‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 135 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tion anomale, il résulte que la voyelle i de vrich se trouve dégagée et mise à nu; et de la position nouvelle quelle occupe dans le système de ce mot, il résulte encore, premièrement qu’elle force la seconde voyelle o de uru de se changer en sa semivoyelle correspondante v ; et secondement, «que devenant voyelle radicale, elle est désormais susceptible de guna. De uruich on a donc régulièrement urvich, mot qui représente à peine vrich, mais sous lequel il est cependant vraisemblable que ce dernier radical est caché. La modification du guna fait passer urvich à l’état de urvaéch, radical qui, à son tour, deviendra urvaés, s'il rencontre un suffixe dont la lettre initiale soit une dentale. C’est ainsi que de vrich trima, nous supposons qu’on a pu faire en zend urvaés trama.

L’hypothèse de l’existence d’un i primitif dans urvaés, hypothèse que nous avons avancée pour rendre compte du groupe aé, qui pour nous est un guna, trouve un appui solide dans le mot urvisti, ou, comme l’écrit d'ordinaire le Vendidad-sadé, b r-

vtçti, selon une orthographe moins régulière. Ce mot se rencontre très-fréquemment au \m* fargard. du Vendidad, dans cette formule: -dit . jj jj jj 1,1 , ce qu’An-

quetil traduit : • lorsqu’il sera délivré des liens du corps; » et nous savons, par un passage du lii' chapitre du Yaçna, que Nériosengh interprète cette phrase de la même manière, et qu’il traduit notamment urvisti, précédé de la particule vt, par le sanscrit (Vqm (séparation)1”. Le mot zend urvisti est un substantif d’état, formé au

1,1 Vendidad-sadé f pag. a88;ms. Anq.

n'a S, p. a5ù, et n*5 S, p. 287. Ces deux derniers manuscrits se servent du s, au lieu du ç que donne uniformément notre Vendidad-sadé ; et il en est de même dans les autres passages où se présente ce mot, notamment n* 2 S, pag. a55, a56 , 257, a58 ,

259,260,261, et n* 5 S, pag. 289 , 290, 292, 294, 295. 297, 298, 3oo, 3oi, 3o3.

Nous expliquerons ailleurs les mots açtaçtcha t etc., qui donnent lieu À des observations utiles pour la connaissance de la déclinaison de quelques substantif» zends.

,w Ms. Anq. n* 2 F, pag. 373.

3ao COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

moyen da suffixe fi d 'arvich, que le plus grand nombre des manuscrits donne avec un t long. Rien n’est plus naturel que de supposer que ce radical urvich est le primitif d'unaej , puisqu’on y trouve la voyelle même qui, dans le système de dérivation propre aux langues ariennes, donne naissance à 6, en zend aê. Il ne s’agit donc plus que de rechercher si arvich, que nous ramenons, par hypothèse, au sanscrit vrich , offre, avec cette dernière racine, une analogie de sens qui justifie notre rapprochement. Or, cette analogie me paraît complète, puisque, d’un côté, si urvich avec la particule v( a le sens de séparer, désunir, il y a tout lieu de croire que, sans cette particule, il doit avoir la signification de joindre, lier, et que, de l’autre, cette signification de lier est attribuée, entre autres sens, par Kâçinâtha, au radical sanscrit ^ c’est-à-dire que vrich a le sens de lier,

enchaîner 1M. lime semble que la comparaison de ce radical et du mot zend vi uniisti, auquel nous devons assigner le sens de désunion, séparation, donne un certain degré de vraisemblance à notre opinion sur l’identité du zend urvich et du sanscrit vrich.

Il est vrai que le sens que nous venons d’attribuer à urvich, d’après les témoignages réunis de Nériosengli et d’Anquctil, et nous ajouterons, d’après la comparaison du sanscrit et du zend, ne semble être d’aucun secours pour l’explication du mot de notre paragraphe. Mais rien ne nous force d’admettre que la signification de lier soit la seule sous laquelle le zend urvich doit nécessairement se présenter dans les textes; et si urvich a un des sens du sanscrit vrich, on peut, à moins d’une preuve contraire, supposer qu urvich a quelques-unes des autres acceptions de cette dernière racine. Et d'abord, pour expliquer comment urvaés peut ne pas être pris dans le même sens qu 'urvich de vi urvisti, je remarque le <)una aê, qui nous annonce une forme dérivée du radical, vraisemblablement la forme du verbe causatif. Or, parmi les significations du radical sanscrit vrich, quand il se conjugue selon le thème de la u* Rosen , Bad. sunscr. nul. vrich.

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