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ALPHABET ZEND
thèque du Roi, au moins lorsque la sifflante est médiale; car à la fin des mots, lorsqu’elle est le signe du nominatif des noms en i et en u, on ne peut s’empêcher de reconnaître que tous nos manuscrits écrivent is et as, que les Parses, il est vrai, prononcent ich et ach. Les sifflantes et ty t, dans leurs combinaisons avec les consonnes , se distinguent l’une de l'autre de la manière suivante. Le ÿ3 ch, qui n’est jamais final d’un mot, suit souvent kk et/; en général cette sifflante aime à occuper la seconde place dans un groupe. Le m s est, au contraire, beaucoup plus fréquemment usité avant qu’après une consonne; on le trouve d’ordinaire dans les groupes si et sk. La sifflante s est quelquefois, dans le groupe si, le substitut d’un ç ou d’un ch. Ainsi de la particule aç et du suffixe du superlatif, on a ustëmêm (optimum); nich (ou nis ) fait, avec le suffixe taré, l’adverbe nistarê (dehors), par opposition à antarê (dans); le suffixe sanscrit ichfha est toujours écrit en zend i sla avec un s, et non ichla avec un On voit par là que la sifflante dentale persiste dans des cas où une règle d’euphonie, à peu près aussi générale en zend qu’en sanscrit, exigerait, si s était entre deux voyelles, qu'il se changeât en ch. Cette particularité orthographique peut s’expliquer de trois manières. Ou bien c’est une exception au principe du changement de s en ch après t et u, exception justifiée par l'affinité connue de s et de t. Ou bien le ay s, précédé de l’i et de l’a. et suivi de I ou de k, se prononçait ch, quoiqu’on écrivît s. Ou enfin les copistes ont employé par erreur le signe ay s, pour le signe ch, en donnant au premier de ces deux caractères la valeur de ch. Quelque explication qu’on admette, nous ne croyons pas que la critique soit autorisée à rétablir ch, dans le suffixe des superlatifs, par exemple. Rien n’empêche en effet que cette désinence ne soit en zend isla, comme elle est en grec inc à la différence de la forme sanscrite ichtha.
La sifflante dentale ne se trouve peut-être jamais devant p ; nous avons déjà vu que le zend préférait la palatale. Devant m,
c ALPHABET ZEND.
la sifflante dentale devient k, comme nous l’avons déjà dit sur ç, et comme nous le montrerons sur l’aspiration h. Elle est également impossible devant y, r, v; nous verrons sur le n* 19 d’Anquetil que le rend la remplace par l'aspiration seule ou précédée de la nasale g (ng). H n’en est pas de même de ch, qui reste devant la lettre v. Les deux sifflantes ch et s (au moins ch) subsistent également sans changement, lorsque, finales dans la préposition nich (ou nis) , elles viennent à rencontrer un mot commençant par un h. Ainsi nich avec le mot hadat (imparfait du conjonctif de had, en sanscrit sad) s’écrit nichhadat, et, peut-être moins correctement , nishadat (qu’il s’asseye). Comme f, que cependant nous croyons moins régulièrement employé après une consonne, les sifflantes s et ch suivent très-fréquemment les gutturales et les labiales sourdes , et la liquide r, ainsi qu’on le voit en sanscrit. Mais en rend ces deux sifflantes portent avec elles une aspiration qui remonte sur la gutturale et la labiale qui les précède immédiatement”. Enfin, les deux sifflantes j et ch repoussent, de même que la sifflante ç, l’épenthèse de la voyelle i; les groupes dont elles font partie ne l’admettent pas davantage.
