter aux observations que nous avons faites sur les sifflantes à l'occasion de la sifflante palatale du n“ 9. Tout de même que nous avons vu a» ç et jy s très-fréquemment confondus, de même nous trouvons souvent ay s employé pour ch. Mais les explications que noua venons de présenter tout à l’heure sur la sifflante ç, et les détails que nous donnerons, à l’occasion de la lettre h, sur la permutation de la sifflante dentale en h zend, nous autorisent à regarder comme une confusion exclusivement due aux copistes l’emploi de s, précédé des voyelles i, a, i, et suivi d’une voyelle. 11 ne serait meme ps impossible d'appuyer cette assertion du témoignage des manuscrits anciens de la Biblio-

M Ueber dus Aller, etc. p. 4g

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