‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 134 sur 139 · CHAPITRE I. 3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 3i

dionalc) descend sous la terre, et place le principe de la chaleur dans les sources d’eau, pour que les racines des arbres ne meurent pas par le froid; mais vers le mois Farvardin, Rapitan sort de dessous la terre et reparaît dessus ,1*. 11 semble que cette hypothèse de la chaleur qui descend et qui remonte alternativement était présente à la pensée de l’interprète pchlvi qu’a traduit Nériosengh , puisqu’il se sert des mots sauscrits parivartita et âijamana. Toutefois, je ne trouve pas qu’en suivant cette indication on puisse arriver à une explication satisfaisante du mot zend qui nous occupe. Ici, comme dans beaucoup d’autres circonstances, nous sommes réduits au seul secours de l’analyse étymologique.

Je retranche d’abord de ce mot le suffixe final tréma pour trama, ou trima suivant l’orthographe du Vendidad-sadé; c’est le même suffixe dont nous nous sommes occupés tout à l'heure sur le mot ayâthrama; seulement, la dentale n'en est pas aspirée, parce qu’elle est accompagnée d’une sifflante. Le commencement du mot, , qui subsiste après ce retranchement, est visi-

blement composé de la préposition Jra. La diphthonguc ao est le résultat de la fusion de a et de u, et le > u qui suit ao est, selon toute vraisemblance, rappelé une seconde fois par l’épcnthèse dont la cause se trouve dans la semi-voyelle » v. Nous pouvons donc diviser ce mot en fra et urvaés dont la réunion a été opérée d’après les lois propres au système euphonique de la langue zende. C’est ainsi que l’on trouve dans le Vendidad le mot qui nous occupe , sous la forme d'un verbe causatif précédé de la préposition ava et s’écrivant 160.

Arrivés à ce point, en consultant la version d’Anquetil, nous trouvons qu’il a cru reconnaître, dans les syllabes are, le mot urvara (arbre), ce qui laisse la fin de notre mot sans explication. On se demande d’abord quelle peut être la cause de la voyelle aé à une place aussi reculée dans l'intérieur du mot. Si aé est un

m Zcnd Acuta, tora. U, pag. 4oi. — IM Vendidad-taM , pag. >55.

gan a, il feut supposer que l’allongement du commencement du mot est anomal et qu’au lieu de deux syllabes, n rv, le primitif n’a dû en avoir qu’une seule; en un mot, urvaês doit être traité de telle sorte que, par suite de la contraction de urv, le gana af devienne la voyelle principale du primitif. Or, on ne fera pas difficulté de regarder nrv comme le développement secondaire d’une combinaison quelconque de v et de la liquide r, si l’on songe avec quelle facilite les voyelles se répètent ou se déplacent dans le voisinage de la lettre r. Si ërv peut représenter le ri sanscrit, c’est-A-dire si le son d’un é très-bref peut envelopper la liquide de manière qu’on ignore si cette liquide a été primitivement initiale ou finale dans rë ou ër, une combinaison analogue a pu avoir lieu lorsque la liquide était jointe i une autre voyelle, ou peut-être même à une semi-voyelle comme i> et y, lettres qui sont le substitut naturel de u et de i, selon l’expression des grammairiens indiens.

Ce fait une fois établi, supposons que le zend ait eu à reproduire le sanscrit vrich; l’orthographe la plus régulière, nous pourrions dire la seule régulière, devait être vërëch, car nous avons de nombreux exemples de la réunion de la semi-voyelle v avec ërv représentant le sanscrit rf. Mais si, au lieu d'insister sur le son i, la prononciation s’est portée plus particulièrement sur la semi-voyelle e, le mot aura pu naturellement changer de face. L’élément n aura dû se trouver très-aisément amené ici par la présence du v du radical vrick, dans une langue comme le zend, où le principe qui domine évidemment le système des voyelles est l’action qu’elles exercent les unes sur les autres. L’a, dans un radical où se trouve déjà v, n'en est que le doublement en quelque sorte , et comme le substitut naturel. Ces remarques me semblent donner quelque vraisemblance à l’hypothèse qui, du sanscrit vrich, ferait uruich pr le déplacement apparent du e, mais en réalité par le retour de cette semi-voyelle à son élément voyelle primitif. De cette modifica-

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