M Cette influence remarquable des sif- aspirent la gutturale, la dentale, la laflantes sur les consonnes qui les précèdent biale, etc. qui les précède immédiatement, immédiatement, ne parait pas avoir été in- tchay désignant les fortes k, t, etc., dviltya connue même en sanscrit , au moins dans les aspirées , et par les sifflantes. Le principe l'opinion de quelques grammairiens. Ainsi est le même qu'en send , avec cette difféune des gloses qui suit la règle de Pinini rcncc qu’il est resté dans cette dernière (VIII, 4, 48), nousapprendquc, selon Paoch langue comme règle générale, tandis qu’en karxuâtü , les aspirées kh, Ichh, lk, Ih, ph sanscrit il ne s'en retrouve peut-être pas pouvaient être substituées à leur forte cor- d’autre trace que dans cette glose d'un respondante k, tch, f, t, p, lorsque cette grammairien. Il n'est pas inutile de rapforte tombait sur une sifflante, et qu'ainsi procher de cette règle le fait d'ailleurs l’on écrivait aphtaras pour aptarat, vatluara très-connu, qu’avant l'invention du J- et pour ralMTa, C'est ce qui est énoncé dans du .J., les Grecs écrivaient et ç», la la règle suivante, tchayâ dcitiyâh çaripâoch - sifflante aimant mieux être précédée d’une karasâdéh : en d'autres termes, les sifflantes aspirée que d'une forte simple.
ALPHABET ZEND. ci
Le n“ 1 1 i^gh est une gutturale forte; c'est, suivant M. Rask, le j arabe. Cette consonne répond au gh aspiré de l’alphabet dévanâgari. Mais elle remplace plus fréquemment le g non aspiré , surtout avant la lettre r, dont l’aspiration se reporte , ainsi que nous l’avons remarqué plus haut, sur un certain nombre de consonnes. Les groupes ghn, ghm, ghv s’expliquent de la même manière, et nous verrons sur chacune des lettres n, m, v, qu’elles jouissent d’une propriété analogue & celle de la liquide r. Les manuscrits présentent cependant quelques exceptions à ce principe ; ainsi on trouve dans notre Tableau le groupe gv, qui devrait être ghv. Remarquons encore que le gh n'admet pas l’épenthèse de la voyelle i.
Le n* 12 t) /est, suivant Anquetil, dont l’opinion est confirmée par celle de M. Rask, la labiale aspirée /. Ce caractère annonce, dans sa forme même, une modification particulière de la consonne p, et on pourrait en conclure deux choses : i° que c’est un p aspiré ; 2° par suite, que ce p répond au ph de l’alphabet dévanâgari. La première conclusion serait, selon moi, la seule véritable. Car je ne pense pas que le n° 1 2 puisse être reconnu comme la même lettre que le ph dévanâgari. Je ne me rappelle pas d’avoir vu / dans aucun mot zend correspondant â un mot sanscrit où se trouve ph, et je ne crois pas que le / zend ait un autre emploi que de remplacer le p dévanftgari devant un r ou toute autre consonne dont l’aspiration remonte sur la consonne précédente. Le son du / est d’ailleurs assez différent de celui du ph, tel que le conçoivent les Indiens, et il faut laisser/ à l’alphabet zend auquel il appartient en propre. Les combinaisons dans lesquelles entre la labiale /, et que nous avons exposées dans notre Tableau des groupes zends, nous la montrent soumise à l’action des lettres nasales, sifflantes et semi-voyelles auxquelles est inhérente une aspiration. La labiale aspirée repousse en outre l’épenthèse de l’i.
Le n° i3 ) k est la première des gutturales fortes d’après M. Rask
cil ALPHABET ZEND.
et Anquetii ; elle répond à la première gutturale de l'alphabet dévauâgari. Mais elle est comparativement moins usitée en zend qu’en sanscrit. On la trouve cependant avec la semi-voyelle v dans une combinaison où les lois euphoniques exigeraient un kh aspiré. D’un autre côté, cette dernière gutturale me paraît avoir usurpé la place du k non aspiré dans le groupe khi. La gutturale du n” 1 3 n’admet p>as i’épenthèsc de l’i.
