CX VIII
ALPHABET ZEND
quand un radical commençant par un h vient à t’unir à une particule ou à une préposition terminée par la voyelle a, l'aspiration h initiale, se trouvant médiale, reçoit l’addition du g. De là vient qu’on trouve hërëzayën (qu’ils lâchent), du radical hërëz, sanscrit srtdj, et avec les particules upa et fra, upaghërézaiti , fraghërézaiti (il lâche). Lorsque c’est un d long qui précède la sifflante, la voyelle devient en zend do devant ijh. Ainsi pour ne citer qu’un petit nombre d'exemples de ce fait, qui se reproduit très-fréquemment, on trouve pâoghë pour pâté (tu protèges), doghana pour âsana (siège), âoghdt (qu’il fût)41, qui répondrait à la forme védique dsdl, ou à l’imparfait du conjonctif; de même dogha pour dsa (il était), qui est l’imparfait régulier du verbe or, au lieu du sanscrit actuel âsit, et qui correspond à üt (ou dp), seconde forme de cet imparfait, qui n’est autre que le vé-
", Ce temps sert à former un conjonctif ou un optatif périphrastique, semblable au parlait périphrastique du sanscrit , que M. Bopp a si ingénieusement expliqué , et dont il a constaté en tend l'existence dans les additions à sa grammaire sanscrite, pag. 33 1. Je ne différerais de l’opinion de M. Bopp qu'en un point peu important; c’est qu'au lieu de comparer le tend a ghen à l'imparfait sanscrit <Uia (erant), qui en tend devrait être tioghên, j’en ferais l'imparfait ancien <uon , sans augment , comme on le voit fréquemment dans le style des Védas. Quant à Aagkil, il se joint, dans deus passages sur lesquels nous reviendrons plus tard , à l'accusatif d'un participe présent féminin en ntt. Ce» temps périphrastiques sont si communs en send , qu'on y voit figurer plusieurs substantifs de diverses formes, sur lesquelles nous nous engageons à donner en leur lieu tous les éclaircissements nécessaires. Pour le moment.
il nous suffira d’indiquer les noms féminins en yu et ara , exprimant d’une manière snbslantive l'action , l'état ou la qualité indiquée par le radical verbal ; et d'autres noms dont quelquefois il n'est pas aisé de trouver le genre, à cause d'une confusion de désinences , résultat de diverses régies euphoniques, mais dans lesquels je recon nais le plus souvent l'accusatif du suffixe tya, qui , en tend , parait former des participes du futur passif, et qui se rattache ainsi au suffixe des gérondifs sanscrits en va, lorsque avec certains radicaux ce suffixe est précédé de t. Ainsi ukritya , par exemple . est probablement la forme absolue d'un mot dérivé de krï au moyen d’un suffixe tya, suffixe dont nous trouvons l'accusatif singulier masculin dans le tend Mittm (devant être donné). D'autres fois, la désinence Iim de ces temps périphrastiques peut n'étre que l'accusatif féminin d'un mot formé avec le suffixe ri.