Le n" 1 4 contient deux formes dont M. Rask *° rejette la seconde comme provenant de quelque erreur, et n’existant pas dans les manuscrits. Anquetii, cependant, n'a pas eu tort de lui donner place dans son alphabet; car il l’a trouvée dans ses manuscrits, notamment dans celui du Yaçna zend et sanscrit, n* 3, Supp., employée concurremment avec la première forme ou le ça g. Nous l’y avons reconnue après lui, et nous nous croyons autorisés h la laisser subsister dans l'alphabet, quoiqu’on doive avouer qu’elle est beaucoup plus rare que la première forme du 9. Nous regarderons donc et ja comme deux figures de la première des gutturales douces , répondant au 9 de l'alphabet devanâgari. Nous avons remarqué tout à l'heure sur le n“ 11 gh, que cette aspirée était en rapport avec le g de notre n" 1 4 dont elle est le substitut dans certains cas. Nous avons vu aussi que le 9 non aspiré persistait dans un groupe où les lois de l’euphonie zende appellent une aspirée. On trouvera en zend un mot où il semble que le 9 non aspiré répond au gh aspiré du dévanâgari; c’est le substantif gaocha (oreille), comparé au sanscrit ghocha (voix, son), dérivé de ghuch (émettre un son). La substitution du 9 au 9/1 n'a rien en elle-même d’extraordinaire; et le rapport des deux idées, son et oreille, favorise le rapprochement que nous proposons De même que le gh aspiré, le 9 du n° i4 repousse l’épenthèse de l’i.
" Leber dtu Alter, etc. p. 5û. loin ce rapprochement Ainsi je ne balance
“ Je crois qu’on peut pousser encore plus pas à rattacher le gothique haus jan (enten-
ALPHABET ZEND. cm
Le n° 1 5 ( m est bien la nasale de l’ordre des labiales ; c’est le m dévanâgari. Cette nasale exerce, sur la voyelle qui la précède, une influence marquée. Un a bref dévanâgari devient ë, comme nous l’avons indiqué ci-dessus en parlant des voyelles, non-seulement dans les désinences grammaticales, mais même dans l'intérieur des mots, par exemple tëmô (obscurité) pour le sanscrit tamas; ne mu (adoration) pour namat ; tëmëm, accusatif du superlatif, pour tamam. L ’d long dévanâgari devient en xend à, dans plusieurs désinences grammaticales, et entre autres dans l’accusatif féminin âm pour le sanscrit dm; dans la désinence, d’ailleurs très-rare, du duel byâm, dont le mot brvatbyâm (superciliorum) est un exemple;' dans dadâmi (je donne) pour daddmi, etc. Les voyelles brèves i et u s’allongent, sans doute en vertu du même principe qui change d en à, c’est-à-dire qui augmente la voyelle. Il semble même que, dans ces trois derniers cas, la nasale ait beaucoup moins d’importance que la voyelle , qui gagne en quantité ce que la nasale a perdu en valeur. Cette nasale me paraît repousser l’épenthèse de l’i. Je n’ignore pas qu’on en trouve des exemples dans les manuscrits: mais, outre que les diverses copies que j’ai pu collationner sous ce point de vue sont loin d’être uniformes, il me semble que la nasale m s’incline trop naturellement sur la voyelle qui la précède pour permettre à une autre voyelle de venir l’en détacher, en se plaçant entre deux. Une autre propriété de la nasale labiale tende, importante à constater, c’est qu’elle porte avec elle une aspiration qui, dans certains cas, remonte sur la consonne qui la précède. Cette action s’exerce sur les gutturales, dentales et labiales sourdes et
dre) et aus-6 ( oreille), d'où l'allemand actuel ( comp. mendia et media Ses) et la sifflante hôrtn et ohr, au sanscrit ghocha dont la gut- des dentales de l’autre ( comp. Fciritu et turale serait tombée pour, ne laisser sub- Fmiui ) , on ne sera sans doute pas éloigné sister que l’aspiration. De plus , si l'on d'admettre que les mots latins aar-is et an dsonge au caractère douteux de la lettre d, io, ainsi que le grec eue, érr-ér, appartiens à son affinité avec la liquide r d'une part nent originairement à la même famille
CIV ALPHABET ZEND
sonnantes , et elle produit les combinaisons de lettres aspirées avec m, que nous avons consignées dans notre Tableau, Il faut en excepter la labiale douce b qui, comme on sait, n’a pas d'aspirée en zend. La nasale m aime à se joindre aux sidlantes ç et ch; mais elle repousse s, à moins que cette sifflante ne soit précédée d’une autre consonne, d’une gutturale, par exemple; encore n’est-il pas certain qu’il ne faille pas lire khehm plutôt que khsm. La sifflante s devant m forme en zend hm, caractère expliqué sous le numéro suivant.
Le n“ 1 6 est la nasale dont nous venons de parler, accompagnée d’un trait qui représente l’aspiration h précédant m; cette valeur ne peut faire l’objet d’aucun doute , puisqu’on rencontre les mêmes mots écrits indifféremment ou avec h-m, ou avec ce signe qui, conséquemment, représente aussi hm. Le groupe zend hm répond à sm dévanâgari, ainsi qu’on le verra plus bas sur la lettre h.
Le n” 17 j n est la nasale de l’ordre des dentales; c’est le n dévanâgari. La nasale dentale jouit, comme la nasale labiale, de la propriété d’aspirer la consonne qui la précède, lorsque c'est une gutturale , une dentale ou une labiale douce ou forte. Cette loi souffre même peut-être moins d'exception pour la nasale dentale que pour m. Il en résulte ce grand nombre de groupes à consonnes aspirées où figure la lettre n. Cette lettre suit volontiers j et la sifflante ç. Elle ne repousse pas aussi complètement l'épenthèse de l’i que la nasale m; par exemple on trouve ainya (autre) pour anya sanscrit. Cependant l’addition d’un i devant un n, suivi de cette même voyelle ou d’un y, est loin d’être aussi régulière que pour la lettre t, par exemple.
Le n” 18 donne deux formes auxquelles Anquetil ne reconnaît qu’une valeur, celle de v. Mais M. Rask pense, avec juste raison, qu’il y a ici deux valeurs, puisqu’il y a différence de forme et d’emploi.
ALPHABET ZEND cv
On peut en effet remarquer, en parcourant les textes, que ces deux lettres, quoique fréquemment employées l’une pour l’autre, entrent cependant quelquefois dans des combinaisons où chacune d’elles joue un rôle qui lui est propre. Suivant M. Rask, le premier signe l? est le w doux anglais usité au commencement des mots; c’est le w initial, qui est représenté, quand il devient médial, par >> n” 35. Le second signe tyf est, selon le même savant, le v dur des Anglais et des Danois. Comme on ne peut se flatter d’arriver à connaître exactement la prononciation des signes d’une langue qui a cessé depuis si longtemps d’être parlée, il est plus utile, pour se faire une idée un peu précise de la valeur de ces lettres, de les comparer à celles des langues de la même famille que le zend, et notamment aux consonnes sanscrites correspondantes. Or, le premier signe me parait exactement répondre au v dévanâgari; il est en zend dans les mêmes mots qu’en sanscrit, toutefois avec quelques prticularités propres à la langue des Parses. Je n’en suis pas moins disposé à regarder, avec M. Rask , cette consonne comme ayant une prononciation adoucie, au moins au milieu des mots, où elle n'est autre que le > u redoublé, ce qui ne doit laisser aucun doute sur sa valeur. Seulement j’inclinerais à croire qu’au commencement des mots, et lorsqu’elle devient véritablement consonne { parce qu’elle exprime dans ce cas l’articulation qui ouvre la syllabe), elle doit être naturellement un peu plus forte et un peu plus marquée. C’est en résumé la semi-voyelle v, et nous la représentons par cette lettre latine, moins dans une intention systématique, que pour réserver le signe w, plus rare chez nous, pour la seconde forme du n° 1 8 qui est également plus rare en zend.
Nous venons de dire que le signe lf v était la figure du v initial auquel correspondait » v au milieu des mots : cette assertion a besoin d’être expliquée”. Le signe If n’est en réalité jamais médial; si
“ Le lecteur a déjà remarqué , sans que avec celui des langues germaniques . qui je l’indiquasse, l’analogie du système send forment également le a par la répétition du 1. O
cvi ALPHABET ZEND.
on le voit ainsi dans quelques cas très-rares, c’est selon toute apparence une faute de copiste. Au milieu d’un mot, entre deux voyelles, ce v s'écrit », ou doublé > : ce signe rappelle bien, ainsi que nous l’avons fait remarquer, l’origine et la formation du v dont l’élément premier est a. Je crois même qu’on peut reconnaître cet élément jusque dans la figure du v initial; car si on compare jf à !j long, par exemple, on trouvera que ces deux caractères ne
différent l’un de l’autre que par la direction de la queue. Au milieu d’un mot, mais précédé d’une consonne, le v s’écrit encore avec le n° 35; quand cette consonne est un th ou un dh, on peut l’écrire et on le trouve plus souvent écrit avec un y/" Dans ce cas , il y a confusion des signes » et yf( mais il est évident que la valeur est toujours la même, c’est un v médial. On peut trouver encore un exemple de la confusion de ces deux signes dans le aiwi, qui, bien que répondant au sanscrit ablii, après le changement du bh en w que nous allons indiquer tout à l’heure, remplace quelquefois aussi avi. c’est-à-dire a privatif avec la préposition vi. Mais la règle de l’épenthèse de l’i peut aider à les distinguer. Ainsi on. trouve écrite avec un » la préposition avi (sur) , dont nous avons indiqué l’existence ci-dessus dans la note i a . On écrit au contraire avec un y/| et l’i épenthétique, aiwi, quelle que soit l'origine de ce préfixe. Il résulte du rapprochement de ces deux mots, avi et aiwi, que quand » est entre deux voyelles dont la seconde est un i, il n’admet pas l’épenthèse de l’i, tandis que le contraire a lieu lorsqu’on emploie le caractère txT Cette différence viendrait-elle de ce que » est encore trop voyelle pour soutenir l’épenthèse de l’i, tandis que y/" w, à cause de son origine que nous allons indiquer tout à l’heure , est déjà assez consonne pour supporter l’épenthèse? J’inclinerais d’au-
v qui est a. ( Voy. Grimm, Deutsch. Gramm. lom. I, p. 57.) I] ne faudrait cependant pas conclure de ce rapport, que le tend a plus d'affinité avec le* dialectes germanique*
qu'avec aucun autre des idiomes de la même famille. Cette méthode de représenter le v est commune au plus grand nombre des langue* sanscri tiques.
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tant plus à le penser, que le w zend, entre deux voyelles, n’est primitivement et régulièrement que le bh dévanâgari, et que si dans des cas, rares d'ailleurs, il remplace le v sanscrit, cela vient de quelque erreur des copistes.
Nous ne pouvons, comme on le voit, discuter les valeurs et les usages de ces deux signes qui s'emploient l’un pour l’autre, sans les examiner tous les deux à la fois; cette méthode nous est imposée par leur affinité même. Ainsi , quel que soit le signe qui le représente, 1er médial précédé d'une consonne gutturale, dentale, labiale, forte ou douce, a la propriété d’aspirer cette consonne. La semi-voyelle v contient donc en elle-même, ainsi que r, une aspiration qui lui est inhérente, et qui se reporte sur la consonne qui la précède. On peut dire que cette loi est aussi rigoureuse pour le v que pour le r; c’est à elle que sont dus les groupes où figurent des consonnes aspirées tombant sure et u\ que nous avons donnés dans notre Tableau. On trouve cependant des exceptions justifiées par plusieurs manuscrits, et nous avons dû les consigner dans notre liste. 11 en est quelques-unes que l’on peut expliquer, à la rigueur, en supposant que le v reste encore presque voyelle, par exemple dans hva, de ku une des formes du pronom interrogatif. Il en est d’autres que la lecture de manuscrits plus corrects ferait probablement disparaître.
Ce que nous venons de dire sur le double signe destiné à la représentation du v médial avance déjà beaucoup la connaissance du caractère u/- Nous savons ainsi que dans certains cas il remplace le » (n“ 35), au milieu des mots, notamment dans Ihwâm, accusatif du pronom de la seconde personne. Nous savons qu’il aspire la consonne précédente. C’est alors véritablement un v; et si nous croyons pouvoir le représenter parie, c'est qu’en effet cette semi-voyelle est la seule espèce de v que l’on puisse faire entendre après un t. Mais on trouve aussi ce signe, comme nous l'avons dit plus haut, dans des mots où le sanscrit emploie un bh aspiré. Nous
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n’en citerons pas ici d'exemples pour ne pas prolonger inutilement cette discussion ; on peut toutefois regarder comme solidement établi, ce fait que j'ai déjà indiqué dans le Journal asiatique*3. Dans ce cas, le iyf zend est le substitut du bh dévanâgari : il n'en résulte pas que ce signe soit un bh aspiré à la manière indienne; mais c'est au moins un b adouci et passant au u>, assertion sur laquelle l'emploi de ce signe dans le mot thwâm ne peut laisser aucun doute M. On peut ajouter que, si la première des classifications empruntées au Grand Ravaët place le y/" auprès du Ip, les deux dernières rapprochent le premier de ces signes de celui du 6, ce qui semble indiquer, dans la prononciation de ces deux lettres, un rapport que nous paraît expliquer l’origine du En résumé, on voit que le zend possède un v de plus que le sanscrit: il a 1° le v y qui est exactement le v dévanâgari ; a" un w plus doux et plus rapproché de l’a entre deux voyelles, ou précédé d'une consonne et suivi d’une voyelle; et ce u> répond au bh dévanâgari, et sc substitue dans quelques cas au v.
Le n“ 19 o* b est, dans l'opinion de M. Rask, le h dur anglais, danois et allemand. 11 faut cependant faire, sur l’emploi de cette aspirée comparée au h de l’alphabet dévanâgari , la remarque qu’il
** Voyez ce que nous avons dit à ce sujet, Nouv. Joum. asiat. tom. IX, pag. 53, sqq. Comp. garewa zend, et garbha sanscrit.
44 Le changement de bh en w est trèsfacile à expliquer : il a lieu de l'articulation b à w en passant par v. L’aspiration reste sur le second plan , sans être omise cependant tout à fait , puisque le w, comme le v, possède une aspiration qui remonte sur la consonne précédente. On peut douter toutefois que cette aspiration du w soit un reste de celle du bh ( b-h ). C’est plutôt celle qui est inhérente à toutes les semi- voyelles
rendes*, r, vt y» et qui leur vient du mode même de leur formation dans l’organe vocal. S’il en est ainsi , on pourrait dire que dans bh , devenant w en zend , il se passe le contraire do ce qu'on remarque dans le latin humas , pour le sanscrit bhumt; puisque, dans ce dernier cas , c'est l'aspiration seule qui a subsisté en faisant disparaître la labiale. On peut voir dans G ri mm des exemples d’un changement analogue à celui du bh sanscrit en w , d’une prononciation sans doute très-adoucie. ( Detstsch . Gramrn. tom. I, pag. 55-57; *34, i35, 58a.)
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n’y a que bien peu de mots zends (si même il y en a dans quelques fragments des Ieschts qui ne me sont pas encore tous connus), où le h réponde exactement à un h dévanâgari. En effet, l’aspirée h n’a peut-être pas d’existence étymologique en zend, c’est-à-dire qu’elle ne se trouve presque jamais d’clle-mêmc dans un mot ou dans une racine : son rôle le plus ordinaire est d’y être le substitut d’un s dental sanscrit, ou le signe de l’aspiration qui, en zend, accompagne virtuellement la lettre r. Ce fait est d'autant plus remarquable, que le zend possède, comme on a déjà pu le constater, un assez grand nombre de consonnes aspirées. Il a bien aussi l’aspiration qui n’est pas soutenue par une articulation qui la précède; mais cette aspiration n’est le plus souvent que secondaire; c’est le reste d’une sifflante que la comparaison des langues nous autorise à regarder comme antérieure à l’aspiration elle-même. Quoi qu’il en soit de cette assertion, que la suite de nos recherches démontrera, je l'espère, d’une manière évidente, le h zend remplace le s dental sanscrit, employé au commencement des mots et suivi d’une voyelle ou de’ la semi-voyelle y , quelquefois même de la semi-voyelle v. Ainsi on doit regarder le pronom zend hyat comme le représentant de syat, pronom rare dans le sanscrit classique. De même on a hva pour le sanscrit sva (sien), de sorte que l’adjectif pronominal sva prend deux formes en zend, hva par le changement de s en h, et ga par la substitution de q à sv, suivant la remarque faite plus haut sur une des formes du n" 5 d’Anquetil. Au milieu des mots, h zend remplace aussi le s dental; mais il y a une distinction à faire : tantôt h est seul, tantôt il est précédé de la nasale ng (que nous écrivons g), la seconde forme du n" 3 l. Quoique l’état des manuscrits ne m’ait pas permis de faire rentrer tous les faits que j’ai observés sous une règle générale et absolue, j’ose cependant présenter les remarques suivantes comme des principes auxquels il y a peu d’exceptions.
En premier lieu, pour que le changement d'un s dental sanscrit en h zend s’opère au milieu d’un mot, il faut de toute nécessité
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que la sifflante soit précédée d'une voyelle, et quelle soit suivie également d’une voyelle ou d'une semi-voyelle y, w, r, ou de la nasale labiale m. En d'autres termes, il faut que la sifflante dentale commence une syllabe; seulement quand l’articulation dont se compose cette syllabe est double, il faut distinguer si la consonne qui accompagne la sifflante est une semi-voyelle, un m, ou bien toute autre consonne. Car les groupes sanscrits sk, st, sn, sp ne changent pas leur s en h dans la langue zende; le son sifflant persiste, ou, comme nous l’avons déjà remarqué; et comme on le verra mieux par notre Tableau des combinaisons des consonnes , il est remplacé dans les manuscrits par le ç palatal, irrégulièrement quelquefois pour le groupe st, mais régulièrement, selon toute apparence, pour sn. Or, que h. substitut de s dental sanscrit, doive commencer une syllabe, cela est conforme à la règle indiquée tout à l'heure sur s dental au commencement d'un mot.
Une fois connues les conditions du changement de la sifflante dentale en h, il faut rechercher les circonstances où ce h reste seul et celles où il reçoit l'addition d’une nasale g. Or, on trouve que A n’est jamais précédé de g lorsqu'il est suivi des voyelles i et t, tandis qu’il l’est plus fréquemment lorsqu’il est suivi de à et de i. Les semi-voyelles y et v rentrent à peu près dans la règle relative à leur voyelle correspondante. Ainsi, au milieu d’un mot, on rencontre hy aussi fréquemment que ki et hi, et réciproquement hv aussi rarement que hà. L’aspirée A reste encore seule et non précédée d’une nasale, lorsqu’elle est suivie de m dans les désinences pronominales, par exemple dans le zend ahmài pour le sanscrit as mai. En résumé, les textes nous présentent les syllabes suivantes: toujours ki, hi, hy, hm, et jamais ÿhi (nghi), gkt, etc., et concurremment hà et ghû, hé et ghé, hv et ghv. Maintenant, à quelle particularité de l’orthographe sanscrite correspondent ces combinaisons? Peut-on dire absolument que les syllabes qui en sanscrit les représentent, soient si, st, sà, si, sm, sy, de telle sorte que dans tous les cas où nous trouverons ces
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dernières syllabes, nous devions nous attendre à rencontrer en zend hi. ht, et réciproquement ? L’affirmative est hors de doute pour hi, hi, hm, qui sont toujours en sanscrit si, st, sm: elle est moins certaine relativement aux syllabes zendes hy, hâ, hé. L’examen des circonstances dans lesquelles l’aspirée zende reçoit la nasale , ainsi que nous venons de l’annoncer tout à l'heure, nous aidera à préciser quels sont les faits qui, en sanscrit, répondent aux faits de la langue zende que nous exposons en ce moment.
Pour commencer par la voyelle â, il est assez difficile de déterminer les cas dans lesquels l’aspirée h doit être ou non précédée de la nasale g; les groupes hâ et ghâ sont à peu près aussi rares l’un que l’autre. Il n’y a peut-être dans toute la langue que le mot ahù qui offre h non précédé de g; de sorte qu’on serait tenté de supposer que, dans ce mot, l’aspirée h est radicale; mais elle ne l’est pas dans vôhâ, mot où le h n'est pas précédé de g. Dans les cas peu frequents où la syllabe hâ est précédée de g, l’aspirée remplace la sifQante dentale du sanscrit. Cette distinction, si elle était admise, aurait l’avantage de jeter du jour sur l’étymologie de quelques mots zends, terminés par â (et a), en nous montrant h comme primitif dans les uns, et comme secondaire et alors accompagné de g dans les autres. Les cas où l’aspiration suivie de é doit rester seule, ou être précédée d’une nasale, doivent être distingués de la manière suivante. L'é zend est, ou l’é sanscrit lui-même , ouïe résultat d’une combinaison de sons vocaux dans lesquels entre nécessairement la semi-voyelle y. Dans le premier cas, c’est-à-dire lorsque le mot qui a en zend é, a aussi cette voyelle en sanscrit , l’aspiration qui représente le s dental sanscrit prend le plus souvent la nasale, par exemple dans les datifs singuliers des noms en as. Dans le second cas, c’est-à-dire lorsque IV zend est le débris d’une syllabe dont y fait partie, l’aspirée zende h tantôt subsiste seule , tantôt prend la nasale si la syllabe sanscrite correspondante est ya. Ainsi le sanscrit asya devient en zend ahé ou aghé, et même ainghé. Nous remarquerons à cette occasion que l’as-
exil ALPHABET ZEND.
pirée prend la nasale, lorsque la voyelle qui accompagne y est ds. Ainsi, asyds fait en zend aijhdo ou ainghâo (d'elle). Dans le cas de ainghé comme dans celui de ainghâo, i’i qui précède le ng n'est pas dû à l’épcnthèsc qui serait produite par l’action de IV, épentlièse que nous savons être repoussée par la lettre h. Il me semble plutôt résulter du déplacement de l'élément y qui, abandonnant la syllabe. rya et syds, ou disparaît complètement, ou va se placer devant la nasale. Il résulte de ces observations, comparées à celles que nous avons faites sur l’existence en zend de hy, que le sy sanscrit paraît sous trois formes aspirées en zend , savoir ky, hé, ghê. Quand des lois euphoniques, qui seront exposées plus tard, exigent la conservation en zend de la semi-voyelle y , le s dévanâgari devient h sans nasale, et c'est ainsi que nous avons en zend ahyd, pour asya (de lui). Si une autre loi euphonique, dont on trouvera de très-fréquentes applications, force la syllabe sanscrite ya, lorsqu’elle est finale, à devenir é zend, le s dévanâgari se change encore en h sans nasale, comme dans ahé, ou avec la nasale, comme dans aghé ou ainghé, pour asya. Enfin, quand le y sanscrit est suivi de ds, la sifflante se change encore en h , mais elle reçoit l’addition de la nasale précédée quelquefois d’un i , qui se retrouve comme le représentant de y omis à la lin du mot, dans ainghâo , pour asyds.
Dans tous les autres cas , c’est-à-dire lorsqu’un s dental sanscrit est immédiatement suivi d'une voyelle autre que celles que nous avons indiquées plus haut spécialement, en d’autres termes, lorsque s est suivi de a, d (qui, en zend, devient souvent à), u, 6. do, érc (ri), le h zend reçoit l’addition de la nasale. Cette observation est appuyée par trop d'exemples pour que nous nous y arrêtions davantage. Il en résulte que les combinaisons zendes gha, ghé, ghd, ghu, ghô, ghdo, répondent aux syllabes sanscrites sa , su, su, sd (sas), sas *5.
" Nous empruntons au lxi&* chapitre du Ya^-na deux mots qui peuvent servir d’exemple pour les changements les plus importants de la sifflante dentale sanscrite , que
nous avons essayé d’exposer dans notre texte. On lit au commencement de ce chapitre : «d hâtâmtcha, aÿhuchâmtcha , zâta- « nâmtcka, azûtanâmtcha , achâunûm idha